L’espoir d’être un autre !

« Que dit ta conscience ? Tu dois devenir celui que tu es », Nietzsche.

Ils sont nombreux à vouloir quitter le pays, tous les moyens sont utiles pour s’enfuir ! Ils sont nombreux les jeunes qui prennent le risque de traverser la Méditerranée ? Mais à quel prix ?

Pourquoi en sommes-nous arrivés-là ? Pourquoi nous n’avons pas construit un idéal pour y vivre dans notre pays ? Et pourtant notre pays est riche en potentialités : humaines et matériels ? Le pourquoi du comment a été discuté à satiété : rabâché, reformulé, rediscuté, remis sur la place publique, mais les problèmes restent toujours les mêmes, «le pouvoir» préfère le statu quo et le citoyen reste toujours à sa faim. Les années passent et l’idéal d’aller ailleurs se renforce ! Quelques témoignages, qui nous parviennent dans les réseaux sociaux et dans notre entourage proche, le confirment. Le cas d’un jeune adulte, qui témoigne que l’idée de quitter le pays lui a traversé l’esprit à plusieurs moments de sa vie, mais d’un côté il résiste et de l’autre, il culpabilise de ne pas être parti à temps ! Il écrit que sa vie est suspendue entre le désir paradoxal : être soi ou être un autre ? Il a du mal à accepter ses conditions de vie : l’anarchie, la corruption, «le piston» auxquels il est confronté dans sa vie de tous les jours. Sans oublier les restrictions traditionnelles, y compris les us et coutume. Il se retrouve exilé dans son propre « chez soi », l’idéal d’être « un autre » est devenu pour lui une nécessité et une sorte d’hygiène mentale ! C’est antinomique, le «chez soi» qui devient « l’autre » ! C’est-à-dire, l’évolution intérieure, le cheminement intérieur, éloigne l’individu de sa société, qui évolue sur un autre rythme que lui ! C’est le cas d’une partie de notre société, où des enfants ont été élevés dans des schémas de vie moderne, mais qui se retrouvent, étant jeunes adultes, dans une société qui ne suit pas leur évolution. Ils s’intègrent facilement dans les sociétés dites « occidentales » que dans leur propre environnement social.

Certains ont fait le choix de partir tôt, d’autres attendent, espèrent et par la suite se retrouvent avec des engagements qui les ramènent vers la réalité et vers leur fonction sociale. Ils regagnent des rôles où ils ne sont plus acteurs de leur vie, mais ils suivent les mouvements dominants. Se réaliser »soi-même » (vivre pour soi) est écarté pour y céder la place à vivre « pour l’autre ».

C’est courageux, pour un individu ou un citoyen, dans notre société de mener une vie comme il le souhaite, et en particulier quand cet idéal de vie n’est pas partagé par la majore partie de la société. L’idéal à construire : c’est de donner espoir, d’exister et d’être respecté, avec ses différences, dans notre société. Que la liberté ne soit pas un vain mot, creux par de beaux discours. Que la liberté ne soit pas réduite à la limite de la liberté de l’autre ! Que la liberté ne soit pas jugée par la morale religieuse ! Que la liberté soit libératrice de nos peurs, de nos craintes, de nos idées dogmatiques ! Que notre liberté devienne une force vive de création, de novation et de rénovation et pas celle de glorification de notre passé glorieux. C’est à cette liberté que nous aspirons et pas une liberté réfléchie, mesurée et modelée par «d’autres», qui sont en panne d’imagination pour construire un projet de société, qui se respecte.

Yazid Haddar

5 commentaires

  1. Vous repondez a votrequestion le zami: " et pourtant le pays est riche en potentialités "

    Par potentiel, il faut bien comprendre, autre chose que ce qu'y est c.a.d. la realite'. qui revient a dire "refuser ce qu'on est."

    Quand a la raison, il y a bien lieu dire qu'il s'agit de la fuite des responsabilite's. A un certain moment, les gens finissent par decouvrir qu'ils ne sont pas ne's de desirs, c.a.d. qu'ils n'ont jamais fait object d'une volonte', mais fruit d'une astuce dite "marriage" pour satisfaire un desir sexuel ou pire, pour pour remedier a une insuffisance materielle…. C'est les coups sous la ceinture du regime algerien – les consequence de la dictature…

  2. Tous les jeunes conscients de notre pays finiront par se sauver si on ne les sauve pas . Il faut les sortir de l'aliénation mentale et du matraquage idéologique qu'on leur fait subir , du panurgisme ambiant qui inhibe leur volonté et leur besoin de s'éclater comme tous les jeunes du monde entier. "Il faut que jeunesse se fasse" comme on dit par ailleurs. Ils se doivent de briser les tabous et remettre en cause tous les cadres traditionnels dans lesquels les gérontocrates de ce pays veulent les emprisonner. Des péres goriots hypocrites qui ont vécu leur jeunesse à pleins tubes et qui aujourdhui , au crépuscule de leur vie veulent donner aux jeunes des leçons de touba et d'accomplissement religieux . Des péres goriots rongés par les rhumatismes et les hémorroides qui ont dèjà reservé leur billet pour l'au-delà et qui , aujourdhui veulent se laver les os en condamnant notre jeunesse à l'immobilisme et à la stagnation. Il faut que les jeunes se reconstruisent leur moi et se libérer de l'inconscient collectif qui les tiraillent entre deux mondes différents. C'est dans ces tiraillements de l'esprit justement que la folie risque de prendre le dessus.Il faut que les jeunes luttent pour reconquérir leur liberté confisquée , leur libre-arbitre et leur autonomie de jugement qui les sauveront des carcans religieux et idéologiques que le système conservateur a posé sur leurs épaules.

  3. Ce pouvoir corrompu est comme la peste, il fera fuire tous les algeriens, en age de traverser la méditéranée, méme a la nage, et comme disent les jeunes; "le dernier fermera la porte" Dieu, qu' a t'on fait, pour mériter un tel régime, combien de jeunes diplomés, va t'on encore perdre, pour voir le bout du tunnel et assister a un changement démocratique, a la transparence dans la gestion des institutions, a l' indépendance de la justice, a un developpement juste et durable de notre économie.

  4. "Est ce que la poule pond l'oeuf ou l'oeuf qui donna naissance à la poule", voilà en résumé le message de votre article, non, alors sortez des généralités et des "déja dits" svp, allez y plongez plus profodemment dans cette tragique désincarnation de l'idéal ou de l'identitaire des algériens et algériennes.
    C'est refaire l'histoire de 1962 à ce jour, sans complaisance et laissez la sentance au tribunal du peuple, mais là aussi:L'Algérie semble contenir Trois peuples-générations différents, alors refaite nous un autre article en trois ou quatre épisodes, cela vaut la peine.

  5. Les jeunes ont subit un matraquage nationaliste on les formatent pour qu ils deviennent des numéros c.a.d des maillons dans le système politico-social.Ils doivent se libérer de cette programation qui recoivent a l'ecole d abord: où on on leur enseigne a militer au lieu de leur enseigner a exister pour eux mêmes.
    Ils doivent exister en tant d qu etre humain telle est leur nature.
    Si on n 'aime pas soit même on ne peut pas aimer les autres donc on ne peut non plus aimer son pays .

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