C’est pourquoi, les différents appels à la reconnaissance officielle et intégrale de cette journée, lancés par des hommes de culture, des segments de la société civile et des organisations politiques, trouvent légitiment leur place dans cette volonté de promouvoir le sens et la dimension de citoyenneté algérienne, en les alimentant par les repères historiques les plus solides et les plus ancrés dans la mémoire collective.
Ce premier jour de l’an berbère est l’un des puissants dénominateurs communs dans la symbolique culturelle et historique de notre pays, et même à l’échelle nord-africaine. En effet, ce sont tous les coins d’Algérie, aussi bien dans les chaumières rurales et les villages de montagne, que dans les médinas historiques, qui fêtent Yennayer dans un faste qu’aucune instance officielle n’a dicté aux communautés, contrairement à certains jours chômés et payés mais passés dans une morosité et un silence révélateurs. Yennayer est ainsi la fête populaire dans son essence même ; car, malgré les vicissitudes de l’histoire de notre pays, dans un bassin méditerranéen livré à toutes les convoitises et à tous les tourments guerriers et de conquêtes, les populations algériennes, berbérophones et arabophones, ont gardé, préservé et prolongé dans la profondeur de leur inconscient collectif une fête qui nous renvoie au neuvième siècle avant Jésus-Christ, lorsque un Algérien de l’époque, Chachnaq, alla prendre la couronne de l’Egypte pharaonique. De ce fait, Yennayer, a eu le destin de devenir l’un des éléments du patrimoine immatériel le plus fédérateur de la mémoire berbère nord-africaine. Si le calendrier des fêtes légales ne le prend pas encore en charge, ce n’est pas en tout cas faute d’être assumé et revendiqué, aussi bien par les populations que par une grande partie du monde associatif. Des partis politiques qui défendent l’identité algérienne dans son intégralité l’ont également intégré dans leurs programmes.
Coïncidant avec les jours les plus froids de l’année, le nouvel an berbère réclamait naguère des plats et faisait dire des poésies en rapport avec la saison et avec la vie sociale et économique. Le dîner de Yennayer, où la basse-cour de chaque foyer se trouve « soulagée » de quelques volatiles, convoquait frères, neveux, sœurs, grands-parents, enfin presque toute la « lignée » vivante de la famille. Aux morts, il est dédié des paroles de bénédiction et des…parts de nourriture bien identifiées dans l’écuelle collective. Les contes récités par les vieilles femmes à propos de la mythologie de Yennayer ameutent tous les enfants de la maison. La sévérité des hivers d’antan – épaisse couche de neige, grêle, vent, tonnerre – ajoutait sa note de mystère et de charme à ces soirées de fête et d’éphémère opulence.
De génération en génération, les cérémonies de célébration de Yenneyer perdaient de leur faste et de leur solennité, jusqu’à faire sentir le danger de l’oubli. Cependant, les luttes pour la consécration de l’identité amazighe au cours des années quatre-vingt du siècle dernier ont fait remonter à la surface l’ensemble des rites et des rendez-vous festifs que la société avait l’habitude de célébrer. Yennayer était propulsé à une nouvelle vie par la dynamique sociale et culturelle qui gagnera la Kabylie. Des villages et des associations organisent des fêtes collectives, des galas et des soirées pour convoquer une nouvelle fois la mémoire historique.
En fait, Yennayer est célébrée traditionnellement dans toute l’Algérie sans que l’événement ait bénéficié d’un traitement médiatique. Bien au contraire, pendant le règne du parti unique, tout a été fait pour escamoter cette vérité historique. Lorsqu’il arriva aux médias d’en parler, c’était pour en caractériser la Kabylie dans un « folklorisme » de mauvais aloi, sentant l’exotisme de pacotille.
Si les bruits assourdissants et les couleurs tarabiscotées, par lesquelles les autorités prennent en charge les différentes manifestations culturelles budgétivores du pays, imposent leur présence dans les médias lourds, à commencer par la télévision, Yennayer présente une différence de taille. Loin du cachet solennel et de l’officialité ringarde, le nouvel an berbère est principalement pris en charge par la société, aussi bien dans son aspect domestique, historique et intimiste, que dans son aspect festif et « intellectuel », puisque des journées d’études lui ont été déjà consacrées. Des montagnes de Kabylie aux pics acérés des Aurès, des Ouled Naïl à Beni Senous (Tlemcen), les populations se plient, dans un élan primesautier, naturel et authentique, à la tradition en organisant cérémonies ludiques et agapes pour accueillir le jour qui appose la marque la mieux sigillée dans la mémoire ancestrale des peuples de l’Afrique du Nord.
A Benis Senous, le Carnaval d’Irad, organisé chaque année par les fractions de la tribu, et auquel j’ai eu le privilège d’assister directement au début des années 1980, fait rencontrer dans la communion, parents, alliés et autres convives. Cette portion du Haut Tafna, dominant le superbe lac du barrage de Beni Bahdel, se transforme, à l’occasion de Yennayer, en une arène où le ludique se mêle à l’histoire pour mieux fertiliser la mémoire collective sans que cela fût décidé par un quelconque décret.
Depuis plusieurs années, des partis, des associations et des hommes de culture ont tenu à revendiquer un statut officiel pour cette journée, de façon à la déclarer chômée et payée. Ce serait la réparation d’un déni historique castrateur de l’histoire et de la mémoire algériennes.
En assumant leurs calendriers respectifs – dans les institutions politiques et dans la vie quotidienne – Iraniens, Chinois, Pakistanais et d’autres peuples encore, nous donnent un bel exemple de l’effort de préservation de l’identité que ne saurait effacer aucune forme d’universalité. On ne pourra logiquement s’insérer dans cette dernière qu’en lui apportant une part de nous-mêmes, de nos richesses et nos valeurs.
Amar Naït Messaoud
Assegas Amegaz,
La préparation de Yennayer à Tlemcen :
Carnaval «Ayrad »
A l'instar des pays de l'Afrique du Nord, l'Algérie célèbrera demain le premier jour de l'an berbère, le 1er Yennayer 2967. Une occasion pour se rappeler l'identité authentique des peuples de ces pays, qui remonte à plusieurs millénaires.
Dans la commune de Béni Snous, wilaya de Tlemcen, les habitants se préparent à organiser, demain, la fête traditionnelle dite d'Ayrad (le Lion en Tamazight) qui coïncide aussi avec la fête d'Yennayer, la nouvelle année du calendrier berbère.
Toutes les familles préparent déjà les beignets, les crêpes, le berkoukès, et autres mets et gâteaux les plus prisés pour cette fête du patrimoine national.
En effet, le spectacle de la fête d'Ayrad se fait durant la nuit, selon les traditions, depuis des générations et ce, durant trois journées consécutives.
Les participants à ce carnaval passent ensemble d'une maison à une autre et les comédiens ne dépassent pas le nombre de neuf personnes déguisés de masques de moutons et dirigés par un guide qui muni d'un drapeau à la main, entouré des autres comédiens, frappe de portes en portes chaque maison. Lorsque la porte s'ouvre et laissée ensuite entrouverte, c'est la lionne ( l'biyya ) qui entre, accompagnée des spectateurs, aidés du son du tambourin, du bendir et de la ghaita et des expressions telles que « Nous sommes venus, nous sommes venus, ouvrez vos portes ! ».
Après avoir effectué quelques tours dans la maison la lionne tombe à terre et fait le mort, à chaque scène. Puis le grand Ayrad, entre avec fureur et observe la lionne, en train de mourir¦ Quelques minutes après le jeu et le réveil de la lionne, le maître de maison remet au guide de l'argent pour la «ziyara » mais aussi des fruits secs mélangés, du pain, des grenades, des gâteaux, des figues sèches, etc. De son côté, le M'kaddem, fait la lecture de la Fatiha à haute voix tout en souhaitant à toute la société, une nouvelle année abondante de richesse, et en priant Dieu Le Tout Puissant de nous accorder sa miséricorde, la prospérité, de la clémence. Il se dirige alors vers une autre maison et ainsi de suite jusqu'à l'aube. Tous les dons reà§us, par la suite, sont remis aux nécessiteux du village.
Dans l'esprit de la solidarité communautaire
La vie culturelle dans cette commune d'origine Berbère est marquée par cet événement. Beaucoup d'hypothèses sont avancées et la plus connue pour le moment, est celle liée à «l'avènement de l'an 950 avant J.C, associé à un fait historique qui s'est déroulé il y a 2967 ans, dans la localité de Khémis, Tlemcen.
C'est là que « le roi Amazigh Chachnak infligea une cuisante défaite aux armées du pharaon Ramsès III, attiré par la conquête de nouveaux territoires réputés pour leurs richesses, essentiellement agricoles ».
Par ailleurs, et selon ce qui a été colporté il y a de cela quelques années, deux Ayrad étaient organisées : celui de Ouled Farès et d'Ouled Méziane à Khémis, chef lieu de la commune.
L'origine de ce carnaval réside dans son authenticité.ˆIl est tiré du fin fond de nos us et coutumes, des croyances les plus lointaines. Cette manifestation spontanée est aussi l'apogée d'une identité millénaire à laquelle les populations s'attachent et s'identifient.ˆIl le célèbre avec faste pour marquer le nouvel an Amazigh et s'inscrit dans l'esprit de la solidarité communautaire et de l'attachement «au sacré ». Il est notre patrimoine à tous.
Rappelons que le 12 janvier 2001 et sur invitation du Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA), et à travers une caravane culturelle d'une association, le carnaval d'Ayrad a été présenté pour la première fois sur scène, au théâtre national algérien, à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et au théâtre régional de Béjaia.
Aussi, pour la mise en valeur de ce patrimoine, un film a été produit par le réalisateur Noureddine El Hachemi en 1992, ainsi que d'autres documentaires et études anthropologiques.ˆLe sociologue français, Edmond Destaing, a écrit plusieurs essais dont le dictionnaire français berbère, Le dialecte des Béni Snous, Les fêtes et coutumes saisonnières, l'Ennayer chez les Béni Snous ainsi que quelques particularités sur le dialecte berbère de Béni Snous etc.
Béni Snous, Ath snus, en langue Berbère, se situe à une quarantaine de km du chef lieu de wilaya de Tlemcen.
to be continued,
De la négation à la folklorisation ,en passant par l'omission puis la concession ,cette célébration n'en finit pas de préoccuper un pouvoir dont l'obsession est d'avachir sa population par une idéologie stérile et sclérosante pour des fins inavouables. En fêtant Yenayer selon les rites antérieurs aux colonisations successives, les irréductibles imaziYen montreront à qui veut les voir qu' ils sont très attachés à leur culture dont les valeurs sont partagées par le monde progressiste . Il gardera par ailleurs une saveur particulière tant qu'il restera non reconnu officiellement . Asgwas ammeggaz 2967 i tarwa en tasa !
Dans le journal tv algérien un soir de janvier 2005 ou 2006 un reportage est diffusé sur le 12 janvier et il à été dit que ce jour est le nouvel an amazigh
et par miracle le lendemain ennayer est devenu haram alors qu'aucun imam depuis 15 siècles n'avait une tel fetwa et il n' y a pas de hadith l'interdisant sur ce sujet,
c'était juste la haine qui a fait parler de faux religieux dont la seul esprit qui les animent est celui de la haine,
ennayer n'est pas une fête dictée par les réseaux sociaux commandés par la france tout de même,
et il se trouve qu'il est célébré partout en algérie, et pas seulement dans les 4 wilayas,
comment se fait il que ces haineux tolèrent chaque semaine,
donc 52 fois par an,
le week end un samedi qui correspond au shabbat
et pas un jour ennayer une fois par an,
Assegwas ammeggaz 2967 a tous les imazighene berberophones et arabophones
/-IL N'Y AURAS JAMAIS,JAMAIS DE LANGUE TAMAZIGH EN ALGÉRIE,
-NI DU CHIFFON JAUNE BARIOLÉ D'UN SIGNE JUIF,
-COMME EMBLÈME,
– MÊME SI VOUS VOUS ALLIEZ AVEC LE DIABLE,
-ESSAYEZ DE TOUCHER À UN IOTA DU TERRITOIRE,
-DES PLUS DE 8 MILLIONS DE MARTYRS,
-ET VOUS VERREZ, COMBIEN SERA TERRIBLE,
-VOTRE FIN ET VOTRE ANÉANTISSEMENT,
-JOUEZ JOUEZ AVEC LE FEU !
merci bien pour le site