Le monarque prépare son show à Tlemcen

Le monarque prépare son show à Tlemcen

Le président Bouteflika commémore à sa façon le cinquantième anniversaire de la journée noire et rouge du 17 octobre, de l'An 6 meurtrier de sa réconciliation nationale qui consacre, via les médias publics, l’impunité aux bourreaux et à leurs sous-traitant et le demi-siècle de l'indépendance.

Il s’apprête aussi, à inscrire ce grand pardon aux assassins dans le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie qui partira de Tlemcen, consacrée à l’occasion par ce tribalisme régional "Tlemcen, Capitale de la culture islamique", euphémisme culturel qui ne cache pas la volonté du pouvoir en place d’en faire sa forteresse idéologique. Que reste-t-il du reste de cette manifestation sinon son côté festivalier budgétivore et des livres édités à grands tirages sur la ville des villes que jalouserait Ibn Tumert, le trublion imam du 12ème siècle qui n’a pu conquérir Marrakech dont il voulut faire la capitale des Almohades ! Après donc les zerdas, les hommages "gnon gnon" rendus à l’illustrissime écrivain Mohamed Dib parce qu’il est de Tlemcen et non en raison de sa renommée internationale, les discours dithyrambiques sur la dynastie des Zianides dont se revendiquerait sûrement le "clan de Tlemcen", voici venir, en cohorte dans cette "ville–monde", dont on découvre, O miracle, le prestigieux passé islamique au 21ème siècle, au grand dam d’Ibn KLhaldoun, les radios publiques de l’hexagone France Inter, France Mus que et Le Mouv, de concert avec leur consœur algérienne pour, officiellement, enregistrer des reportages. Jamais autant de radios publiques françaises ne sont précipitées en Algérie pour enregistrer des reportages aux heures sombres du terrorisme islamiste. Rue.., journal électronique qui rapporte l’information.

Mais de quels reportages s’agit-il ? Des enregistrements sur la musique soufie sont évoqués par le porte parole de Radio France contacté par téléphone par Rue89 un journal électronique. "L'ambassade de France à Alger a accepté de financer les vols Paris-Alger de collaborateurs de Radio France dans le cadre des crédits de coopération qu'elle gère selon les procédures habituelles communes à toutes les ambassades de France. L'engagement de ces crédits se justifie notamment par le fait que les missions de nos collaborateurs permettront de couvrir le festival de Tlemcen lors de la semaine [dédiée à] de la culture française. Deux collaborateurs de France Musique partiront également au mois de novembre à Tlemcen pour réaliser une émission consacrée à la musique soufi. Radio France finance pour sa part le vol Paris-Alger d'un collaborateur qui enregistrera une émission pour Le Mouv à Tlemcen."

Ces prétextes d’échanges culturels sont fallacieux et peu crédibles quand on sait que la musique soufie se joue mieux et plus souvent à Paris qu’à Tlemcen. Commentant l’infirmation, le journal online Rue89 avance l’hypothèse de la naissance d’une « nouvelle capitale du régime en place : "Tlemcen n'a pas un patrimoine islamique particulièrement remarquable. Pas plus qu'une autre grande ville du pays, en tous cas. La raison est ailleurs. Tlemcen est le nouveau centre du pouvoir algérien (…) Un président de la République originaire de Tlemcen, près de la moitié de ses ministres issus de la même région, une flopée de conseillers, de hauts responsables civils et militaires nommés en raison de leurs origines tlemceniennes et enfin la ville de Tlemcen qui bénéficie de 10 milliards de dollars en projets, le cœur du pouvoir algérien se situe désormais à l'Ouest."

Il y a quelques jours, L’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) par la voix de Saïd Abadou, son secrétaire générale, annonçait la création d’une chaîne de télévision et une radio dédiées à l’Histoire de la guerre d’Algérie. Selon lui, ces deux chaine "s’intéresseront, dans leurs programmes, à tous les sujets en rapport avec la guerre de Libération nationale et ceux ayant trait au mouvement national", ajoputant que "les jeunes Algériens ont besoin de connaître l’histoire de leur pays Les nouvelles générations sont souvent portées sur la critique car elles ignorent beaucoup de choses des événements ayant émaillé le combat libérateur du peuple algérien". A ces jeunes portées sur la critique, que leur offrent les chaines existantes en matière d’histoire sur la guerre de libération nationale ? Ce n’est sans doute pas un signe de bon aloi à l’annonce faite le 12 septembre dernier sur l’ouverture de l’audiovisuel pour tenter, par moult promesses, non seulement la critique mais la colère des jeunes qui ne vivent ni d’histoire ni de découvertes de capitales islamiques en Algérie.

En l’absence d’’un Etat fonctionnel, citoyen et porteur d’un projet de société représentatif du territoire algérien, c’est, par ce rush médiatique annoncé à Tlemcen qu’il s’érige en dynastie. Signera un traité pour sauvegarder sa capitale en abandonnant le pays aux islamistes, comme l’a fait l’Emir sous le traité de la Tafna pour Mascara ? Le projet d’’autonomie de la Kabylie, avec Tizi Ouzou comme "capitale de la culture" (tout court) de Ferhat M’henni semble, dans ses contours, même s’il est la conséquence de la négation de l’Etat semble plus crédible que celle d’un descendant présumé zyanide qui prépare son sacre à l’ouest du pays…

R.M

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Commentaires (5) | Réagir ?

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omar attourki

Le président Bouteflika n'est pas originaire de Tlemcen ! C'est honteux de dire qu'il est né à Oujda au Maroc?

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Pandora Diaspora

Attention ne detestez pas la ville et ainsi les habitants de l'Ouest à cause de ce que fait le président, le peuple algérien de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud vit les mêmes problèmes. Avec des articles pareilles je vois la naissance d'un régionalisme plein de haine, surtout ne leurs donnez pas l'opportunité de nous diviser. Nous sommes un peuple multiculturel nous ne sommes pas plusieurs peuples. Si j'étais de l'Est j'aurais detesté Tlemcen et sa population et surtout toute la population de l'Ouest pour la phrase "Un président de la République originaire de Tlemcen, près de la moitié de ses ministres issus de la même région, une flopée de conseillers, de hauts responsables civils et militaires nommés en raison de leurs origines tlemceniennes et enfin la ville de Tlemcen qui bénéficie de 10 milliards de dollars en projets, le cœur du pouvoir algérien se situe désormais à l'Ouest. "

Mais je suis de l'Ouest et ca me fait de la peine de voir mes frères se diviser, nous sommes tous enfants du même pays! Ce que fait Bouteflika à Tlemcen ne sert qui lui et son clan, partout le peuple vit les mêmes problèmes.

Salam Alikom

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