Chadli Bendjedid, l'enfant du système

Le défunt président Chadli
Le défunt président Chadli

Chadli est mort, emportant avec lui un tas de secrets de la république l’impliquant directement dans la situation chaotique d’aujourd’hui.

Il est parti en enfant du système, sans rendre des comptes au peuple auquel il en est, pourtant redevable en beaucoup de situations. Le système, fidèle aux siens, lui rend hommage en lui organisant des funérailles officielles sans que le petit peuple ne soit invité. Le roi est mort, vive le roi.

Chadli, dès qu’il n’est plus de cette vie, est présenté par certaines voix hypocrites, bien sûr après l’aval du système, comme le meilleur président qu’a connu l’Algérie indépendante, l’initiateur des réformes et le père de la démocratie algérienne. Une image surréaliste que le pouvoir veut étrangement vendre à la mort de celui qui avait largement contribué au sauvetage d’un système honni. Au demeurant, Chadli a choisi du 5 octobre 1988 au 11 janvier 1992, le système et non pas l’Algérie. Il a magouillé avec les services et il a marchandé avec les islamistes pour assassiner à jamais l’espoir démocratique né suite au soulèvement populaire d’octobre 1988. Sa fin de mission, consistant à rendre le pouvoir à ceux qui l’ont imposé au peuple en 1979, a été déguisée en démission publiquement humiliante.

En cette période trouble, le système dans toutes ses composantes, pour venir au bout de la grogne populaire de plus en plus menaçante, manœuvre, manigance et manipule. Chadli remplissait son rôle en minant diaboliquement le champ politique. Il permettait la création d’une multitude d’associations à caractère politiques notamment intégristes pour justement nuire à la véritable action politique qui devait être menée par un parti et non pas par une association. Le diminutif n’est pas fortuit, constituant même le piège qui avait fait exploser la scène politique. La confusion était totale et l’anarchie s’installait même dans les esprits. L’espoir d’une véritable démocratie est bel et bien avorté et Chadli en savait beaucoup.

Le colonel Chadli Bendjedid, comme avant lui, Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene et présentement Abdelaziz Bouteflika, n’est pas le choix du peuple. Il a été imposé aux Algériens avec une feuille de route par une nomenklatura obscure. Celle-ci ne conçoit aucunement l’exercice du pouvoir en dehors de ses protégés. Chadli n’est le meilleur président de l’Algérie indépendante comme le prétendent des voix malintentionnées après son décès, que pour la gente de la nomenklatura. Pour le reste des Algériens, il incarne un système maffieux qui s’était autoproclamé les premiers jours de l’indépendance tuteur du pays. Lors de ses 13 ans de règne, les Algériens, dans leur majorité disaient plus de mal que du bien. Et il fut le président le plus caricaturé par un nombre impressionnant de blagues. En outre, le fameux article 120 de la constitution, le code de la famille mysogine de 1984, la répression du printemps berbère, la fiction du Cap Sigli, le complot contre le chanteur Lounis Aït Menguellet, l’arrestation et l’emprisonnement des militants des droits de l’homme en 1985, l’assassinat en France d'Ali Mecili, les émeutes de 1986, l’assassinat de 500 Algériens lors des évènements d’octobre 1988 avec l’implication de ses proches notamment le wali de Tipaza de l’époque dans des actes de torture…plaident en sa défaveur.

Illégitime, comme avant lui, Ben Bella et Boumediene et présentement Bouteflika, Chadli n’avait en aucun moment, constitué le père affectueux du peuple ou le père de la démocratie. Les évènements, particulièrement octobre 1988, l’ont forcé à concéder des réformettes maquillées dans un pluralisme de façade qu’il pilotait durant 4 ans pour aboutir à la situation de non gouvernance d’aujourd’hui. Comme d’ailleurs l’actuel président, qui était lui aussi forcé par les émeutes de janvier 2011, et les événements régionaux particulièrement en Tunisie, Egypte et Libye, à accorder des réformettes qui ont abouti au retour en force de l’appendice du système, en l’occurrence le FLN.

Inutile alors de maquiller la réalité d’appartenance à un système honni de Chadli, comme avant lui, Ben Bella et Boumediene et présentement Bouteflika. Ce sont tous des enfants d’un système qui ne conçoit l’alternance au pouvoir que selon la logique de bien se maintenir, se perpétuer et s’éterniser. Ce système qui excelle dans diversion, évince l’un pour déjouer une colère, sacrifie l’autre pour apaiser une grogne .Mais lui, il reste toujours car en dehors de lui, nul Algérien, enfant du peuple ne peut accéder à la magistrature suprême. Feu Boudiaf en savait quelque chose, enfant du peuple qu’il était, il paya de sa vie.

Zoubir Zerarga

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Commentaires (9) | Réagir ?

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olive kabyle

les autres algerien n'ont aucun droit d'ecrire ce journal. parceque ce jour a les meme mots c'est a dire les intrnautes sont les meme qui repetent les mots suivant toujours. clan d'oujda a pris le pouvoir benbella boumedine chadli bouteflika dicatteur boudiaf bien parceque il av voulu mettre said saadi au pouvoir. nous les kabyles victime toujours les kabyle victmes

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Nina Mamou

Le texte est précis et circoncis

Je te félicite Mr Zerarga

narimane zer... sahit akhaliss

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