Effacement de dettes des pays africains : l'autre décision insensée de Bouteflika

L’ampleur de cette « affaire » est de loin supérieure à celle du détournement des reliquats des ambassades et des consulats algériens, qui s’élevaient à des dizaines de millions et non pas à des centaines de millions de dollars américains, comme dans le cas des créances en question.

En effet, sans, comme l’exige la loi, consulter préalablement l’Assemblée populaire nationale, dont l’une des missions majeures est de veiller à la bonne gestion des finances publiques, Abdelaziz Bouteflika, sans doute sur la base de dossiers et rapports complaisants émanant des ministères des affaires étrangères et des finances, avait décidé, à partir de 2010, d’effacer ces créances, évaluées à plus de 900 millions de dollars américains, pour 14 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Congo-Brazzaville, Ethiopie, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Seychelles et Tanzanie ) et à plus de 500 millions de dollars américains, pour deux pays arabes (Irak et Yémen).

Dans l’exposé des motifs présenté par le porte-parole du MAE sur cette question, ce dernier a indiqué que cette décision, qui a été sévèrement critiquée par l’opposition politique et la société civile algériennes, a été prise « en signe d’entraide, dans le cadre de la solidarité africaine et arabe et illustre la volonté politique du gouvernement algérien d’assumer pleinement ses engagements en faveur de la promotion économique et sociale du continent africain ».

Certains experts, comme le professeur Mouhoubi, ont estimé que cette décision était « opaque et précipitée » car elle n’avait pas tenu compte des avis motivés des institutions algériennes compétentes, directement concernées par la gestion des créances de notre pays sur des pays étrangers et qu’elle constituait un exemple d’improvisation dangereuse, prise par le président Bouteflika, qui dirige le pays par pulsions autocratiques et humeurs personnelles, aux conséquences souvent désastreuses.

Au lieu donc d’annuler ces créances « douteuses » ou « pourries », il aurait mieux fallu réduire à zéro leurs taux d’intérêts ou les convertir en investissements directs dans les pays arabes et africains, qui ont bénéficié de cet effacement et dont la majorité offre de bonnes perspectives économiques ou commerciales et d’excellentes opportunités d’investissement, dont plusieurs pays étrangers profitent déjà.

Ainsi, contrairement à ses illustres prédécesseurs, qu’il a qualifiés, à maintes reprises, de tous les noms d’oiseaux, à l’exception de son « grand frère Ahmed Ben Bella », que son âme repose en paix, Bouteflika est aujourd’hui plus que jamais isolé et achève son lourd règne, gros de tous les risques pour la cohésion, la stabilité, la sécurité et l’unité nationales, avec le triste et infamant titre de « plus mauvais président de la République algérienne démocratique et populaire ».

En prenant cette décision irrationnelle en faveur de pays, dont certains sont hélas connus pour leur hostilité traditionnelle envers notre pays, au détriment manifeste des intérêts stratégiques de notre pays, Bouteflika, obsédé par son image extérieure et qui a une image exécrable chez le peuple algérien, qu’il méprise et humilie constamment par avec ses déclarations blessantes et ses violations répétées de la Constitution, cherche-t-il à redorer son blason terni par les abus, les méfaits et les forfaits commis par les prédateurs cupides et obstinés du clan présidentiel ?

Si tel est son calcul, il se trompe lourdement car ni ces pays, en particulier ni la communauté internationale, en général, ne lui seront d’un quelconque secours lorsque son bilan, par ailleurs globalement négatif, sera examiné par des institutions de la République et des représentants légitimes du peuple algérien.

Rabah Toubal

6 réflexions au sujet de “Effacement de dettes des pays africains : l'autre décision insensée de Bouteflika”

  1. Erreur Monsieur Toubal, le clan du président s'est certainement sucré dans l'affaire, effacé les dettes pour obtenir des contres parties qui rentrent dans le giron du clan échappant à l'état algérien, une autre façon très douce de détourné les deniers publique :

    Article du journaliste Ali Titouche, paru dans le journal El Watan du 31 – 07 – 2012

    l'ardoise est de 3 milliards de dollars : l'Algérie efface la dette de dix pays africains

    Le président de la République vient d'adresser des télégrammes aux ambassadeurs en poste dans les pays africains, les informant de la décision de l'Algérie d'annuler les dettes qu'elle détient sur quelques Etats du continent noir.
    Une source diplomatique nous a précisé que les montants concernés par cette décision avoisinent les 3 milliards de dollars, selon nos sources.Le Trésor public est sollicité ainsi à nouveau pour donner une suite technique à cette décision politique pour le moins surprenante. Le Trésor public procéderait, comme à l'accoutumée, à la transformation des créances en question en vue de leur abandon en déclarant ces dettes détenues sur les pays concernés définitivement insolvables. Cependant, plusieurs maillons manquent à la chaîne reliant la décision à sa concrétisation technique : absence de concertation sur les tenants et les aboutissants d'un tel acte et défaut de débat au niveau de l'APN, une institution censée représenter le peuple.
    S'il est vrai que l'Etat a eu déjà, par le passé, à se livrer à de telles pratiques, le secret demeure néanmoins entier sur le devenir de certaines contreparties dont a bénéficié l'Algérie en échange d'une opération d'abandon et/ou de transformation d'une dette. C'est le cas d'une forêt héritée par l'Algérie au Mozambique suite à une action d'effacement d'une dette détenue sur ce pays. L'Algérie, qui devait exploiter cette forêt en échange de l'abandon des créances, n'a pas estimé la mesure opportune et le mystère demeure entier sur cette forêt mozambicaine. Quelquefois, des décisions d'effacement de dettes s'accompagnent de concessions faites de bon gré au pays créanciers.
    L'Algérie a bénéficié également par le passé, à titre d'exemple, d'un permis d'exploitation dans le domaine de la pêche sur les côtes mauritaniennes en échange de l'abandon d'une créance, mais n'a jamais officiellement mis à exécution ce permis d'exploitation, du moins dans ses rapports d'Etat à Etat. Mais il est tout de même difficile de vérifier, auprès des diplomates auxquels nous nous sommes adressés, si les concessions en question ont été exploitées par des privés au nom de l'Etat algérien car il existe, par moment, dans ce genre de pratiques, ce qu'on appelle dans le jargon diplomatique «les opérations triangulaires» qui consistent à faire bénéficier plusieurs parties de cet acte d'effacement de dette d'un pays par un autre Etat. C'est comme lorsqu'on rembourse une dette par le moyen d'une marchandise compensatoire. Les diplomates que nous avons interrogés se sont contentés de nous révéler ces quelques ficelles. Il y en a certainement d'autres.

  2. Ces 5 milliards de Dollars n'ont ils pas pris d'autres chemine de détournement, alors que tout le monde croit etre une dette des africains effacé par Fakhamatouhou.
    Soyons sérieux, comment effacer ce qui n'a aucune trace d'écritures comptables, et comment effacer ce qui n'a jamais été prété aux africains?
    Le ministére des finances pourra mieux éclairer nos lanternes, en tout cas c'est faux et jamais l'algérie n'a enregisté ce qui a été préter par la caisse noir de la présidence, et cela depuis Larbi Belkheir, allons ne soyons pas dupes c'est de la désinformation pour camoufler un gros trou dans les finances de la république;
    Finalement le "Triangle des bermudes" s'est localisé à Al Mouradia, comprendra qui voudra, cette opération contre le maroc a été une tentative vaine d'acheter certains chefs d'état africains, et point final.

  3. AU meme moment, les anegeriens depuis les infirmiers, aux doctors, profs, et autres font du benevolat…

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