François Fillon fier de l'histoire coloniale française !!!

François Fillon. Crédit photo : François Navarro
François Fillon. Crédit photo : François Navarro

Empêtré dans ses affaires judiciaires à n’en plus pouvoir, le candidat de la droite tente de se rattraper, même à coups de déclarations populistes.

Après avoir fait les yeux doux, aux patrons, aux agriculteurs, aux tenants de la droite catholiques, François Fillon "drague" les "nostalgérie" avec ses nombreuses clientèles : les pieds-noirs, les harkis et autres nostalgiques de l'empire... De plus en plus mal après les révélations sur de présumés emplois fictifs de sa femme et ses emplois ainsi que les nombreux cadeaux qu'il a reçus, François Fillon tente de mener sa campagne sur desthématiques clivantes. Il a ainsi mis en avant la fierté nationale vendredi à Perpignan, dénonçant une nouvelle fois les propos d'Emmanuel Macron sur la colonisation lors d'une visite auprès des descendants de rapatriés d'Algérie.

A neuf jours du premier tour de la présidentielle, ce déplacement du candidat Les Républicains auprès d'un électorat traditionnellement de droite mais au sein duquel le Front national progresse intervient à la veille d'un meeting de Marine Le Pen à Perpignan.

Rendant hommage aux "Français d'Algérie (...) qui ont vécu l'injustice" du retour et aux "harkis (...) qui n'ont pas été traités dignement par la France", l'ex-Premier ministre est revenu une nouvelle fois sur les déclarations d'Emmanuel Macron sur la colonisation.

Lors d'un déplacement en Algérie en février, le candidat du mouvement En Marche ! avait assimilé la colonisation à un "crime contre l'humanité". "On ne peut pas aujourd'hui parler de l'Algérie comme certains en parlent, en allant jusqu'à évoquer des crimes contre l'humanité, sans commettre un énorme contresens historique", a persiflé François Fillon.

François Fillon remue le couteau dans la plaie qui refuse de se refermer et ravive les braises à souhait. "La colonisation a été un élément de l'histoire de toutes les civilisations, (...) il n'y a pas une civilisation qui n'a pas colonisé ses voisins et nous même nous avons été colonisés", a-t-il soutenu devant un auditoire tout acquis à cette thèse.

"Moi je veux qu'on soit fiers de notre histoire", a-t-il déclaré en réaffirmant sa volonté de voir le "récit national" être enseigné à l'école. "Le récit national, ce sont des faits, ce n'est pas un roman, ce n'est pas une histoire qui aurait été enjolivée ou qui aurait été inventée", a-t-il précisé.

Estimant que "la France n'en a pas fait assez" pour les rapatriés et les harkis, François Fillon s'est présenté comme "le seul candidat" susceptible de répondre à leurs attentes, à l'inverse de "ceux qui nient la réalité de cette histoire et la réalité des responsabilités nationales, ceux qui parlent de crimes contre l'humanité, ceux qui ont une vision marxiste de l'histoire et ceux dont la politique économique ruinerait notre pays."

Le candidat n'est plus à une approximations près. Il convoque tous les registres politiques porteurs de voix pour convaincre un électorat de plus en plus suspicieux avec sa mise en examen.

Le clan Fillon "fait pression" sur le fournisseur de costumes !

François Fillon et son entourage auraient fait pression sur Robert Bourgi pour qu'il ne révèle pas être l'auteur du cadeau vestimentaire, deux costumes d'une valeur de 13.000 euros, qui ont compromis la campagne du candidat de la droite après la révélation des emplois présumés de son épouse et ses enfants.

Dans un entretien publié vendredi sur le site d'informations Mediapart, l'avocat franco-libanais, retiré à Beyrouth en raison de la "charge médiatique très forte", affirme qu'il votera malgré tout pour François Fillon, "un ami de très longue date", au premier tour de la présidentielle mais que les électeurs de Nicolas Sarkozy pourraient lui faire payer ses attaques contre l'ancien chef de l'Etat durant la campagne de la primaire.

"Je l'ai eu personnellement à plusieurs reprises. Et à plusieurs reprises, il a fait appel à ma solidarité de gaulliste. Gaulliste ou pas, je sais ce que j’ai fait et je n’ai pas à m’en cacher", raconte Robert Bourgi dans Mediapart. "Pendant six jours, du samedi ayant précédé les révélations du Journal du dimanche au vendredi suivant, François Fillon et sa très grande papesse de la communication, Anne Méaux, ont souhaité que je ne dise rien concernant l’identité de la personne qui a offert les costumes : moi", explique-t-il.

La rédaction avec Reuters

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