Yémen: l'armée tue cinq membres présumés d'Al-Qaïda déguisés en femmes

L'Armée yéménite mène la guerre aux djihadistes
L'Armée yéménite mène la guerre aux djihadistes

L'armée yéménite a tué samedi cinq membres présumés d'Al-Qaïda déguisés en femmes dans un bus se dirigeant vers la frontière saoudienne, a-t-on appris auprès d'un responsable local et d'une source de sécurité.

Des soldats ont trouvé une ceinture explosive et des armes à bord d'un bus dans lequel voyageaient six hommes et qu'ils avaient stoppé à un point de contrôle à Harad (nord-ouest), ville située à 15 km de la frontière saoudienne, selon la source de sécurité. Un des suspects a tiré sur un soldat monté à bord pour inspecter le bus et le soldat a été blessé, provoquant des tirs des soldats qui se trouvaient au point de contrôle, a pour sa part indiqué un responsable local. Il a affirmé que cinq des suspects avaient été tués tandis que le sixième et le chauffeur avaient été blessés et arrêtés.

Selon lui, les six suspects étaient vêtus de longues tuniques noires, le visage couvert d'un niqab, à la manière d'une bonne partie des femmes yéménites. Selon la source des services de sécurité, deux Saoudiens figurent parmi les suspects tués. Les forces de sécurité yéménites mènent rarement des inspections sur des véhicules transportant des femmes dans ce pays conservateur à forte structure tribale.

Le chauffeur et le suspect blessés sont actuellement interrogés, a affirmé la source de la sécurité, précisant que l'enquête préliminaire avait révélé que les hommes, suspectés d'appartenir à Al-Qaïda, se dirigeaient vers le nord en direction de la frontière saoudienne.

En juillet, six Saoudiens recherchés membres d'Al-Qaïda avaient attaqué un poste-frontière entre le Yémen et l'Arabie, tuant des membres des forces de sécurité des deux côtés.

La frontière, longue de 1.800 km, que les autorités saoudiennes tentent de sécuriser en érigeant un mur de trois mètres de haut, est généralement traversée par des contrebandiers mais aussi des islamistes voulant rejoindre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), une fusion des branches saoudienne et yéménite d'Al-Qaïda née en 2009 après la répression implacable visant l'organisation extrémiste en Arabie, où des milliers de suspects ont été arrêtés après la vague d'attentats qui a ensanglanté le royaume entre 2003 et 2006.

Aqpa a profité de l'affaiblissement du pouvoir central au Yémen à partir 2011 pour y renforcer sa présence. Malgré les opérations de l'armée yéménite et les raids de drones américains, Aqpa reste capable de mener des attaques spectaculaires.

En plus des forces yéménites, Al-Qaïda combat les miliciens chiites, dits houthis, qui se sont emparés de plusieurs secteurs dans l'ouest et le centre du Yémen après avoir pris le contrôle de la capitale Sanaa le 21 septembre.

Les houthis se heurtent également au parti sunnite Al-Islah, leur principal rival. Selon des sources tribales, des heurts ont éclaté vendredi entre des miliciens chiites et des tribus partisanes d'Al-Islah à Arhab, au nord de Sanaa et à proximité de l'aéroport international. Les tribus ont indiqué que dix de leurs combattants avaient été blessés. Les houthis ont annoncé la mort de plusieurs d'entre eux, sans donner de bilan précis.

AFP

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