L’aménagement du lexique berbère de 1945 à nos jours, de Ramdane Achab

La couverture de l'ouvrage.
La couverture de l'ouvrage.

"L’aménagement du lexique berbère de 1945 à nos jours" est le nouvel ouvrage que vient de publier Ramdane Achab avec une préface de Salem Chaker.

Cet ouvrage est la version actualisée d’une thèse soutenue en 1994 à l’Inalco de Paris et publiée en 1996 aux éditions Peeters. Ramdane Achab y dresse le bilan de l’action néologique entreprise dans le domaine berbère depuis le milieu des années 1940 jusqu’à nos jours. Un marathon, une course de relais, un parcours d’obstacles, pas seulement linguistiques, dans des contextes nationaux globalement hostiles, une action qui a connu son âge de raison avec Mouloud Mammeri, avant d’en arriver à son âge institutionnel dans les principaux pays concernés, sans qu’en aucun d’entre eux, malgré les apparences, la voie ne soit réellement dégagée, car ni les moyens institutionnels et matériels, ni surtout la volonté politique ne sont véritablement au rendez-vous. Présentation des productions néologiques, bilans linguistiques et sociolinguistiques, bilan critique des usages, des propositions. Cet ouvrage aborde aussi, au passage, quelques points de l’orthographe utilisée en Algérie, ainsi que des aspects de l’enseignement de la langue aux jeunes élèves.

"L'aménagement du lexique berbère se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins. Prendra-t-il des voies séparées, une en Algérie et une autre au Maroc, en partie seulement concordantes, ou fera-t-il l'objet d'une prise en charge commune, d'une stratégie globale commune avec des objectifs communs qui couvriraient tous les aspects et toutes les étapes de l'intervention lexicale, de la production de terminologies à leur évaluation et leur suivi sur le terrain ? (…)

Cela suppose en particulier que l’axe Algérie-Maroc ne fonctionne plus en simple binôme, avec, si la tendance actuelle se poursuit, des divergences de choix de plus en plus nombreuses et un paysage néologique de plus en plus contrasté, mais se transforme en véritable couple dans le but de recadrer l'intervention lexicale dans son ensemble et de favoriser les convergences", écrit l'auteur en quatrième de couverture.

"L’aménagement du lexique berbère de 1945 à nos jours", de Ramdane Achab

Préface de Salem Chaker.

Editions Achab, Tizi-Ouzou. 350 pages.

Disponible dans quelques jours, notamment auprès des distributeurs L’Odyssée, El-Amel et Chihab.

Plus d'articles de : Culture

Commentaires (4) | Réagir ?

avatar
Karmani

Recherche historique effectué par : ALPH MEYER interprète de l’armée 1858

ORIGINAIRE DES HABITANTS DE LA KABYLIE.

D’APRES LA TRADITION LOCALE

La tradition rapporte que les habitants des montagnes de la Kabilie étaient tous originaires d'autres pays

FLISSA.

•i

Les habitants des Flissa sont d'origine arabe : les uns viennent des Isser, des Béni Tour, de la Mitidja et des Béni 'Aïcha, d'antres viennent des Béni Dja'ad et des Béni Seliman ; tous se sont réfugiés dans ces montagnes.

Flissa avait quinze enfants et de grandes richesses. Beaucoup de gens émigrèrent et vinrent le rejoindre; ils se soumirent à lui et le prièrent d'être leur chef. Il accepta, et donna son nom au pays.

BENI OUAGUENNOUN.

La montagne occupée par les Béni Ouaguennoun se nommait, jadis, Mezzana (1). Le premier qui vint s'y établir se nommait Guennoun. Beaucoup de personnes émigrèrent, vinrent le rejoindre, et lui abandoi nèrent la direction des affaires. En sa qualité de chef, il donna son nom à la montagne, et les habitants prirent celui de Béni ou-Guennoun, que l'on prononce actuellement Béni Ouaguennoun.

BENI DJENNAD.

un arabe nommé Djennad est le premier homme qui vint s'établir

dans ce pays. Il était puissant, très-riche, et avait avec lui ses frères et une suite composée d'environ 300 cavaliers; il s'installa à an endroit actuellement nommé Bizar.

ZEKHFAOUA.

Le premier homme qui vint occuper cette montagne se nommait Zerer'fa. On changea en kha £ le r'ain (&), que l'on trouvait trop dur à prononcer, et son nom fut alors Zerekhfa. La tribu qui lui était soumise prit le nom de Zekhfaoua.

On dit que Zerer'fa était originaire du H'araza.

BENI AICI.

Le premier qui est venu occuper le pays où se trouvent actuellement les Béni Aïci était d'origine arabe, de la tribu des Oulad Sidi 'Aïça; il fut surnommé El-Aiçaoui, du nom de sa tribu. Par euphonie, on supprima le ouaou (j), et l'on donna au pays qu'il commandait le nom de Béni 'Aïça.

La dénomination de Béni 'Aici s'étend sur les Ma'atk'a, les Béni Zemenzar, les Béni Doualaetles Béni Mahmoud.

1° Béni Yanni. — Le premier qui s'est établi dans cette tribu se nommait Naïli, d'après le nom de son pays originaire, car il était de la tribu arabe des Oulad Naïl. Son nom étant trop difficile à prononcer, fut modifié. On supprima le lam (J), que l'on remplaça par le nuun (y) ; et le ta { ^) fut mis à la place du noua, u). Cette transformation faite, on désigna les habitants sous le nom de Béni Yanni.

2* Béni Boudrah, - Le premier qui vint s'installer dans cette montagne '-tait un nommé Bou-Dar. On ajouta un deuxième ra (**) à son nom, et on en fit Boudrar. La tribu qu'il commandait fut désignée par son nom, précédé du mot Béni (descendants). On dit qu'il était originaire des Arabes du-Zab.

3° Béni 'ali Ou-h'ahzon. Un homme, originaire des Arabes de Tithri, nommé 'Ali ou-H'arzoun, est le premier qui vint occuper celte tribu. Ceux qui vinrent s'installer auprès de lui acceptèrent son autorité et prirent le nom de Béni 'Ali ou-H'arzoun.

ILLOULA.

Voici l'origine d ce nom : Le premier homme qui vint s'établir dans le pays qu'ils occupent actuellement se nommait Melloul. On supprima le mim (-) pour faciliter la prononciation, et on mit à sa place un alif (I) avec un kes'a (—) ; on en fit aussi Illoula, nom par lequel la tribu fondée par Melloul est désignée. Le mot Béni n'a pas été mis devant ce nom parce qu'il aurait été désagréable à l'oreille.

Melloul était originaire des Arabes du Ferdjioua, à l'est de Sétif.

BENI YAHYA.

Un homme nommé Yahya, originaire des Arabes des Béni Seliman, vint s'établir dans ce pays et donna son nom à la tribu qu'il commandait.

OBSERVATIONS.

Les tribus portent toutes le nom de leur fondateur, c'est-à-dire du premier qui était venu s'établir dans le territoire actuellement occupé par elles. On a presque toujours ajouté Béni (enfants, descendants, etc.) devant le nom de ce premier chef.

CHANGEMENT DE LANGAGE. Nous allons, d'abord, donner l'origine des tribus qui ont occasionné ce changement

Moins trois tribus, toutes les montagnes de la Kabylie sont occupées par des gens d'origine arabe. Les trois tribus exceptées sont: les Béni Fraoucen, les Béni ldjer et les Béni R'obri. Voici ce que la tradition a laissé à leur égard:

Ces trois tribus sont originaires de l'Orient et sont venues du pays d'El-Fers (la Perse Iran), s'établir dans les montagnes qu'elles occupent actuellement-, elles parlaient un langage étranger à la langue arabe et formaient trois kabila (confédérations) : la première, El-Fers, c'est celle des Béni Fraoucen; la deuxième, des Béni Sedjeran, soit les Béni ldjer. et la troisième, de Béni R'obran, actuellement les Béni Ghobri.

BENI FRAOUCEN.

Le chef de la k'ebila des Béni, Fraoucen, c'est-à-dire d'EI-Fers, avait avec lui 600 cavaliers lorsqu'il arriva à Djema't Es-Saharidj; ce pays lui convint à cause de la grande quantité d'eau et de fontaines jaillissantes qui s'y trouvaient.

Le chef d El-Fers, nommé Sa'ad Imw 'Abed, l'ayant Irouvée à sa convenance, s'y établit avec ses troupes, qui se construisirent «les maisons et se regardèrent comme les maîtres de la ville.

On fit subir quelques modiûcations au mot El-Fers, parce qu'il aurait été trop dur de dire Béni El-Fers -, on supprima l'article el (JI), on intercalla un ouaou (j) entre le ra (j) et le sin (<*>), et on mit un double fath'a (tanouin) sur, , -) ; ce tanouin est généralement remplacé par un noun (y, tiit. il; on dit, alors, Béni Fraoucen (1).

BENI IDJEK

La kabila des Béni Nedjeran s'installa dans le pays occupé aujourd'hui par elle, sous le nom de Béni ldjer. Ce pays ayant plu à leur chef, 'Abdallah ben 'Amran, il s'y fixa définitivement.

Le mot de Nedjeran subit la modification suivante : le premier noun (y) fut remplacé par un i'a (<£) ; le deuxième noun (y) fut complètement supprimé, et le ra [j) prit un sikoun [ —) et l'on dit, alors, Béni ldjer.

BENI GHOBRI.

La kabila des Béni R'obran s'établit dans la montagne qu'elle occupe actuellement, et à laquelle elle a donné son nom, que l'on modifia ainsi : suppression du noun (y) final de ce nom, kesra (— ] placée sous le ra (,), ce qui fit R'obri; la tribu et la montagne furent nommées Béni R'obri.

Le chef de cette k'ebila, 'Ali ben Khaled, avait à sa suite environ 800 cavaliers lorsqu'il arriva dans le pays. Cette montagne lui plut à cause de la grande quantité d'arbres qui s'y trouvaient, ce qui le détermina à s'y installer avec sa suite.

Nous avons dit que ces trois tribus sont, d'après la tradition, originaires d'El-Fers- IRAN, mais chacune d'elles prit le nom de sa kabila: cependant leur langage était le même, et c'est, du reste, celui qu'elles parlent encore aujourd'hui.

On racontait que le territoire commandé par le souverain de Djema't lis-Saharidj, Sa'ad bon 'Abed, s'étendait depuis cette cité

Ces trois tribus avaient une grande quantité de femmes et de filles : elles marièrent ces dernières aux habitants des tribus d'origine arabe dont nous avons parlé; les enfants provenant de ces alliances apprirent le langage parlé par leurs mères, c'est-à-dire El-'Adjamia, nom par lequel on désigne toute langue autre que la langue arabe.

Le grand nombre des alliances contractées entre ces trois tribus et les tribus arabes, jointes aux rapports constants qui existaient entr'elles, ont fait accepter leur langage par celles-ci, et toutes les tribus le parlent aujourd'hui.

Voilà la cause du changement de langage qui a eu lieu dans toutes ces montagnes.

avatar
Khalida targui

le Berbere devrait etre reconnu pour qu'il existe or en Algerie ce pouvoir pourri et nul ne reconnait que lui meme; il a peur des Kabyles ils sont intelligents et les seuls à demander une democratie, ils sont trop dangereux

avatar
Bachir ARIOUAT

Non, il faut le vouloir pour qu'il puisse exister, or nous ne voulons pas qu'il existe, nous ne faisons rien pour qu'il puissent être enseigner, au contraire nous encourageons nos adversaires qui veulent nous détruire, nous, notre histoire, notre culture, le malheur ces sont ceux qui prétendent défendre tout ça, qui nous trahissent pour mieux vulgariser la langue arabe et sa fausse histoire.

visualisation: 2 / 3