"L'Etat de droit veut que la loi s'applique même à celui qui la promulgue", estime le RPK

Des membres du RPK
Des membres du RPK

Le bureau du Rassemblement Pour la Kabylie, réuni en date du 23/09/2017 à Akbou, après avoir examiné les questions organiques et la préparation des assises du Mouvement prévues pour décembre prochain, a adopté la déclaration politique suivante:

La rentrée sociale est marquée cette année par une crise financière qui met en danger la cohésion sociale, laissant présager une déflagration qui serait difficile à maîtriser à cause de l’absence de légitimité populaire et de la déliquescence avancée des institutions de l’Etat. Le pouvoir algérien, par son autoritarisme, par son aveuglement à se maintenir par n’importe quel prix, constitue aujourd’hui la première menace pour l’Algérie. Le recours à la planche à billets "maquillée" par le vocable de financement non conventionnel, outre qu’il trahit l’absence flagrante d’une stratégie économique, est une nouvelle fuite en avant face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. L’Algérie n’est pas en crise à cause de la chute des cours du pétrole, comme tente de le justifier de manière fourbe le nouvel Exécutif, elle est en crise à cause de la chute vertigineuse du niveau de gouvernance des institutions de l’Etat dont les effets les plus apparents et les plus provocants sont la gestion clientéliste, régionaliste des biens de la collectivité, associée à une corruption généralisée.

Dans ce contexte, le débat sur l’application de l’article 102 de la Constitution a toute sa place dans la mesure où l’actuel chef de l’Etat n’est plus en mesure d’assurer la plus élémentaire de ses missions constitutionnelles. L’Etat de Droit veut que la loi s’applique à tous, y compris à celui qui la promulgue. Le changement politique commence, quand il est réel, par le respect aussi des dispositions légales limitant ou récusant l’exercice d’un pouvoir de fait.

Néanmoins, pour le RPK, si le départ de M. Bouteflika pour cas d’empêchement constitue une condition nécessaire pour le changement, elle n’est pas suffisante car l’alternance doit aussi s’appliquer sur le régime militaro-oligarchique qui plombe l’avenir des citoyens.

Des voix de plus en plus nombreuses s’expriment ouvertement pour mettre fin à l’autoritarisme et suggèrent la construction d’une alternative. Ces voix peuvent trouver un lieu de convergence dans l’espace de l’opposition démocratique si un dépassement des intérêts étroits des appareils politiques est réalisé. Mais ce serait différer les problèmes si on se focalisait seulement sur la question du pouvoir alors que le problème fondamental de l’Algérie est la redéfinition de la Nation avec son corollaire la refondation de l’Etat-Nation. Tant que les droits collectifs ne sont pas reconnus, on restera toujours dans l’état de domination politique et identitaire.

Le RPK n’apportera aucune caution politique et ne souscrira à aucune démarche qui déposséderait le peuple kabyle de sa volonté de s’approprier une large autonomie politique. Pour nous, le pluralisme politique, dans le contexte d’une nation multiculturelle, ne peut consacrer la citoyenneté équitable que s’il s’éloigne du paradigme de la domination de la majorité.

C’est à cet égard que nous dénonçons les mots que M. Ouyahia a tenus dans le discours de présentation de son plan d’action devant l’APN. "L’enfant du système" va encore plus loin dans cette vision de domination culturelle en soutenant de manière univoque que : "L’unité de notre peuple autour de son identité sera consolidée grâce à la mise ne valeur de l’arabe, langue nationale et officielle, dans nos actes, dans notre environnement, ainsi que dans notre culture". Ces propos, parce qu’ils fondent l’unité de la nation algérienne et de son identité sur la seule langue arabe, sont à la fois dangereux et irresponsables.

Le retour au jargon du baâthisme vient contredire les professions de foi réservées à la langue amazighe pour son développement par l’Etat. Pour le RPK, il est scandaleux que l’identité première de l’Algérie, et de tout l’Afrique du Nord, soit toujours considérée par les officiels algériens comme une survivance indigène.

En ce qui concerne les élections locales prévues pour le 23 novembre prochain, le RPK qui n’a pas encore tenu ses assises, lieu où sera explicité le projet politique pour lequel il a été fondé, s’exclut de toute participation. La démarche participative ne peut dans tous les cas être assumée et engagée que si elle est inscrite dans une vision stratégique d’affirmation et de réappropriation d’une forme de souveraineté, non seulement au niveau locale, mais aussi régionale, à savoir la Kabylie en tant que territoire dotée d’un Gouvernement et d’une Assemblée élue.

Le RPK réaffirme son appel aux citoyens de Kabylie à élargir et à approfondir le processus de réhabilitation de l’organisation des villages pour se prendre en charge dans le cadre d’une autonomie de fait.

La crise financière qui impactera de manière négative les budgets de l’essentiel des municipalités commande à tous une implication citoyenne dans la protection de l’environnement, la mise en place de mécanismes de solidarité intra et intervillages sur toutes les questions ou projets d’intérêt public.

P/ Le Rassemblement Pour la Kabylie.

Le Coordinateur

Hamou Boumedine

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Commentaires (17) | Réagir ?

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gestion

merci

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algerie

جزاكم الله خيرا

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