Lettre au maître

 Lettre au maître

Par Réda Doumaz

L'artiste adresse ce message «d'outre-tombe» à son maître disparu, Hadj M'hamed El-Anka, dont c'est le 30è anniiversaire de la mort, mais sans doute aussi à tous ceux qui l'aimaient.

Cheikouna,

Votre compagnie, pour les passionnés, est un havre de paix pour
leurs âmes, n'était-ce l'adversité qui s'ingère avec toutes ses vicissitudes,
provoquant délires, errances, détachements et... meurtrissures.
Comment se faire à votre absence et résister au désir d'apprendre plus
de vous sans être blâmé ?
Sachez, Cheïkhouna, que toutes les malveillances à l'égard de
votre esprit sont restées vaines, vouées à l'échec, dans les abysses
de la cécité.
Trente ans après votre disparition, des écrivaillons, rimaillons, flibustiers
culturels de tous bords, s'évertuent à nous convaincre qu'ils vous connaissent
et vous cernent sous tous les angles...
Tout compte fait, c'est une rimaye qui s'impose entre vous, la roche, et cette envie cupide et éperdue de se faire valoir qui les enrobe comme un névé.
Les titres de professeur, chercheur, musicologue (du chaâbi), sont distribués
généreusement et font l'apparât de piètres répétiteurs qui, souvent, ne maîtrisent même pas leurs instruments...
Des «artistes ratés» sont structurés en «jury» devant une jeunesse qui se réclame de votre esprit et qui ne comprend toujours pas avec quelle science elle est départie lors de ses différentes performances...
Les pirates du bel art ont pignon sur...scène ; des voix nasillardes sortent,
nous ne savons d'où, et s'arrogent en défenseurs d'une certaine
culture judéo-arabe…
Dans tout ce vacarme, une seule lueur nous est apparue à travers un
petit bout de femme qui a compris très vite l'ampleur de votre legs en lui
accordant alors toute l'aura de son envergure...
Oui, Cheïkhouna, le chaâbi est institutionnalisé comme étant national,
avec son festival annuel. C'est un bon présage, mais il reste encore
beaucoup à faire, tant que la science reste ébahie devant le psittacisme
que vous aviez tellement décrié...
La douleur dans l'âme, nous nous consolons en vous écoutant encore et encore, en rêvant des jours meilleurs.... et qui ne seront que plus beaux pour le chaâbi.
Dans l'attente, daignez, ô Cheïkhouna, accepter de ma part l'appellation d'El
Kotb, le pôle, car je ne suis pas le seul à croire qu'elle vous sied à merveille.
Les Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Jean Sénac, M'hamed Issiakhem, Dahmane El Harrachi, Oum Keltoum, Moh Esseghir, Dahmane Benachour, Rachid Nouni, Sadek Aïssat, El Hadj Guerrouabi, Bachir Hadj-Ali… le savaient déjà.
Ö Cheikhouna, repose en paix.
Réda Doumaz

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Commentaires (16) | Réagir ?

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MELISSA

"Suivant le commentaire de bellouga", une star tel que Amar Ezzahi est dans laes oubliettes car c'est une personne de principe, il a aidé plusieurs artistes comme le cheikh qui a rendu célébre Réda Doumaz et il n'y a eu aucune reconnaissance de sa part, Mr bellouga, je vous connais pas mais vous avez senti que Amar Ezzahi a été marginalisé pas de ces funs, alors si vous avez cotoyé certains artistes qui cherchent que leurs intérets en recueuillant des quassidates non reconnues, comment réagissez vous?, les apparences sont trompeuses?, personnellement je vous remercie d'avance Me bellouga et même notre journal le matin d'Algérie

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bellouga

Comment peut-on faire un papier sur le Cardinal et le cha3bi en citant tout ces artistes et en omettant Amar Ezzahi?

Réda Doumaz ou Réda Dommage?

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