Kaïs (Khenchela) : les familles des victimes du botulisme investissent la rue

Les parents des victimes du botulisme ont manifesté à Kaïs.
Les parents des victimes du botulisme ont manifesté à Kaïs.

Deux mois après l’éclatement du scandale du botulisme qui a coûté la vie à quatre victimes (deux à Kaïs, un à Batna, et un autre à Msila), les pouvoirs publics n’ont pas encore déterminés les responsabilités et l’enquête judiciaire n’a pas fait avancer le dossier.

Cette situation est mal vécue par les familles des victimes, qui ont organisé un sit-in de protestation au centre-ville de Kaïs (26 km du chef-lieu de wilaya) pour dénoncer l’inertie des pouvoirs publics et exiger plus de transparence dans la gestion de ce dossier.

Brandissant des portraits des victimes, les protestataires ont tenu un rassemblement durant lequel les parents des victimes ont pris la parole. "Non au règne de l’argent !", "Pour un Etat de droit", "non à une justice aux ordres !", ont martelé les parents des victimes qui voient dans le mutisme dans lequel se réfugient les autorités depuis l’éclatement du scandale, une volonté de protéger des intérêts économiques au mépris des vies humaines.

Aït Abderrahmane Abdallah, le père du petit Rédha emporté par le botulisme le 2 juillet dernier, se demande : "Comment se fait-il que le producteur du cachir incriminé n’ait pas été entendu par la justice ? Et comment le vendeur responsable de l’intoxication a pu rouvrir son commerce le plus naturellement du monde ?". Soualhi Anouar dont le fils, Khalil, est alité à la maison avec des lourdes séquelles dû au botulisme, s’est insurgé contre ceux qui veulent travestir la réalité : "C’est bien le cachir qui est responsables du botulisme nous en avons les preuves, ceux qui tentent de le dédouaner sont des complices, … tant qu’il y aura des hommes, l’argent ne sera jamais roi !", s’est-il écrié.

Pour rappel, les premiers cas de botulisme ont été enregistrés au début du mois de ramadan dernier à Kaïs, avant que le foyer de l’intoxication se propage et touche d’autres régions. La gestion de ce dossier par les pouvoirs publics a été décriée par les familles des victimes depuis le début.

Jugurtha Hanachi

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