Moines de Tibhirine: Alger réclame l'audition des ex-espions français

La question de l'assassinat des moines comme celle de dizaines d'intellectuels algériens est loin d'être résolue.
La question de l'assassinat des moines comme celle de dizaines d'intellectuels algériens est loin d'être résolue.

Les autorités algériennes ont demandé l'audition de deux anciens membres des services secrets français (DGSE) dans l'enquête sur l'assassinat des moines de Tibéhirine, retardant d'autant une visite prévue depuis des mois en Algérie du juge français Marc Trévidic, rapporte dimanche le quotidien El Watan.

L'Algérie a délivré une commission rogatoire internationale dans le cadre du volet algérien de l'enquête, selon ce journal bien informé sur la procédure algérienne. Le magistrat en charge du dossier veut entendre Pierre le Doaré, ancien chef d'antenne des services secrets français (DGSE) à Alger (1994-1996), et Jean-Charles Marchiani, ancien officier du même service et ex-préfet du Var, a précisé ce journal.

M. Marchiani, qui avait été chargé d'une mission auprès du Groupe islamique armé (GIA), auteur du rapt des religieux, avait été entendu fin mars 2012 par M. Trévidic. L'ancien préfet a confirmé au juge que la mission avait été décidée par le président français Jacques Chirac pour négocier une rançon, mais que le Premier ministre d'alors, Alain Juppé, qui n'en avait pas été informé, y a mis fin, signant "l'arrêt de mort des moines", selon le témoignage de M. Marchiani, cité par le Parisien en avril. 

De son côté, Pierre le Doaré avait reçu un émissaire du GIA dans les locaux de l'ambassade de France à Alger, qui lui avait remis une preuve de vie des religieux en captivité, selon plusieurs témoignages et documents versés au dossier. "Tout comme de l'autre côté on veut entendre une vingtaine de personnes pour savoir ce qui s'est passé entre le 26 mars et le 30 mai 1996, tout comme du côté algérien, il est important que le juge sache ce qui a pu se passer entre la DGSE et les auteurs de l'enlèvement", ont indiqué les sources d'El Watan.

Le juge Trévidic s'est montré excédé mercredi des reports de sa visite en Algérie: "il va falloir savoir si on se moque de nous", a-t-il lancé sur la radio France Inter. Bien que l'Algérie ait accepté sa demande d'autopsie des têtes des religieux décapités, le magistrat antiterroriste a dû reporter deux fois cette année cette visite, notamment faute d'avoir reçu l'invitation officielle d'Alger.

"Il n'était pas question de confier cette opération à des experts que Trévidic s'est proposé de ramener", ont expliqué les sources d'El Watan. "Toute la procédure d'autopsie et d'expertise sera assurée par une équipe de médecins légistes algériens" et "bien évidement le juge français assistera à toutes les étapes, sans aucun problème", ont assuré les même sources.

Le rapt des religieux avait été revendiqué par le GIA, mais l'enquête française s'est aussi orientée vers une possible bavure de l'armée algérienne.

Avec AFP

Plus d'articles de : Algérie-France

Commentaires (6) | Réagir ?

avatar
uchan lakhla

L'odeur nauséabonde des salles affaires est là, Fakahmatouhou devra être content, il a livré le pays pieds et poings liés à l'ancienne puissance coloniale, des moines qui reçoivent pendant des mois des terroristes tueurs de civiles, je me demande d'ailleurs, qu'il serait la réaction de la France si un imam algérien s'installe dans les maquis Corse et reçoit dans sa mosquée les membres du FLNC, une chose est sûre, ce qui arrive à l'Algérie prouve une chose, il n'y a plus d'Hommes d'honneur patriotes au sommet de l'état, que des lâches et des harkis, à présent dansons.

avatar
Massinissa Umerri

Mr le machin, tantot chef de departement (politicien), tantot espion, tout comme ses homologues algeriens... une chose est sure, voila que s'annonce un refus d'interrogation ou meme de repondre, de telle sorte, que de part et d'autre, on evoque la reclame que procedure n'est pas satisfaite, donc raison de ne pas cooperer ! Une chose est sure, maintenant on sait que la lumiere ne sera jamais faite sur ces massacres orchestre's en commun...

Cette histoire de 2 services n'est que de la foutaise a qui veut y croire... ou est la ligne de demarcation entre les deux? revient a chercher a chercher un object introuvable pour la simple raison qu'il n'existe PAS. De toute facon, quelle difference cela ferait-il aux moines? Aucune.

Dans le monde du reel, le Bouteflika livre ainsi le bouclier sure a ses egorgeurs, que je suppose fermeront les yeux sur ses projets "constitutionnels" - lesquels projets arrangent certainement bien son homologue francais... fin de compte - tout le monde y trouve son compte !

visualisation: 2 / 6