Des auteurs algériens se font sucrer leurs droits en Italie avec la complicité des autorités

La couverture de l'ouvrage.
La couverture de l'ouvrage.

Avec la publication clandestine en Italie de "Les Phéniciens en Algérie, les voies du commerce entre la Méditerranée et l’Afrique noire", les autorités responsables de la Culture en Algérie ont fait montre d'un silence coupable, abandonnant les auteurs algériens à leur sort. A croire qu'on n'est plus à une avanie près !

C’est un cri de colère qui nous est parvenu d’une chercheuse qui s’élève contre ce vol manifeste des droits d’auteurs en Italie.

Les faits.

Dans le cadre d’une convention algéro-italienne signée en juillet 2008, entre la Direction de la Protection Légale des Biens Culturels et de la Valorisation du Patrimoine Culturel (Ministère de la Culture) et le Consiglio Nazionale delle Ricerche (Ministero degli Affari Esteri e della Cooperazione Internazionale), une exposition a été montée sous la double responsabilité scientifique de Mesdames Amel Soltani (Musée National des Antiquités, Alger) et Lorenza Manfredi (ISCIMA, Rome) : "Les Phéniciens en Algérie. Les voies du commerce entre la Méditerranée et l’Afrique noire". Placée sous le patronage de Madame La Ministre de la culture, cette manifestation a été officiellement inaugurée au Palais de la Culture le 20 janvier 2011, accompagnée de l’édition d’un catalogue en arabe et en français, sans numéro d’ISBN. Jusque-là tout est en ordre. Puis… Quelques mois plus tard, j’ai découvert avec stupeur, sur le Web, que cet ouvrage, auquel des universitaires algériens (N. Abdelouahab, Maitre de Conférences à l’ENCRBC, N. Benseddik, Professeur à l’ENCRBC, S. Benseddik, Chargée de cours au dpt des Langues Etrangères de l’Université d’Alger 2 et A. Soltani, Chef du dpt Recherche et Inventaire, MNA) avaient contribué, sans la moindre compensation financière, venait d’être "publié" en italien par les Editions Bradypus de Bologne, en Italie, sous le titre "I Fenici in Algeria. Le vie del commercio tra il Mediterraneo e l’Africa Nera" (ISBN: 978-88-904294-3-9) et commercialisé au prix de 90 euros !", témoigne Nacéra Benseddik. Renversant ! Pourtant dans ce pays, les droits d'auteurs sont sacrés, pourquoi pas ceux des Algériens ?

Le silence coupable des autorités algériennes

L’usurpation du travail des Algériens ne s’arrête pas là. "L’élément aggravant, c’est que nos contributions ont été téléchargeables sur le Net pendant des mois », s’alarme notre chercheuse. Que font les autorités algériennes ? Rien, personne ne semblait inquiet. « Nous avons aussitôt alerté par écrit l’autorité administrative algérienne concernée, à savoir la directrice du Musée National des Antiquités, lui demandant des explications. Aucune réponse !". En Italie c’est un mépris souverain qui est affiché aux Algériens. "Nous avons alors adressé des messages internet ainsi qu’un courrier postal avec accusé-réception à l’éditeur italien qui nous a répondu par le même silence méprisant", s’agace N. Benseddik. Même l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal a été saisi par deux fois. Nulle réponse n’est venue non plus de son cabinet.

Il est entendu qu’aucun des auteurs n’a cédé ses droits d’auteur, que ce fût à l’institution algérienne, à l’ISCIMA ou à l’éditeur italien. "La réglementation en vigueur en matière de droits d’auteurs ne permet aucunement de léser aussi gravement les auteurs algériens que nous sommes, ni d’ailleurs les institutions muséales algériennes dont les collections illustrent, sans aucun bénéfice pour elles, l’ouvrage italien incriminé", ajoute Nacéra Benseddik.

Y a-t-il encore quelqu'un au ministère de la Culture pour rétablir ces chercheurs algériens dans leurs droits ?

La rédaction


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Commentaires (8) | Réagir ?

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gtu gtu

merci

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amina salami

merci bien pour les informations

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