La parole qui fait la joie et la parole qui broie

 Toufik Zaibet
Toufik Zaibet

Genève dément : l'inventeur de "Rahmat Rabi" n'a jamais été inscrit dans son université

Sur ce sol sans boussole, pour de simples paroles, tu peux moisir et mourir dans les geôles. Avec d'autres paroles aux mots flatteurs, tu seras reçu avec tous les honneurs et tu seras proclamé chercheur, guérisseur et même inventeur.

Des contradictions diriez-vous ?

Non, il suffit de bien prendre position. Pour le premier cas, je vous laisse sur votre faim, car je sens déjà ma main trembler comme celle d'un gamin à l'examen et je ne veux point rapprocher ma fin par une grève de la faim.

Pour le second cas, Toufik Zaibet que l'on a cru sur parole a très bien choisi sa voie, il a réussi à aller très loin. On lui a fait ouvrir tous les médias et on lui a facilité tous les chemins pour promouvoir et vendre son mensonge qu'il a qualifié de divin. Le charlatan est malin et il connaît très bien le terrain préparé par ses parrains. Avec sa malice, il a appliqué la citation d'Averroès "Pour faire croire l'aberrant à l'idiot emballe-le dans le religieux". La Madrasa avait bien préparé le champ pour l'ivraie et la volonté de duper est soutenue. Le paquet empoisonné et bien enveloppé a facilement passé. Le bled de la parole n'a pas besoin de diplômes. L'éloquence peut dresser la potence et réduire au silence comme elle peut être la source de la finance pour toute une ascendance.

Cet individu le plus médiatisé et le plus connu dans notre pauvre Algérie n'est qu'un simple infirmier qui n'a été point diplômé par la majestueuse université helvétique comme il l'a maintes fois annoncé. Selon le quotidien arabophone, El Nahar la chargée d'information au niveau de cette faculté qu'il a contactée a confirmé que Toufik Zaibet n'a jamais été inscrit dans son établissement. Et ce dupeur reçu par M. le ministre de la Santé a reconnu à la chaîne de ce même journal qu'il n'est ni médecin ni docteur.

Le plus étonnant que Monsieur Abdelmalek Boudiaf, le ministre de la Santé, a déclaré à la même chaîne ce soir le 14 décembre 2016 que c'est à travers les médias qu'il a appris que cette personne qu'il appelle à son tour Si Zaibet n'est même pas médecin et que l'information l'a choqué.

Il y a vraiment de quoi perdre son humour et questionner ces bonimenteurs !

Quand est-ce que la science, la raison, la rime et la plume ne seront-elles plus lâchées dans l'abîme ?

Quand est-ce qu'on arrêtera de faire la bise à la bêtise et que l'on n'étatise plus la sottise ?

Quand est-ce qu'on cessera d'obliger l'intelligence insoumise à choisir entre le cercueil et la valise ?

Pour nous, le peuple qui s'embrase sur les braises tant que notre muse restera la bêtise, vous pouvez danser à votre guise et satisfaire à l'extrême votre gourmandise.

Rachid Mouaci

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Commentaires (5) | Réagir ?

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khelaf hellal

On ne s'improvise pas comme ça, chercheur et inventeur d'un médicament devant un Ministre fut-il le plus compétent du monde. Et M. Le Ministre de la santé devrait le savoir mieux que quiconque. C'est tout un aréopage de savants et de chercheurs universitaires, des sommités nationales et internationales dans la médecine du diabète seul habilité à le valider après l'avoir bien sûr expérimenté sur des cobayes de laboratoires et des humains. Cela prouve qu'il n'y a aucune éthique ni aucun ordre médical dans la Santé publique qui veille à ce genre de chose. Cela transpire l'arnaque de l'argent et de la corruption politico-financière dont le système est rodé quitte à abandonner des malades en désarroi sur le carreau.

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mourad fakou

Toutes ces affaires sont des tests pour vérifier l'état de torpeur des citoyens algériens et l'allégeance des institutions. Après les tests Saadani, Haddad, il y a celui du guérisseur. Ce qui est important pour celui qui effectue ces tests, c'est la réaction du peuple pour pouvoir passer à l'étape suivante. Ils veulent savoir quand est ce que les citoyens accepteront d'acheter eux mêmes la corde pour se pendre. Quand quelqu'un dérange les tests, on sait ce qui lui arrive.

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