Les socialistes français et Gaza : silence complice sur le carnage

François hollande et Benyamin Netanyahou.
François hollande et Benyamin Netanyahou.

De tout temps, en effet, les socialistes français ont toujours fait montre d’une sympathie manifeste et d’un soutien politique et moral sans faille à Israël avec lequel ils partagent les mêmes affinités idéologiques.

Par Ahmed Rouadjia (*)

Cette déclaration a été faite par le président français le 9 juillet après la rencontre qu’il a eu avec le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou. Dans ce même communiqué de presse, il a été nettement affirmé qu’«Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces», ce qui constitue en fait un soutien à la poursuite des bombardements de Gaza dont les habitants seraient «les agresseurs», et les Israéliens «les victimes».

Le président français n’a eu donc d’émoi et de compassion que pour les israéliens, et c’est pourquoi il s’est gardé de faire la moindre allusion aux centaines de victimes palestiniennes. Par ses déclarations partiales, le président François Hollande n’a fait en fait que cautionner sciemment les raids meurtriers lancés par Israël sur Gaza et qui tuent par chapelets des civils, femmes, enfants et vieillards sans défense.

Hollande et Netanyahou : même combat

Les têtes fracassées de bébés, d’enfants, et de femmes par les bombes israéliennes, les corps déchiquetés par les obus et éparpillés en lambeaux et que les télévisions du monde entier exhibent, sans parler des destructions des maisons, des écoles et des hôpitaux, destructions provoquées par les bombes guidées au laser de l'aviation israélienne, voilà qui ne suscite le moindre émoi ou frisson d’horreur chez cet homme qui se recommande pourtant des valeurs socialistes, républicaines et démocratiques ! Dire que Hollande et Netanyahou sont en totale phase, qu’ils mènent le même combat, et qu’ils visent les mêmes objectifs, ceux d’écraser Gaza, ne relève pas d’une métaphore, mais d’une réalité qu’attestent et le nombre des victimes et l’ampleur des destructions infligées à l’infrastructure économique et sociale de Gaza.

D’après le décompte fait par les diverses sources, le bilan des bombardements commencés le 8 juillet est lourd : il y aurait plus de 600 personnes tuées en majorité des enfants et des femmes, et plus de 700 personnes blessées. Le nombre de raids lancés sur l’enclave palestinienne aurait dépassé 1000. D’après l’ONU, les civils représentent plus des trois- quarts des victimes de l’offensive israélienne sur Gaza.

Au - delà de ces décomptes macabres, il y a la position des socialistes vis-à-vis des Arabes et des musulmans en général et des palestiniens en particulier. Or cette position s’avère à l’examen des faits historiques très négatif. Vis-à-vis de l’islam et des «Arabes», les socialistes français éprouvent traditionnellement une grande répugnance liée pour partie à leur préjugé laïque qui ne voit dans l’islam, à la manière d’Ernest Renan, que «fanatisme» et «intolérance», et pour partie à leur penchant naturel pour la colonisation des peuples «arriérés». Un regard rétrospectif sur ce socialisme qui n’a de cesse, depuis Jaurès, de préconiser tantôt explicitement, tantôt implicitement un «colonialisme à visage humain», nous permet de comprendre les raisons pour lesquelles les socialistes français éprouvent une grande empathie envers les sionistes en face desquels les musulmans, les Arabes, apparaissent à leurs yeux comme un véritable repoussoir.

Les raisons historiques de l’ancrage sioniste des socialistes français

La SFIO dont est sorti le PS[1], en 1971, avait toujours eu des liens étroits avec les divers partis et personnalités politiques israéliennes (Haïm Weizmann, Golda Meir…). Durant les années 30, le socialiste Léon Blum qui sera élu le 3 mai 1936 président du Front Populaire, à l’issu du second tour des élections législatives, avait été sollicité par Haïm Weizmann, idéologue et concepteur du projet sioniste en Palestine, d’apporter sa contribution à la colonisation de celle-ci durant le mandat britannique, et Blum, sans rechigner accepta de s’y impliquer. Après la seconde Guerre Mondiale, la SFIO continua à soutenir le mouvement de colonisation de la Palestine tout en travaillant pour le maintien de l’empire colonial français, notamment en Algérie.

Lors du partage de la Palestine en deux «foyers», décidé par l’ONU le 29 novembre 1947, partage approuvé par la France et les grandes puissances, URSS y compris, la France était alors dirigée par un président socialiste, nommé Vincent Auriol. Au lendemain de la proclamation de la naissance de «l’Etat d’Israël», le 15 mai 1948, l’organe de la SFIO, Le Populaire, salue cet acte fondateur comme une revanche contre l’Histoire en écrivant : «Le monde a trop à se faire pardonner à leur égard pour disputer aux juifs le droit de se grouper et de vivre selon leurs traditions et la possibilité de ne plus se sentir une minorité chez les autres. Ce droit et cette possibilité, la Société des Nations les leur avait reconnus. Ils l'ont, depuis, mérité par l'extraordinaire effort qui les a conduits à une victoire à la fois sur eux-mêmes et sur une nature hostile. La collectivité juive de Palestine était un fait. Elle entre, depuis cette nuit, dans la réalité juridique. De l'Europe où ils sont encore maintenus dans des camps, des milliers de juifs vont maintenant se diriger vers leurs camarades qui les accueilleront à bras ouverts. Ce nouvel Etat, nous lui souhaitons bonne chance. Car nous savons qu'il est essentiellement démocratique et que le socialisme y a implanté des racines solides. Ce n'est d'ailleurs que dans la mesure où il persévérera dans la voie du socialisme qu'il pourra se consolider. La plupart des postes-clés du gouvernement provisoire sont tenus par des ouvriers, des socialistes membres de notre internationale. Le monde doit accueillir l'Etat d'Israël par le souhait même qui est le "bonjour" des juifs palestiniens : «Que la paix soit avec toi».[2]

Cette occupation de la Palestine par les Juifs venus d’Europe s’est traduite par le massacre de plusieurs centaines de morts (15 000 environ) perpétrés par les groupes terroristes sionistes, comme l’Irgoun, de son nom complet (Irgoun Tsvaï Léoumi- Organisation Militaire Nationale, surnommé Etzel) qui sera dirigée à partir de février 1944 par Menahem Begin. Cette organisation clandestine qui opérait en Palestine mandataire entre 1930 et 1949, avait provoqué par la terreur et la politique de la terre brûlée l’exil de plusieurs millions de palestiniens vers les pays arabes, et les habitants actuels de Gaza, entre autres, sont les enfants et les arrières petits enfants des exilés et des déportés des années 30 et 40.

Lorsque éclata, à la surprise quasi-générale, la guerre d’indépendance le 1er Novembre 1954, celui qui fut le ministre de l’Intérieur n’était rien d’autre que le socialiste François Mitterrand. Douze jours après le déclenchement de la Révolution, celui-ci déclara : "L'Algérie, c'est la France... Des Flandres jusqu'au Congo, s'il y a quelque différence dans l'application de nos lois, partout la loi s'impose et cette loi est la loi française"[3]. Puis il ajouta : «… Et qui d’entre vous hésiterait à employer tous les moyens pour préserver la France ? Il y a une grande différence entre la Tunisie et le Maroc, d’une part,, et, d’autre part, l’Algérie, qui fait partie de la République[…] Le peuple algérien [est] partie intégrante du peuple français[…] Ceux qui veulent [l’en] dissocier seront partout combattus et châtiés»[4]. Quant au Président du Conseil, qui était alors Pierre Mendès France, il qualifia l’acte révolutionnaire inauguré par le FLN comme un attentant visant l’«intégrité de la République», principe sur lequel il n’entendit pas transiger : «Il n’y aura aucun ménagement, déclarait-il, aucun compromis avec la sédition […]. Il s’agit de défendre l’intégrité de la République. Les départements d’Algérie font partie de la République […]. Jamais la France, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental…»[5]

Deux années plus tard, c’est à un autre socialiste, Guy Mollet[6], que revient la présidence du Conseil, et le 6 février 1956, il est en visite à Alger où il s’est vite rendu compte de l’ampleur de la contestation des Européens d’Algérie, et de la marche irrésistible de la Révolution dont les instigateurs n’entendaient pas déposer les armes, mais de les affûter de manière à en finir avec l’ordre colonialiste et oppresseur. Durant la seconde quinzaine de février 1956, Guy Mollet entreprend des concertations et des conciliabules avec les Britanniques et les Israéliens en vue de préparer un débarquement en Egypte avec pour objectif de s’emparer du canal de Suez, et de renverser Nasser, coupable à leurs yeux de soutenir le FLN dont le Caire était devenu la plaque tournante et le lieu de ralliement des membres du GPRA.

C’est dans ce contexte que l’agression tripartie se produisit. Lancée courant octobre-novembre 1956, soit 8 mois après que les socialistes et les communistes avaient voté «les pouvoirs spéciaux», le 12 mars 1956, elle s’assigna pour objectif essentiel, le durcissement de la répression, à travers notamment l’usage autorisé de la torture destinée à dompter la résistance algérienne. Ce même gouvernement Guy Mollet avait permet à Israël de se doter de l’arme nucléaire, puisque grâce à l’aide de la France que l’Etat israélien avait pu construire le réacteur nucléaire situé à Daymona, dans le Désert du Néguev. Et c’est la France aussi, qui avait utilisé le Sahara algérien comme banc d’essai pour tester ses capacités technologiques en faisant exploser, le 13 février 1960, sa première bombe atomique, baptisée Gerboise bleue, dans le ciel de Reggane.[7]

De Guy Mollet à François Hollande, la France demeure fidèle à l’allié israélien

Si les socialistes ont toujours, depuis la création en 1905, de la SFIO (Section française de l’internationale ouvrière) qui fut la synthèse des différents courants du socialisme français (guesdistes, blanquistes, réformistes...), soutenu plus ou moins l’idéologie sioniste encore diffuse en Europe, c’est surtout à partir de la fin des années 30 que ce soutien à la cause de la colonisation juive en Palestine se manifeste nettement avant d’ aboutir, au début des années 50, a un soutien franchement politique et moral à l’idéologie du sionisme telle qu’elle fut popularisée par les pionniers du sionisme.[8]

Mais c’est surtout depuis Guy Mollet, que les dirigeants socialistes n’ont cessé de soutenir de manière inconditionnelle Israël, et ceci «à travers les liens noués avec le Mapaï (l’ancêtre d’Avoda, le Parti travailliste actuel) et lors d’événements marquants (l’expédition de Suez en 1956). Jusque dans les années 80, une doxa socialiste a présenté Israël comme un Etat socialisant, démocratique et sa politique a fait l’objet d’un consensus indiscuté, y compris lors de la guerre des Six-Jours en 1967. Un philo-sionisme de sens commun a longtemps régné au sein du PS. Israël, après la Shoah, y était perçu comme la réponse légitime à l’antisémitisme, un prolongement du combat antifasciste. Son aventure pionnière en Palestine était donc aussi nécessaire que sympathique. Dans ce panorama socialiste, les Palestiniens, inconnus, sans représentants, ni entité nationale, étaient des êtres invisibles. Dans le contexte de la Guerre froide, Israël était regardé comme un îlot «occidental» dans un monde arabe tourné vers l’URSS.

«François Mitterrand perpétua le mythe du «socialisme des kibboutzim», alors qu’Israël dirigé par le Likoud leur avait tournés le dos. Mitterrand se déclara toutefois partisan d’un Etat palestinien à la Knesset en 1981 et établit des liens avec le Fatah de Yasser Arafat. A partir des années 80, avec la guerre du Liban (massacres de Palestiniens dans les camps de Sabra et de Chatila en 1982 par des milices libanaises avec la bénédiction d’Israël), les esprits commencèrent à évoluer. Des jeunes générations de militants issues de la guerre d’Algérie, de Mai 68 et, plus récemment, celles attachées aux droits des peuples, commencèrent à s’intéresser à la question palestinienne. A partir du déclenchement de l’Intifada et de la médiatisation du conflit (télévision, internet), la base socialiste se démarqua de plus en plus de la position a-critique de la direction du parti.»[9]

Quant le prétendu terrorisme de Hamas autorise amalgame, justification et fausse comparaison…

Nos socialistes français, dirigeants et simples militants confondus, sur lesquels s’exercent en effet le magistère des idéologues attitrés du sionisme au sein du PS, versent souvent dans le réductionnisme, l’amalgame et dans les jugements à l’emporte-pièce lorsqu’il s’agit de la Palestine et de la résistance incarnée par le mouvement Hamas à Gaza. Pour eux, ce mouvement acculé à la résistance tant par instinct de survie que par une volonté farouche de s’opposer à la domination d’une puissance exogène imposée du dehors, n’est rien de moins qu’une «organisation terroriste» dont la raison d’être menacerait «la sécurité d’Israël», dont le caractère socialiste, démocratique et «judéo-chrétien» en appelle à la solidarité de tous. Outre l’amalgame auquel ils recourent en de telles circonstances, joint à la partialité dans l’appréciation des situations et à la mauvaise foi dont ils font preuve sans le moindre scrupule, «Les dirigeants du PS» n’hésitent jamais à faire appel à des points de comparaison absolument inappropriés en établissant «une symétrie entre les tirs de roquettes de Hamas et l’usage de l’arsenal militaire le plus sophistiqué par l’une des armées les plus puissantes du monde. En renvoyant dos à dos les deux parties, les dirigeants socialistes évitent de trancher la question». Il est par ailleurs scandaleux d’entendre de la bouche des dirigeants socialistes, comme Jospin, Hollande et consorts l’expression de «Sécurité d’Israël», «qui sous-entend que les Palestiniens vivent en sécurité. Il n’en est évidemment rien (liberté de mouvement restreinte, déplacement de populations, destruction des maisons et des champs, confiscation de terres, blocus de Gaza, liquidation physique des élites palestiniennes potentielles, prise en otage de 11000 Palestiniens qui croupissent sans jugement dans les prisons israéliennes). Etant donné que l’insécurité affecte surtout les Palestiniens, il serait plus juste de revendiquer la «sécurité pour tous».[10]

Comme l’écrit à juste titre Denis Sieffert de la revue Politis, le système sémantique des socialistes «s’articule sur une série d’interdits. Ce n’est pas un conflit «colonial». À Gaza, il n’y a pas de «blocus». Et, en face, ce sont des «terroristes». L’attachement que les socialistes éprouvent à l’égard d’Israël les rend aveugles et insensibles à la souffrance des autres, à celle des «indigènes» d’aujourd’hui :les palestiniens. L’émoi que suscite chez eux les roquettes lancées par le Hamas sur Israël les fait «trébucher» sur les mots au point de commettre des «bourdes»[11]. C’est que la passion «amoureuse» pour Israël, et les émotions bibliques qu’il éveille chez les socialistes, les empêchent souvent d’appréhender les choses avec l’impartialité que requiert la probité intellectuelle. En l’occurrence, et s’agissant de la position de François Hollande vis-à-vis de Gaza écrasé par les bombes, elle trahit sans équivoque une stigmatisation de la victime agressée-Gaza- et un parti pris en faveur de l’agresseur-Israël. En dépit des ressources sémantiques que lui offre la langue, Hollande n’a pas su pourtant en faire bon usage au sens «diplomatique». Dit autrement : «Le langage diplomatique est pourtant assez riche en litotes et autres circonlocutions pour qu’un homme politique d’expérience ne trébuche pas sur un dossier aussi ancien – hélas – que le conflit israélo-palestinien. Trébucher, c’est pourtant ce qui est arrivé, le 9 juillet, à François Hollande. Au soir des premiers bombardements sur Gaza, il a cru devoir assurer de sa «solidarité» le Premier ministre israélien, sans un mot pour les civils palestiniens morts le jour même. Faut-il que le sujet soit chez lui passionnel pour qu’il en oublie ainsi «la position traditionnelle de la France» et les obligations de sa fonction ? Le trouble a été perceptible une seconde fois, lundi, lorsque le journaliste Gilles Bouleau, préposé à l’interview du 14 Juillet, l’a interrogé sur ce qu’il faut bien appeler une énorme bourde. «Ce que j’ai dit…», a répondu François Hollande, c’est qu’Israël «a droit à sa sécurité» et que, «en même temps», il doit faire preuve «de retenue et de réserve».[12]

Il ne s’agit pas ici d’une palinodie de la part de Hollande, mais seulement d’une rectification mineur, d’ordre tactique, d’un jugement qui demeure largement favorable à la «la sécurité d’Israël». Comment expliquer encore cet attachement quasi viscéral de Hollande vis-à-vis d’Israël, sinon par l’idée qu’il s’en fait de la colonisation comme facteur de «progrès» et de «civilisation» pour des peuples restés (comme l’Algérie, la Palestine…) à l’état «primitif» ? Or, pour lui, comme pour tous ses pairs, François Hollande voit en Israël le modèle d’un Etat «civilisé» et «civilisateur» à l’image de la France naguère «civilisatrice des sauvages» des contrées d’Afrique, d’Asie et d’Océanie…

«Car, sur le fond, François Hollande est l’héritier de la vieille tradition coloniale SFIO. Pas plus que Guy Mollet pendant la bataille d’Alger, il ne semble percevoir le caractère colonial du conflit. C’est pour lui une histoire de démocratie aux prises avec des «terroristes», nés terroristes, et qui le demeurent de pères en fils. Cette représentation d’un peuple sans histoire, qui vivrait à Gaza dans l’abondance, mais qui aurait la sale manie d’envoyer des roquettes sur le voisin, n’est-elle pas précisément le produit de ce qu’on appelle l’inconscient colonial ? En attendant, François Hollande a plongé dans l’embarras le Quai d’Orsay. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois. On se souvient de sa visite en Israël, en novembre dernier, et de la fameuse vidéo dans laquelle on le voyait déclarer «son amour», non seulement pour Israël – et pourquoi pas ? – mais aussi pour ses «dirigeants». On se souvient encore de ses atermoiements lorsqu’il s’est agi d’accorder à la Palestine le statut d’observateur à l’ONU, en novembre 2012. C’est Laurent Fabius qui avait finalement imposé le vote positif de la France.»[13]

Certes, les Etats-Unis font mieux et vont encore plus loin que la France, dans leur soutien inconditionnel, sans bornes, à Israël, considéré comme leur «ami stratégique». La dernière preuve administrée en est la déclaration de la porte-parole de La Maison Blanche, Jennifer Psaki, disant que nul pays au monde : «ne peut accepter de rester les bras croisés lorsque des roquettes lancées par une organisation terroriste tombent sur son territoire et touchent des civils innocents». Cette déclaration a été faite au moment même où une trentaine de palestiniens venaient d’être tuer à Gaza par les bombardements israéliens, et pas une seule victime côté israélien. Ironie du sort, les journaux anglo-saxon rapportent que le Département D’Etat américain va jusqu’à accuser Hamas d’être responsable de la tuerie des enfants à Gaza ! [US State Department blames Hamas for Israel’s murder of Gaza children]. Mais l’alignement traditionnel et sans condition des USA sur la politique extrémiste d’Israël doit-il justifier celui de la France dont les positions traditionnelles sur le conflit israélo –palestinien ont toujours été, du moins au plan de la forme, relativement «équilibrées» ?

Ce qui est sûr, c’est que «la vieille garde» du PS dont François Hollande représente un échantillon représentatif, n’est guère prête à se départir de ses sentiments d’amitié envers Israël. Quitte à aliéner l’indépendance politique relative de la France, notamment vis-à-vis des Etats-Unis, politique que le général de Gaulle avait inauguré en son temps, les socialistes d’aujourd’hui se montrent plus que jamais disposés à se plier à la volonté israélienne qui ne tolère ni contradictions ni contradicteurs, en particulier lorsqu’il s’agit de tuer le maximum de palestiniens et de pratiquer la politique de la terre brûlée. En effet, beaucoup d’observateurs et d’analystes honnêtes de l’Hexagone n’ont pas manqué de relever les partis pris des socialistes en faveur d’Israël et en même temps un déni de justice flagrant à l’égard du peuple palestinien dont toute résistance à l’occupation sioniste est stigmatisée comme un acte attentatoire à «la sécurité d’Israël».

A.R.

(*) Université de Msila

Prochain article :

Quand François Hollande réédite les errements politiques de Guy Mollet

Renvois

[1] Le Parti Socialiste français est né lors du Congrès d’Epinay de juin 1971 ; il succède à partir de cette date à la défunte SFIO. «A Epinay, écrivait Portelli, c’est un parti qui a été bâti autour de François Mitterrand…» et dont les orientations «socialistes» allaient séduire plus que jamais un corps électoral favorable à Israël et dont l’expérience kibboutzienne trouvera en la personne de Mitterrand un de ses meilleurs chantres. Cf. Hugues Portelli, L’Internationale socialiste (dir.), publié avec le concours de l’université de Paris X- Nanterre, Paris , les éditions ouvrières, 1983.

[2] Cité par Dalloz, Jacques, La création de l'Etat d'Israël, Paris, La Documentation française, 1993.

[3] In l’Echo d’Alger, 12 novembre 1954

[4] Cité par Jean Lacouture, Mitterrand. Une histoire de français. Les risques de l’escalade, tome 1, Paris, Seuil, coll. Points, 1998, p.185

[5] Cité par Jean Lacouture, ibid.

[6] En janvier 1956, il était déjà secrétaire de la SFIO.

[7] Essai qui sera suivi par l’explosion de quatre bombes aériennes entre 1960 et 1961, à quelque 40 kilomètres d’ In-Ekker où il eut lieu, le 7 novembre 1961, le premier essai souterrain, baptisé «Agathe». Le second essai, baptisé «Béryl», eut lieu le 1er mai 1962, et le dernier, se produisit quatre ans après l’indépendance de l’Algérie, le 16 février 1966.

[8] Lire Jacques Derogy et Hesi Carmel, Le Siècle d’Israël. Les secrets d’une épopée, 1995-1995, Paris, Fayard, 1994 ; Alain Dieckhoff, L’invention d’une nation. Israël et la modernité politique, Paris, Gallimard, 1993.

[9] Philippe Marlière «Parti socialiste : l’impossible critique d’Israël»

[10] Philippe Marlière, op.cit.

[11] Voir Denis Sieffert «La bourde de Hollande», Politis, 19 juillet 2014

[12] Denis Sieffert, ibid.

[13] Denis Sieffert, op.cit.

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rabah Benali

@ Mr A. R. de l'Université de Msila.

Totalement de votre avis. Les socialistes francais sont comme " Les cochons. Plus ça devient vieux. Plus ça devient con. " aurait dit Brel. "Que son dieu Belge des iles marquises ait son âme".

Par contre, sauf erreur de ma part, la "Porcheries socialiste Fafa", nous, "Peuples Algérie", ont connait. Cela va bientôt faire deux siecles que ça dure. "Ya kho"!! Vous dirait le jeune "M'digouti" du coin. Depuis 1830!! En 1962, on est même passé à une autre forme de "Porcherie" l' Arabo-mouslisme intense. Qui dit mieux. ??

Entre temps, nos "Zoua3mma" Essalihin" d'Oujda et de navarre, racontent et re-racontent à qui voudrait les écouter, qu'il faut toujours tapper sur le même clou. Fafa, Israel, les socialistes francais etc etc…

Il oublient de préciser que le monde dit par les occidentaux "Arabo - musulman" auquel il s'identifient, et les Arabistes bouchlagham des années 50 à nos jours, portent tous aussi une grande part de résponsabilités dans la tragédie actuelle du peuple de Palestine.

L'Histoire retiendra que tout ce beau monde, de Gamal d'Egypte Hachakoum aux chieurs dits arabes du Golf actuels re Hachakoum en passant par nos "Bouchlaghams successifs " "Re re hachakoum"ont tous participé et participe toujouurs au génocide du peuple de Palestine.

Quand à ce qui se passe actuellement chez nous, Mr A. R de l'Université de Msila, n'est il pas temps de commencer à dire à vos malheureux étudiants la vérité, toute la verité et rien que la vérité. ?? Enfin, si vous la connaissez cette véritable Histoire !! ??

Racontez leur aussi que l'Algérie a eu aussi ses visionnaires fous amoureux à mort de leur peuple et de leur patrie. Des gens qui s'appellaient Abane, Benboulaid, Krim, amirouche, abbas etc etc… Des gens de la trempe des Weizmann, Blum, Auriol, Begin, Mitterrand, Mollet, Di goule. etc….

Mais l'Algérie a aussi eu beaucoup de "Bouchlaghams" mangeurs d'Hommes. Ils mangent même paralysés et assis sur une charrette importée de chez Fafa ou peut être même d'Israel.

Ces gens mangeurs d'Hommes sont insatiables et voraces.

Ils ne savent pas d'où ils viennent ni où ils vont.

A defaut de tout dire notamment à la jeunesse universitaire, l'Histoire retiendra que vous avez, vous aussi, failli à votre devoir. Vous aurez tout simplement participé pleinement à l'infamie et à l'imposture.

Rabah Benali

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