Loin d’être une prophétie d’un visionnaire, ce lapsus révélateur de cet ex-président américain aurait pourtant jeté beaucoup de son ombre sur ce qui se passe actuellement dans le monde. La guerre des religions n’est plus, à vrai dire, une vieille relique du passé mais l’une des grandes obsessions humaines qui remuent encore les temps modernes. En outre, cela participe plus de ce « matérialisme historique » cher à Karl Marx (1818-1883) que d’autre chose.
Pour rappel, à l’époque déjà, nombre d’observateurs ont déduit que la « gaffe » de Bush lors de ce mémorable discours n’a jamais été l’effet du hasard. D’autant que, sans doute bien étudiée par ses proches conseillers, celle-ci n’aurait été commise que pour servir de prélude à cette véritable entreprise guerrière menée, tambour battant, par l’oncle Sam dans tout le Moyen-Orient! L’intervention des forces de la coalition en Afghanistan pour chasser les Talibans, puis, l’invasion américano-britannique de l’Irak de Saddam en 2003 en témoignent à plus d’un égard. En ce sens que venger les 3000 victimes de ces attentats-là est vu par le locataire du bureau ovale comme une sorte de « mission à caractère religieux » qui revêt toute son importance dans le parachèvement de la carte du « Nouvel Ordre Mondial » esquissée dans les bureaux du C.I.A depuis le début des années 1990 suite au collapsus soviétique. Et puis, « le choc des civilisations », un des concepts-phares de l’intelligentsia ultraconservatrice américaine n’a-t-il pas été théorisé, quatre plus tôt, par un certain Samuel Huntington dans l’objectif de donner justement l’essor à l’esprit de cet «impérialisme agressif, expansionniste et prédateur… aux arrière-pensées évangéliques » pour reprendre les mots de Bernard Lewis ? Un impérialisme qui agit sous divers prétextes, à savoir la guerre globale contre le terrorisme ; le déboulonnement des quelques dictateurs récalcitrants qui rejettent l’hégémonie occidentale ; les pressions constantes sur une poignée d’autocraties (les États du Golfe en particulier) sur lesquels pèsent de lourds soupçons de connivence avec l’islamisme et, bien sûr, la volonté d’affaiblir le Monde Arabo-musulman, en prétendant œuvrer, sans cesse, pour sa démocratisation. Tout cela avec, comme toile de fond, la quête effrénée des enjeux géostratégiques (ressources énergétiques, zones d’influences, pouvoirs suppôts et serviles, etc ).
Bref, les faucons de la Maison Blanche savaient pertinemment que les « Twin Towers » et le Pentagone, c’est bien plus davantage qu’un symbole et pour leurs compatriotes et pour le monde entier, le cœur même de la puissance des U.S.A. Or, celle-ci est mise au défi par cet « axe du mal » qui menace leur sécurité intérieure et les valeurs occidentales en général. Ainsi ont-ils saisi cette occasion en or pour mobiliser l’opinion publique frileuse à leurs velléités bellicistes, en titillant son patriotisme et en jouant sur «le péril vert de l’islamisme». Et pour calmer la colère générale qui s’est emparée de la rue, ils se sont mis à la recherche de boucs émissaires qu’ils ont facilement trouvés dans la liste noire des « Rogue States » (régimes voyous) et le réseau d’Al-Qaïda de Ben Laden. Ces « ennemis circonstanciels » dont ils étaient, pourtant, les soutiens actifs durant des décennies.
En tous cas, ce terme de « croisades » semble être tombé au bon moment et taillé sur mesure par les Américains afin de cristalliser un nouveau cri de ralliement pour des segments entiers de la société civile, la population, les médias ainsi que des leaders d’opinion tant affolés par l’ampleur de ces attentats-kamikaze. Cela paraît d’autant plus motivant pour eux que des hommes politiques de l’autre camp y avaient auparavant recours, chacun bien sûr pour des raisons et dans un contexte particuliers, tels que Saddam lors du conflit irako-iranien (1980-1988) et pendant la deuxième guerre du golfe (1990-1991) où il aurait fait face à une coalition internationale qui comptait plus d’une trentaine de nations, El-Gueddafi dans son opposition frontale aux Occidentaux ou Ben Laden dans ses prêches incendiaires contre le « grand Satan », etc. Si, en effet, Bush Junior s’est rattrapé lors de l’une de ses allocutions dans une mosquée américaine, rappelant vivement que l’Islam est une religion de paix et de tolérance, il n’en reste pas moins que l’étincelle était déjà partie et… la plaie ravivée. En réalité, les relations entre l’Orient et l’Occident sont loin d’être un long fleuve tranquille. Marquées par des phases critiques de chocs culturels, de concurrence civilisationnelle et de frictions, elles ont souvent donné lieu à des conquêtes et des guerres.
Ce fut par exemple le 27 novembre 1095 au concile de Clermont en Auvergne (France) que le pape Urbain II (1042-1099) eut lancé son appel historique à la chrétienneté au motif qu’en terre sainte, de nombreux chrétiens auraient subi des mauvais traitements et étaient réduits en esclavage par les Turcs au moment même où ces derniers détruisaient les églises, les temples et les lieux de culte chrétiens. C’est alors que s’enclencha la mobilisation générale pour organiser les fameuses croisades. Rassemblés autour du souverain pontife, évêques et abbés auraient incité les chevaliers, les piétons, les riches comme les pauvres à prendre le chemin de l’Orient pour repousser, sinon chasser ce peuple impie (les Turcs) de Jérusalem. Si la colère de la papauté fut, en apparence, motivée par son inquiétude quant au statut défavorable des Dhimmis (les citoyens non-musulmans), la réalité est que ce fut l’expansion de la religion musulmane qui préoccupait outre mesure. Convertis récemment à l’Islam, les Turcs Seldjoukides furent les vainqueurs de la plupart des batailles avec les armées byzantines et avaient même fini par battre les Fatimides (alliés des Abbassides).
Or, expulsés de Jérusalem où ils étaient installés un siècle plus tôt, ces Abbassides-là, plutôt tolérants auraient facilité les pèlerinages des Chrétiens au IX siècle, permettant même à Charlemagne (742-814) de conserver la tutelle morale sur les lieux saints. Ce bref rappel historique nous renseigne sur la façon avec laquelle « le religieux » est toujours convoqué par les Occidentaux pour donner une justification à leurs guerres. On voit sans peine que c’est la même réaction de ces puissances occidentales lors de l’affaire des « Chrétiens d’Orient », victimes de la répression, la persécution, les tueries et les exactions des islamistes de Daesh! Sachant bien que ces derniers (ces Chrétiens d’Orient qui ont toujours souffert en silence de discrimination) n’ont jamais suscité le moindre murmure de protestation auparavant. Il semble qu’aucun dogme, aucune doctrine, foi ou convention, si sacrés soient-ils n’égalent le pouvoir de l’argent, des intérêts stratégiques, des privilèges, etc., aux yeux de l’Occident. Et enfin pour ne pas laisser croire que l’avenir de ces minorités-là serait de revenir à on ne sait quel passé de paix ou de prospérité sous l’ère des nationalismes arabes, lesquels ont réservé un minimum de respect à ces minorités-là au nom de la laïcité et du baâssisme, elles inventent mille et une stratégies pour convaincre l’opinion publique que leur situation était toujours pareille, terrible! Et le tour est vite joué.
Kamal Guerroua
D’habitude je vous lis avec beaucoup de béatitude, faute de discernement.
Tellement ça m’en bouche, des coins de mon hilarité, ya Monsieur Guerroua.
Et ça m’eût presque tuEr, si une phrase dans tout ces bkhour n’eût réveillé, ô misère de la subliminarité, un vieux réflexe conditionné, par les travers de ma gauchite juvénile, que je traine encore comme un acné chronique et récidivant au gré de ma sénescence.
J’allais demander à Kichi de me passer son flingue, avant de douter de ma presse-bite-tité, ya boureb : « En outre, cela participe plus de ce "matérialisme historique" cher à Karl Marx (1818-1883) que d'autre chose. »
Normalement après ça d’autres eussent rajouté : sadaqa sidna Marx el 3dhim.
Mais nous n’en sommes pas à un blasphème prêt.
Ah ya Sidna Marx si tu savais ,ton matérialisme historique ce qu’on en a fait !
Qui aurait cru qu’il servirait un jour dans une vente concomitante où on fourguerait bien enveloppé dans l’érudition …
de la poudre de Perlimpinpin.
« Ce fut par exemple le 27 novembre 1095 au concile de Clermont en Auvergne (France) que le pape Urbain II (1042-1099) …. » .
Le 27 Novembre ? Allez comprendre si vous ne savez pas l’heure exacte.
Ou si vous n’entravez que pouic à la numérologie divin… di-vin quoi ? Divinatoire !
Et si cela ne vous suffit pas, tenez: prenez çà dans le qamum : « Convertis récemment à l'Islam, les Turcs Seldjoukides… »
Seldjou quoi ? Quid … d’Erdogan… qui je vous le rappelle au passage est Turc.
On aurait pu inverser le titre et vous ne vous en apercevrez même pas :
« Quand les guerres impérialistes servent de prétexte au religieux ».
Mais qui a dit : l’impérialisme stade suprême du capitalisme ?
Oui, c’est Chikh James Dean à Ennahar tivi.
Et c'est a cause de ce meme religieux que l'Afrique du Nord Amaigh fut attaquee, et colonise par les hordes arabo-musulmanes a la fin du 6 ieme siecle; on ne s'est pas reveille depuis. La derbouka, les 72 vierges, les histoires et contes du Moyen Orient n'ont pas finis de nous endormir. A suivre!
« En outre, cela participe plus de ce "matérialisme historique" cher à Karl Marx (1818-1883) que d'autre chose. »
No comment !… J'y pige que pouic ! Qiski safidir "participe de" dans ce contexte ?
Juste une remarque mon pauvre ami: avant de chercher à "affaiblir le Monde Arabo-musulman", l'Occident, en bon prédateur et loin d'être idiot, a d'abord pris la précaution de vous le créer de toute pièce ce monde arabo-musulman, histoire de faire de vous de faux peuples habitant un faux monde: un monde inventé pour vous par d'autres que vous et ça marche. je ne sais pas pour vous, mais moi je suis africain et rien d'autre qu'africain, je n'ai rien à voir avec l'Arabie si ce n'est que l'arabie est elle aussi venue conquérir la terre de mes ancêtre pour lui imposer sa langue sa culture, son identités à travers sa religion justement !!! c'est une guerre aussi impérialiste que celle de Bushou de n'importe quel gros bonnetdes grandes entreprises mondiales que l'on nomme les Etats! pour ce qui vous concerne vous, parler du monde arabo-musulman en parlant de l'Afrique du nord, c'est comme parler de la Chine quand on parle du Tibet, ou encore parler de la Turquie, de la Syrie, de l'Iraq ou de l'Iran quand on parle du kurdisan.