Le revirement américain!

Le revirement américain!

Donald Trump veut-il réellement rompre avec Cuba et lui serrer la vis? Ou ce n'est là, comme dans l'épineux dossier du Qatar au demeurant, qu'une sorte de démonstration de force en trompe-l’œil à l'encontre de ce voisin trublion du sud afin de se démarquer de la politique engagée par son prédécesseur?

A priori, difficile de trancher. Mais force est de constater que l'annonce, le 16 juin dernier, de l'annulation immédiate par le locataire de la maison blanche de l'accord de décembre 2014 ayant ouvert la voie sous la présidence du démocrate Barack Obama à la reprise des relations diplomatiques bilatérales entre les deux pays va plutôt dans le sens de «la rupture dure». Ainsi des directives drastiques ont-elles été déjà signées pour renforcer les restrictions sur les voyages des Américains à Cuba et aussi pour interdire les transactions commerciales avec toutes les entreprises aux mains de l'armée cubaine. Celle-ci investit toujours, pour rappel, dans presque tous les secteurs économiques de l'île, le tourisme en particulier.

L'accord «odieux» de 2014 n'avait provoqué, pour reprendre les termes utilisés par le président républicain lui-même, que violence et instabilité dans toute la région sans que les Etats Unis n'aient pu obtenir quoique que ce soit en échange. C'est pourquoi, ce dernier aurait réitéré à maintes reprises, sous prétexte de la défense des libertés et des droits de l'homme, sa dénonciation du caractère «brutal» du régime castriste. Dans la foulée, il s'est engagé à ne pas lever les sanctions contre lui tant que tous les détenus politiques n'auront pas été libérés et tous les partis légalisés, préalablement à la tenue d’élections libres, en présence d'observateurs internationaux.

Mission presque impossible dans le contexte actuel à moins que Raoúl Castro capitule face à ses opposants politiques! Poussé au durcissement de sa position par des députés américains d'origine cubaine, Trump justifie toujours son action par le souci de «démocratiser» ce vieux bastion communiste. Mais que reste-t-il, s'interrogent certains analystes, du discours historique du 22 mars 2016 au Gran Teatro de la Havane où Obama aurait qualifié l'embargo économique imposé à la Havane pendant plus de 50 ans de «fardeau dépassé»? Rien ou presque, en effet! D'autant que, si le rétablissement des relations entre les deux nations avait, en juillet 2015, permis la réouverture de leurs ambassades respectives, scellant une nouvelle ère de rapprochement tant politique qu'économique porteuse de grandes espérances, il n'en reste pas moins que fragilisé par le retour de cette politique du bâton. Laquelle ne sert guère les milieux d'affaires, prêts à investir en masse dans ce pays à l’économie prometteuse.

Kamal Guerroua

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Commentaires (3) | Réagir ?

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chawki fali

merciii pour l'information

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algerie

merci bien pour les informations

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