Mali : 7 morts dans attentat suicide et des combats à Tombouctou

Des djihadistes se sont infiltrés dans Tombouctou.
Des djihadistes se sont infiltrés dans Tombouctou.

Au total sept personnes, dont un soldat malien et un civil nigérian, ont été tuées depuis 24 heures à Tombouctou (nord du Mali), où des affrontements se poursuivaient dimanche soir entre soldats maliens appuyés par des Français et jihadistes infiltrés dans la ville.

Selon des sources militaires maliennes et une source sécuritaire régionale à Tombouctou (900 km de Bamako), des jihadistes se sont infiltrés dans la cité historique après un attentat suicide commis dans la nuit de samedi à dimanche. Le kamikaze est mort dans l'attentat, un soldat malien a été blessé. Dimanche matin, l'armée malienne a lancé des opérations pour traquer les islamistes infiltrés, se retrouvant engagée dans des combats au cours desquels elle a reçu l'appui d'une unité de l'armée française. A la mi-journée de dimanche, le bilan était de deux jihadistes tués et quatre militaires malien blessés. Dans l'après-midi, un des militaires blessés est décédé, un autre islamiste a été tué, a expliqué un officier de l'armée malienne joint par téléphone à Tombouctou.

Une autre source militaire locale a indiqué qu'un jihadiste kamikaze qui était recherché a été tué, de même qu'un civil nigérian, lors d'une intervention de soldats maliens. Le kamikaze avait pris en otage le civil nigérian dans un domicile dans le nord de la ville, selon cette même source, ce qu'a confirmé à l'AFP un habitant.

Tombouctou a ainsi enregistré depuis l'attentat suicide de la nuit de samedi sept morts (un soldat malien, un civil nigérian et cinq jihadistes, dont deux kamikazes) et aussi quatre soldats maliens blessés. Un bilan provisoire car les combats se poursuivaient dimanche en fin d'après-midi. Selon l'officier malien joint sur place, les islamistes ont ouvert dimanche "deux fronts" dans le centre-ville: l'un vers un hôtel servant de résidence temporaire au gouverneur de la région de Tombouctou, et l'autre vers l'unique camp militaire de la ville occupé par les soldats maliens. De même source, des jihadistes avaient été délogés du camp qu'ils avaient infiltrés mais ils ont pu y retourner: "Nous ne pouvons pas être partout à la fois. C'est pour ça que les jihadistes ont pu revenir dans le camp. (...) Ils sont au moins une quinzaine".

Gouverneur et journalistes évacués

"Tous les jihadistes n'avaient pas quitté le camp visiblement. Ceux qui étaient restés camouflés à l'intérieur se sont remis en position de combattre", a affirmé une source sécuritaire malienne jointe à Tombouctou. D'après elle, le gouverneur, des notables de Tombouctou et deux journalistes étrangers ont été "évacués par l'armée française" de l'hôtel de résidence du gouverneur. Une information confirmée par le gérant de l'hôtel. En temps normal, les troupes maliennes sont dans Tombouctou, les troupes françaises, qui interviennent en soutien aux militaires maliens depuis janvier, sont basées à l'aéroport de la ville.

De source militaire, le kamikaze qui s'est tué dans la nuit a actionné sa ceinture d'explosif après avoir tenté sans succès de forcer un barrage militaire. Il était au volant d'une voiture alors qu'au même moment d'autres jihadistes tentaient de s'infiltrer en ville à moto. Il s'agit du deuxième attentat suicide de l'histoire de Tombouctou, ville mythique au patrimoine culturel inestimable.

Le 21 mars, une tentative d'incursion d'islamistes avait commencé par l'explosion d'une voiture piégée, avec un kamikaze à son bord, vers l'aéroport de la ville. Un militaire malien avait été tué, au moins deux blessés, et une dizaine de jihadistes ont aussi été tués pendant cette opération.

Comme les autres grands centres du nord du Mali, Tombouctou a été libérée fin janvier par des troupes françaises et maliennes des groupes islamistes armés qui ont occupé le nord du Mali plusieurs mois en 2012. Les combattants jihadistes se sont retranchés dans le massif des Ifoghas (région de Kidal, extrême nord-est), ils sont traqués depuis plusieurs semaines par des soldats français et tchadiens.

Avec AFP

Plus d'articles de : L'actu en Algérie et ailleurs

Commentaires (0) | Réagir ?