Agression de professeurs: le Cnes accuse le président de l'université d'Alger-3 et Tahar Hadjar

Tahar Hadjar, ministre de l'Enseignement supérieur.
Tahar Hadjar, ministre de l'Enseignement supérieur.

Le Cnes accuse officiellement Tahar Chriat, le président de l’université d’Alger 3, d’incitation à la violence envers les professeurs adhérents à leur mouvement syndicale.

Le feu couve dans l'enseignement supérieur. Dans un communiqué, rendu public sur la page Facebook, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) appelle le ministre de l'Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, à sévir rapidement en sanctionnant les principaux responsables de l’agression du 16 février lors d’une réunion élective.

Le syndicat soutient que le président de l’université a fait appel à des étrangers "baltaguia" et à des agents de sécurité pour empêcher que ne se déroule leur assemblée générale au sein même de l’université.

Une AG d'universitaires sur un parking

Aussi, le communiqué informe que les professeurs ayant été physiquement agressés, et conduits à l’hôpital, ont décidé de porter cette affaire devant les tribunaux. Le syndicat rappelle que des faits similaires ont été enregistrés à l’université de Dély Brahim et au niveau de l’annexe de Kherrouba (Alger), où des professeurs ont été agressés physiquement par près de 300 agents de sécurités et de "voyous Baltaguia". Les enseignants ont été contraints par la force de quitter l’université pour organiser leur AG sur un parking du transport universitaire !

Le Cnes de Batna accuse le ministre Hadjar à demi-mot:

Quant au Cnes de Batna, il va plus loin et accuse, à demi-mot, le ministre Tahar Hadjar d’être derrière ces agressions, en soutenant que le ministre "à travers ces agissements espère que le champ devienne libre pour faire passer ses dangereuses décisions sans l’approbation des enseignants. Le Cnes est indésirable, parce qu’il menace les intérêts étroits et personnels de ces «baltaguias». C’est ce qui nous est arrivé aussi à Batna le 2 janvier 2017", rappelle le Cnes de Batna.

Grève dimanche pour dénoncer les violences

Le Cnes, qui a reçu le soutien du Conseil national des enseignants du supérieur ainsi que de nombreuses organisations estudiantines, appelle à une grève dans le secteur de l’enseignement supérieur pour "dénoncer les violences et les pressions subies par les enseignants du Cnes et le climat déletaires qui sévit au sein de l’université algérienne". Un appel qui risque d’être suivi en masse quand on sait le malaise dans lequel se débattent de nombreuses universités. A preuve ? Nombre d'entre elles entrent épisodiquement en grève pour diverses raisons : mauvaise gestion, népotisme, pratiques autoritaires...

Tahar Hadjar, ministre de l'Enseignement supérieur qui n’a, à ce jour, pas dénoncé les violences dont ont été victimes les enseignants du Cnes, devrait par ailleurs s’expliquer sur les graves accusations portées à son encontre par les enseignants de sa tutelle.

Il est manifeste que l'indépendance et la liberté du Cnes dérangent la tutelle et les présidents d'université. D'où les manoeuvres, voire les agressions comme on l'a vu dont il est la cible.

La rédaction

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Commentaires (5) | Réagir ?

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fac droitsp

merci

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chawki fali

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