Le tribunal d'Annaba refuse l’inscription du prénom amazigh Tanila

Tanila, privée de son prénom par la justice depuis janvier dernier
Tanila, privée de son prénom par la justice depuis janvier dernier

Le tribunal de Annaba vient de refuser l’inscription de la nouveau-née Tanila sous son prénom amazigh. En effet, au lieu de rectifier une première injustice commise par l’état civile de Annaba, le tribunal entérine cette discrimination.

Tanila demeure privée de son prénom amazigh depuis sa naissance le 23 janvier 2017. D’après maître Kouceila Zerguine, avocat de la famille de la petite Tanila, un recours en justice sera introduit dans les jours qui viennent auprès du tribunal administratif de Annaba. Par ailleurs, Me Zerguine indique qu’il va saisir les rapporteurs spéciaux de l'ONU sur cette question. Il est vrai que les cas de refus d'inscrire des prénoms sont légion.

En Algérie, le refus d’enregistrer des prénoms berbères à l’état civil persiste depuis l’indépendance. L’officialisation de tamazight l’année dernière, et la promulgation en 2013 d’une liste de 300 prénoms amazighs par le ministère de l’Intérieur ne suffisent pas manifestement. Comme à Annaba, un peu partout ailleurs, il y a des résistances à appliquer la loi pour les prénoms amazighs.

D’après Me Zerguine, ces nombreux cas de refus de prénoms berbères vont à l’encontre de la Constitution algérienne qui reconnaît expressément dans son préambule la dimension berbère comme une composante fondamentale de l’identité nationale. L’article 64 de l’ordonnance n° 70-20 du 19 février 1970 relative au Code de l’état civil indique que : "Les prénoms sont choisis par le père, la mère ou, en leur absence, par le déclarant. Les prénoms des nouveaux nés doivent être de consonance algérienne", ce qui est assurément le cas des prénoms amazighs.

Jugurtha Hanachi

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Commentaires (11) | Réagir ?

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ishaq aiche

merci bcp pour l'article

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Le Matin d'Algérie

En Algérie, le refus d’enregistrer des prénoms berbères à l’état civil persiste depuis l’indépendance. L’officialisation de tamazight l’année dernière, et la promulgation en 2013 d’une liste de 300 prénoms amazighs par le ministère de l’Intérieur ne suffisent pas manifestement. Comme à Annaba, un peu partout ailleurs, il y a des résistances à appliquer la loi pour les prénoms amazighs.

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