Que cache la controverse des Bouteflika contre Abdelmadjid Tebboune ?

Abdelaziz Bouteflika.
Abdelaziz Bouteflika.

Qui a dit qu'on s'ennuyait en Algérie avec un pouvoir pareil ? Alors que les Algériens cherchent un coin de fraîcheur, en haut lieu on sort les couteaux pour régler les comptes en public.

Alors que Ennahar TV révélait que le Président Bouteflika était mécontent de l’action menée contre les "oligarques" par son Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, ce dernier, de passage à Paris, s'entretenait à Matignon avec le premier ministre français, Édouard Philippe. Certains voyaient très vite dans cette rencontre une recherche du potentiel soutien de Paris dans son affrontement avec Saïd Bouteflika. Voire !

Alors qu'Abdelmadjid Tebboune était à Paris, la chaîne Ennahar TV révèle que le chef de l’État Abdelaziz Bouteflika serait fort mécontent de l’action et de la méthode de ce Premier ministre. Courcircuitant Tebboune, il a envoyé des instructions directement aux ministres pour leur demander de "mettre fin à l’anarchie née des dernières initiatives" prises par l’Exécutif. Cette mesure rendue publique est un cinglant aveu pour le Premier ministre parti en guerre contre les importateurs et des hommes d'affaires proches du clan au pouvoir, dont le premier est Ali Haddad. Semblant se réveiller devant une situation qui dure depuis des mois, le président veut lever les mesures de blocage de marchandises dans les ports.

Le président Bouteflika aurait par ailleurs demandé à Tebboune, selon cette chaîne de télévision proche de Said Bouteflika, de "respecter les textes de loi" dans la conduite de l’action de son gouvernement. Venant au secours des oligarques, il se serait déclaré agacé par ce qu’il aurait qualifié de "harcèlement" contre les hommes d’affaires.

Depuis juillet où les journaux étalaient leurs informations sur un Tebboune parti en guerre contre Haddad and co jusqu'à hier, on passe du tout au tout. Du Premier ministre chargé d'une mission "mains propres" sur laquelle la justice n'avait pas encore prise, on découvre un désaveu public du président ! Renversant ! A quoi joue-t-on en haut lieu finalement ? Pourquoi cette cacophonie alors que les forêts brûlent par milliers d'hectares et les Algériens souffrent de la canicule ? Y a-t-il un pilote dans l'avion Algérie ?

Il y a plus inquiétant encore. L'entregent du frère conseiller du président qui encombre la scène nationale. Son exposition en compagnie d'Ali Haddad à un moment où le groupe de ce dernier était dans le viseur du Premier ministre laisse clairement entendre des intentions de Said Bouteflika à jouer le rôle de son frère aîné.

Mais pas seulement. Cette sortie du président interpelle par la manière et le moment choisi. Il y a d'abord son état de santé. Même les informations demeurent très parcellaires sur le sujet, il en est qui le disent très affaibli. Et l'échéance de 2019 taraude l'esprit de ses proches dont le premier d'entre eux son frère-conseiller qui entend peser de tout son poids pour s'imposer.

En attendant, il y a la nature de l'homme au pouvoir. Secret, Abdelaziz Bouteflika est réputé comme étant un homme qui souffle le chaud et le froid, se jouant même des uns et des autres. De leur agenda et des ambitions qui les animent.

Dans cet épisode pour le moins énigmatique mais très emblématique du dysfonctionnement des institutions de l'Etat, le premier ministre en sort affaibli. Après avoir salué sa "croisade" contre les oligarques, des voix parmi les soutiens patentés du clan au pouvoir s'élèvent pour demander son limogeage. Un seul perdant pour l'heure : l'Algérie. Des vainqueurs : les oligarques et le clan au pouvoir. La suite ? Les jours prochains nous la révéleront.

Yacine K.

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