Le PPA, seul parti historique encore interdit en Algérie

Messali Hadj, membre fondateur du PPA.
Messali Hadj, membre fondateur du PPA.

Messali Hadj est le fondateur, le leader, l'animateur du mouvement national contemporain qui créa et dirigea divers partis et organisations : (ENA, glorieuse Etoile, PPA-MTLD, OS, MNA), et qui réclama haut et fort l'indépendance totale de I'Algérie tout au long de son grand combat.

Dès que I'indépendance est acquise en 1962, Messali Hadj dissous le MNA et créa le PPA pour continuer la lutte politique pour parfaire I'indépendance et appliquer le programme politique du PPA qui doit unir et réconcilier le peuple algérien dans une véritable démocratie où la parole lui sera donné, restaurer le pluralisme politique, et syndicale et une constituante souveraine élue par le peuple au suffrage universel.

En juin 1963, le PPA à tenue une conférence des cadres sous la présidence de Messali Hadj conforme a son programme politique, et aux décisions du congrès d'Hornu 15,16,17 juillet 1954 (Belgique) et de la révolution et au cours de laquelle une résolution de 16 points a été adopté qui réclama I'instauration des libertés démocratiques et d'expression et à mis en garde nos gouvernements contre le système du parti unique qui est la clé du malheur ouvert au peuple, et a réclamé un gouvernement d'union nationale composé de tous les représentants qualifiés et de bonne volonté pour la préparation des élections libres et une constituante souveraines. En même temps, le PPA a déposé un dossier d’agrément auprès de l'Exécutif provisoire algérien au Rocher Noir (Boumerdès), pour pouvoir participer légalement pour l'édification de l'Etat algérien sur le plan politique, économique social et culturel. L'agrément du PPA a été refusé et le FLN a opté pour le système du parti unique ; ce qui a engendré des tragédies, les luttes fratricides pour le pouvoir.

Après le coup d'état du 19 juin 1965 mené par le colonel Boumediene, Messali Hadj lui a envoyé un message dans lequel il lui conseille ceci : "Si vous avez fait le coup d'Etat pour le bien du peuple algérien, instaurer une véritable démocratie et donner la parole au peuple algérien pour choisir librement ses représentants qualifiés, là votre nom sera inscrit en lettres d'or dans les annales de l’histoire. Autrement si vous avez fait le coup d'Etat pour se débarrasser d'un dictateur, Ben Bella et son équipe pour le remplacer, l'Algérie ne sortira pas des coups d'Etat et des luttes pour le pouvoir sans fin".

Et après, le PPA a chargé un grand responsable courageux, intelligent, dynamique et dévoué à la cause nationale en la personne d'Amirat Mokrane pour appliquer le programme du PPA qui est le pluralisme politique et syndical et une constituante souveraine/ Amirat a été arrêté avec plusieurs responsables du PPA à travers l'Algérie. Leur seul crime c'est de réclamé la liberté d'expression et la véritable démocratie.

Ben Bella rencontre le MNA en prison

En 1957, Messali Hadj a lancé à maintes reprises des appels pour la cessation des luttes fratricides entre le FLN et le MNA et la réconciliation et l'unité nationale pour la bonne marche de la révolution. Divers contacts ont été pris entre les responsables du FLN et du MNA au Caire, en Algérie, à Rome, entre les maquis d'obéissance FLN et du MNA. Et une rencontre a la prison de la Santé à Paris entre Mohamed Maroc du MNA et Ahmed Ben Bella du FLN, un projet politique, militaire a été élaboré pour I'union de toutes les forces contre le colonialisme français, Mohamed Maroc a signé le projet d'union ; quant à Ben Bella à la dernière minute sur injonction des dirigeants du FLN à Tunis n'a pas signé (voir les livres de Mahfoud Kaddache et de Mohamed Harbi).

Dès I'indépendance Messali Hadj a appelé à l’application du programme du PPA qui est le pluralisme politique et syndical et une assemblée constituante élue au suffrage universel. Les dirigeants algériens ont attendu les événements d'octobre 1988 pour ouvrir en 1989 une démocratie sur mesure et conforme au système du partie unique.

En 1989, une délégation du PPA conduite par Memchaoui Mohamed a déposé un dossier d'agrément conforme à la loi, après 60 jours d'attente, il été refusé. Plusieurs personnalités indépendamment de leurs opinions ont demandé la levée de l'interdiction du P.P.A et ont réclamé son agrément comme tous les autres partis politiques. Voici le nom de ces personnalités qui ont soutenu l'agrément du PPA, parus dans le journal Le Monde du 15 décembre 1989 : Ahmed Ben Bella, Mohamed Harbi, Yves Dechezelles, Henri Leclerc, Najib Hadjaj, Benjamin Stora, Yves Jouffa, Denis Langlois, Lotteilah Soleiman, Gilbert Meyer, René Gallissot, Claude Liauzu, Pierre-Vidat Naquet, Pierre Broné.

En 1999 dès la venue du président Abdelaziz Bouteflika, Ali Agouni au nom du PPA lui a envoyé une lettre pour attirer son intention sur I'injustice dont est victime le PPA c'est le seul président qui a répondu mais il n'a pas levé l'injustice flagrante qui frappe le PPA. Le 15 avril 2011, le président de la république a annoncé plusieurs perspectives de réformes politique, le peuple Algérien est déçu des lois et des résultats de ces réformes.

Les lois sur les partis politiques sont des copies conformes aux anciennes lois qui imposent l'hégémonie du système sur la vie politique du pays. Aujourd'hui, face à ces lois inacceptables sur les partis politiques qui veulent exclure le PPA de la scène politique de façon arbitraire et injustifiée. Rappelons que le PPA est présent sur la scène politique depuis l'indépendance en 1962 à travers toutes les wilayas d'Algérie avec son programme politique économique, social et cultuel, et il est de son devoir d'exister comme tout autre parti politique.

Le PPA dénonce cette injustice de deux poids et deux mesures, et continue son combat politique pour l'instauration d'une véritable démocratie et une constituante souveraine. Le PPA a déposé sa demande d'agrément auprès du ministre de I'Intérieur et attend une réponse officielle.

Nous appelons le président de la République à devancer les évènements et à faire des réformes politiques conformes aux aspirations du peuple algérien et à instaurer une véritable démocratie car chaque Algérien aime son pays quelle que soit son idiologie politique.

Aujourd'hui la réconciliation nationale, la fraternité, l'unité le respect de chacun et la justice sont nécessaires pour la construction de I'Algérie comme grande nation développé conformes aux aspirations du peuple de son histoire grandiose et de sa révolution.

Pour le PPA, Ali Agouni

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Commentaires (7) | Réagir ?

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Habiba Dhrif

Quatre précisions pour les jeunes Algériens avides de la vérité historique:

1- Être contre le FLN ne veut pas dire être contre la révolution. Cette confision a longuement été entretenue par le parti unique. Si les dérigeants du FLN voulaient l'union, il n'auraient pas du alors sortir du PPA-MTLD qui avait préparé la révolution avec l'OS. Mais, nos héros ne sont que des humains, ils voulaient tous un peu de zaimisme. La preuve, ils se sont tous entretués avant et après l'indépendance. Messali au moins n'avait jamais ordonné l'assassinat des chefs politiques qui se sont opposés à lui.

2- Dès qu'on parle du MNA, on parle de Bellounis qui a eu un parcours controversé. C'est l'arbre qui cache la forêt. Bellounis n'a dérigé le MNA que pendant une année (1958), d'autres Généraux du MNA de 1954 à 1962 (Achour Ziane, Meftah, Amor Idriss, Abdelkader Benokmane) ont dérigé l'armée du MNA et lutté contre la France jusqu'à la mort. Evidemment, vous ne les connaissez pas. Demandez-vous pourquoi!!!?.

3- Si vous appelez Bellounis un traitre, comment appelez-vous ceux qui ont massacré 300 Algériens à Mélouza, 700 à Djelfa, et j'en passe. Ils ont été éliminés car ils voulaient montrer qu'on peut aimer et mourir pou l'Algérie sans appartenir au FLN. Personne n'est obligé d'appartenir à un groupe politique, même pendant la guerre.

Concernant la lutte entre le FLN et le MNA, c'est une guerre civile et une guerre de leadership qui ne devrait pas être confondue avec la lutte contre le colonialisme. ça arrive dans toutes les révolutions. Et oui.. nos héros (du FLN ou du MNA ou les sans-parti) ne sont que des êtres humains avec leur grandeur, leur faiblesses et leur erreurs.

4- En conclusion:

La vérité est que le FLN n’a été ni la seule force politique ni la seule force militaire qui a libéré la patrie. De toutes les grandes vérités cachées de la révolution algérienne, celle-là est celle qui dérange le plus, car elle met fin au monopole sur la légitimité historique.

Les combattants et militants du MNA méritent indéniablement leur place à côté des martyrs et moudjahidine du FLN dans la mémoire nationale et dans les livres scolaires d’Histoire. Gloire à tous les martyrs de la nation.

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klouzazna klouzazna

Prétendre vouloir construire l'avenir avec les carcasses du passé est une illusion... pire, c'est une supercherie... Les générations d'aujourdhui et futures aspirent à plus de citoyenneté... non pas un retour à la supercherie du Za'aim et du patriarcat ....

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