Le Conseil des lycées d’Algérie dénonce la marchandisation de l’école

Le Conseil des lycées d’Algérie dénonce la marchandisation de l’école

Le Conseil des lycées d'Algérie a rendu public le communiqué suivant.

Le débat autour des cours particuliers lancé par le ministre de l’éducation nationale et qui a tendance à criminalisé l’enseignant et à lui faire supporter la responsabilité de la généralisation de ce phénomène n’est qu’une fuite en avant de la tutelle au lieu et place d’un débat global sur les conditions de travail et l’état des lieux dans le secteur de l’éducation.

Le CLA tout en s’inscrivant contre les cours particuliers qui se substituent à l’école publique et sa socialisation des élèves et où l’école privée participe à la logique de la commercialisation et de la marchandisation de l’école ne peut cautionner un secteur à deux vitesses. Le CLA ne peut accepter une école publique paupérisée destinée à ceux d’en bas et une école privée destinée à ceux d’en haut considère que :

1) la démocratisation de l’enseignement et l’égalité des chances dans l’accès au savoir pour tous les algériens tel que inscrit dans les objectifs de la reforme du système éducatif et la loi sur l’orientation scolaire sont remis en cause

2) le phénomène des cours particuliers n’est qu’une conséquence des conditions de travail dans l’école (surcharge des classes, la violence, surcharge du programme et des emplois du temps, etc.) et de la situation sociale de l’enseignant (salaire, statuts, logement, etc).

3) l’objectif de mettre fin au cours particuliers n’est qu’une réponse aux barons des écoles privées qui ont du mal à avoir des inscrits et non un souci de défense de l’école publique et de qualité.

En outre le CLA tout en condamnant les enseignants qui font systématiquement recours au cours particuliers comme un moyen de marchandisation des notes avec leurs élèves appelle à un débat général sur la situation dans le secteur de l’éducation et à la mobilisation de tous pour l’amélioration et la défense de l’école publique et de qualité. Il ne faut pas se tromper d’ennemi, l’enseignant n’est qu’une victime, le responsable du malaise dans l’école algérienne est ailleurs.

La Plateforme de revendications

Réuni au lycée ibn elhaithem a Alger, après un débat sur la situation dans le secteur de l’éducation nationale, la nature des revendications qui s’expriment, Le conseil national a adopté la plate forme de revendications suivante :

1) Le dossier des salaires :

Pour une politique salariale qui garantie notre pouvoir d’achat en instaurant un salaire flexible en fonction des prix sur le marché par l’augmentation de la valeur du point indiciaire à 200 DA pour atteindre le SNMG de 40000 DA suivie de la promulgation des indemnités suivantes :

- l’indemnité du panier et transport

- l’indemnité de récupération psychologique

- la régularisation des primes du sud en fonction de la nouvelle politique salariale

2) Primes spécifiques :

- Revalorisation de l’heure supplémentaire.

- Revalorisation de la correction des copies d’examens et concours.

- Rémunération des journées d’encadrement des examens et concours.

- Rémunération des journées d’encadrement pédagogiques (Seminaires, commission de titularisation)

3) le dossier du statut particulier :

La dernière modification du statut particulier n’a pas répondu aux attentes des travailleurs de l’éducation mais au contraire de graves ségrégations sont constatées entre les différents corps et dans le même corps ce qui a crée un climat de tension et de divisions.

Comment accepter un statut ?

- qui prive les professeurs ayant plus de 20 ans d’expérience professionnelle le droit de participer au concours de promotion au poste d’inspecteur de la matière.

- qui empêche la promotion des fils de Chahid au grade de professeur formateur malgré leurs expériences de 20 années.

- qui comptabilise l’expérience prof à partir de la datte de nomination et non d’affectation, sachant que la majorité a exercé pendant plusieurs années comme contractuel.

Pour cela le CLA rejette dans le fond et dans la forme le contenu de se statut et revendique sa modification afin qu’il assure :

- une promotion automatique tous les cinq ans avec un glissement catégoriel et une réduction de volume horaire hebdomadaire.

- un reclassement des enseignants des corps dit en voix d’extinctions M.E.F,P.E.F. les professeurs ingénieur, les P.T.L.T et les licenciés de l'E.N.S.E.T ……en prenant en considération leurs expériences professionnelles et diplômes dans les nouveaux grades créé.

- Réduction des durées d’avancement a 2 ans et 2 ans et demi.

- le droit a une année sabbatique tous les cinq ans

- le droit à des postes aménagés pour tous ce qui ne peuvent plus assurer un travail pédagogique

- l’intégration des corps communs dans le secteur l’éducation nationale.

4) le dossier retraite : 

Prenant acte de La pénibilité du métier d’enseignant, de La surcharge du volume horaire hebdomadaire, des conditions de travail et de la moyenne d’âge de vie des enseignants nous revendiquons :

- une retraite a 100% après 25 ans de service en prenant en considération les années du service national, de l’ENS et les années d’étude universitaires dans le calcul des années de service effectifs.

-Une prime de départ en retraite sur le budget de l’éducation nationale qui sera calculé à base du meilleur salaire du fonctionnaire multiplie par le nombre d’année exercés.

5) le dossier des œuvres sociales :

Comme prévu par le CLA le même système de gestion produit les mêmes résultats. Après deux années de gestion des œuvres sociales, la majorité des travailleurs de l’éducation non rien bénéficiés, ils dénoncent l’opacité totale de cette gestion.

- Aucun inventaire des biens matériels et financier n’a été effectué ni présenté

- la nouvelle commission fait dans la continuité de l’ancienne gestion des œuvres sociales.

Le CLA revendique ;

- le gel de l’actuelle gestion.

- l’élaboration de l’inventaire de tous les biens matériels et financier. 

-La décentralisation de la gestion des ouvres sociales ou leurs octroi sous forme d’un 13eme mois de salaire.

6) le dossier logement : 

Le logement est un outil de travail indispensable pour la stabilité et le bien être du fonctionnaire de l’éducation, il est impératif de revenir aux quotas de logement de fonction par un programme annuel de construction spécial au secteur de l’éducation. En attendant la réalisation, il faut instaurer une indemnité d’acquisition de logement en fonction des prix de location sur le marché.

7) la défense de l’école public et de qualité :

Aucune revendication ne peut être satisfaisante sans l’amélioration des conditions de travail dans l’école qui ce dégrade d’année en année, afin de maintenir la démocratisation de l’enseignement Il est urgent :

- D’établir un programme de construction de nouvelles infrastructures scolaires adaptées pour éliminer la surcharge des classes et le phénomène de la violence.

- De lancer un programme de recrutement pour y remédier au manque d’encadrement pédagogique et administratif.

- D’alléger les programmes scolaires pour les élèves.

- De redonner à l’enseignement technique sa valeur dans le système éducatif.

Pour faire aboutir ses revendications il est indispensable de construire le rapport de force social nécessaire dans le secteur de l’éducation en particulier pour les revendications à caractère sectoriel et dans toute la fonction publique en générale pour d’autres revendications. Le CLA participe et contribue a la création de se cadre qui permettra l’aboutissement de nos revendications.

Seule notre mobilisation est capable d’imposer nos revendications

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Commentaires (5) | Réagir ?

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R A M E S S E S II

Monsieur Djelloul Djildjedba:

Je viens de faire escale dans trois pays Européens pour mon travail évidement, Allemagne, Pologne et Irlande, j'ai fait des missions en Asie Malaisie, Vietnam, eau, ... mais à chaque fois que je quitte un pays, j'essaye de le comparer avec mon pays, l'Algérie. J'ai à chaque fois, un sentiment de frustration, un pays hyper riche, avec une jeunesse qui rayonne mais incapable de se prendre en charge faute d'un bon bagage intellectuel pour affronter les nouvelles difficultés de la vie moderne, c'est pour cela que j'ai écrit que les enseignants se sont trempés de combat et d'ennemi de l'école Algérienne. J'ai passé 06 mois du coté de Klötze en Allemagne, pour un projet qui portait sur les biodiesels de 3 éme génération, il se trouve que l'hôtel se trouve juste à coté d'un collège, je me remémore ma petite jeunesse passé ne Kabylie et mon étonnement, c'était de voir toujours à partir de 14 h, la cour du collège est toujours pleine, je me suis posé plusieurs question, j'ai même demandé à un chercheur Allemand le pourquoi que les élèves sont toujours à l'extérieur les après midi, sa réponse est sans hésitation, un enfant ne se forme pas sur une chaise, mais avec du sport pour un corps sain, moins de matière pour alléger le cartable, sorties sur site pour voir, alternance entreprise - école, la politique de l'entreprenariat s'apprend aussi à l'école... etc

Par contrainte idéologique, l'Etat a détruit l'intelligence de l'Algérien qui est réduit à chercher les privilèges matériels au détriment de la formation, de la connaissance, certes l'islam est une religion que je respecte en dépit de mes attaques contre les charlatans, mais reste insuffisant comme moyen d'éducation d'un peuple et même dangereux pour la cohésion sociale. C'est pour cela que je demande la séparation pure et simple de l'école républicaine de l'école religieuse!

Du coup l'Algérie ne sortira pas indemne de cette arnaque pédagogique, la généralisation de l'arabisation et la généralisation de tamazight vont porter un coup fatal à l'école Algérienne. La solution réside dans des solutions stables, comme, l'allégement des programmes sur les langues nationales, utilisation de l'Anglais comme langue technique dans les écoles, et les nouveaux programmes doivent porter les nouveaux défis de l'économie verte et de l'après pétrole, ce n'est pas difficile il suffit de le vouloir, l'Etat Algérien pourra compter sur la diaspora à l'étranger, pas avec les doubles nationalités je suis contre les gens qui ne porte pas l'Algérie dans leur cœur.

ça fait 10 ans que je sillonne la terre, toujours avec un passeport vert, n'en déplaise à certains, qui me regarde comme un intrus surtout mon souhait est d'ajouter Tifinagh sur les pages de mon passeport, comme ça les doubles n'ont qu'a choisir l'Algérie ou un autre pays sans le citer évidement!

Je l'ai écris plusieurs fois sur le site du Matindz, que je remercie au passage pour le courage et la continuité malgré les difficultés et le manque d'argent, mais la vérité finie toujours par l'emporter, l'école remplace des milliers de puits de pétrole, c'est avec l'école qu'on pourra sortir de l'économie rentière, c'est avec elle qu'on pourra dépasser les extrêmes, c'est avec elle qu'on pourra sauvegarder l'unité du pays, mais pas ce genre de revendications creuses, certes légitimes mais à sens unique!

Je vous suggère de travailler pour l'organisation "des assises sur l'école en Algérie", et surtout ne pas accoucher d'une souris comme les assises organisées à Tizi-Ouzou portées sur l'environnement, et vous savez la décision finale prise par les organisateurs, "la fermeture des dépôts de vin pour éviter la dégradation de l'environnement". Une montagne qui accouche d'une souris, ou bien une délégation de l'APN au chevet du village le plus propre de Kabylie, ce genre de populisme à deux dinars, n'améliore jamais la confiance de l'Algérien à sa classe politique, on fait de la politique même avec la propreté! et il se trouve que ce n'est pas le village le plus propre, le truchement maçonnique est de toujours dans les décisions, ce n'est pas bon!

Des assises sur l'école Algérienne pour situer la problématique, que ça soit idéologique, pédagogique, technique, structurel, on peut discuter du problème de l'école sans faire de politique non, notre avenir dépend de nos capacités à réformer l'école sinon gare au retard!

RMII (The Ugly)

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Djelloul Djildjedba

- Oui, le commentaire de mr Ramesses II. a bien analysé Le communiqué du Conseil des lycées d'Algérie qui a rendu public. Moi Je propose en séggérant en plus de cequi est évoquer par le conseil des lycée, et le commentaire de Ramesses, j'ajoute: que les classes des écoles primaire ou collèges ou lycée, ne devront pas depasser le nombres de 25 élèves pour le lycée, 20 pour le collège et 15 pour l'école primaire. Parce que dans les écoles privée ne donnent pas des enseignemant spécifiques ou programme allèger, au contraire, bien gonflé, la particularité dans ses écoles le nombres d'élèves en classe permette à l'ensignant de faire participer tous ses élèves, et il les corrige tous, et en plus les élèves ou les apprentis trouvent un champs de démocratie, chacun connait ces droit et ces obligations. et l'enseignant enseigne en toute liberté, n'a pas beaucoup des cahiers a corrigés, il a beaucoup de facilités.

- Si en aborde les sujet d'enseignant, c'est un retraité ou un nouvau sortant de l'université dans tous les matières et déciplines, seulement le propriètaire est à cheval, .......

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