Le syndicat des magistrats se défend et menace

Le syndicat des magistrats s'en prend à ceux qui critiquent la justice.
Le syndicat des magistrats s'en prend à ceux qui critiquent la justice.

Le syndicat national des magistrats se refuse d’accepter toute critique à l’égard de ses membres. Et passe à l'offensive.

Le Syndicat national des magistrats sort de son silence. Non pas pour dénoncer l’instrumentalisation de la justice mais pour défendre ses membres. Esprit corporatiste oblige, le syndicat maison vient donc de signer une charge sans précédent contre ceux qui pointent «les dérives» de cette institution. Le syndicat de la corporation s’élève contre la "campagne médiatique féroce" menée par certaines parties contre le pouvoir judiciaire. Et avertit les pourfendeurs patentés qu’"il compte recourir à tous les moyens légaux pour répliquer".

Les affaires déférées devant la justice comme celles de la chaîne de télévision KBC, le rachat d’El Khabar par Ness Prod ou encore la condamnation du journaliste freelance Mohamed Tamalt à deux ans de prison, voire encore celle du général Hocine Benhadid qui a passé 10 mois en prison sans jugement ont montré une institution au main de l’Exécutif, selon plusieurs observateurs, journalistes et hommes politiques. Plusieurs ONG et associations luttant pour la liberté de la presse se sont inquiétées et ont dénoncé l’instrumentalisation de la justice pour museler la presse et la liberté d’expression.

Le syndicat national des magistrats ne l’entend pas cependant de cette oreille. Allant à contre-sens de l’opinion et des nombreux voix qui ont dénoncé les nombreuses dérives de l'institution, constatées ces derniers mois, il menace dans un communiqué publié dimanche : "Face à ces dérapages graves, le syndicat se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux comme celui de se constituer partie civile pour répliquer et défendre l'ensemble des membres de l'institution judiciaire".

Mieux encore, il balaye toutes les critiques des juristes avertis et se fait donneur de leçons en rappelant que "l'indépendance de la magistrature n'est pas un tremplin pour réaliser des fins politiques ou politiciennes et des fins personnelles mais un principe fondamental".

Le Syndicat des magistrats parle de suprématie de la loi, de légalité et de l’Etat de droit… et ignore superbelment tous les arguments critiques avancés par les avocats dans les affaires citées plus haut. "Les prérogatives du pouvoir judiciaire et des magistrats s'inspirent de la Constitution et des lois de la République. Se conformer à la légalité juridique à travers la justice concernant toutes les questions fondamentales et décisives, reste le seul moyen d'imposer la suprématie de la loi, d'éviter le chaos et les dérapages et de réaliser l'égalité de tous devant la loi", conseille le syndicat.

L'indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique n'est pas remise en cause, si l'on comprend bien le communiqué. A contrario, il dénonce "une ingérence flagrante dans le travail de la justice et un outrage à l'encontre des membres du pouvoir judiciaire". Estimant même qu'"il s'agit là d'actes criminalisés par la loi".

L.M.

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Commentaires (6) | Réagir ?

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chawki fali

merci pour l'iformation

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Bachir Ariouat

Je n'insiste pas, alors je me tais.

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