Quand Bouteflika parle de Zidane, de couscous, de Pouchkine et…du « goût du pouvoir »

Le président Bouteflika a donné une interview à l’agence Tass où il fut question de couscous, de tchektchouka, de terrorisme et de Pouchkine, mais pas de troisième mandat. Quelques extraits :

Monsieur le Président, durant votre présidence, vous avez réussi à faire beaucoup de choses en politique intérieure. Qu’est-ce qu’il y a lieu de faire encore ?

Beaucoup a été fait sur le plan intérieur, mais beaucoup reste à faire pour répondre aux attentes du peuple algérien, et plus particulièrement à celles de notre jeunesse qui mérite un meilleur sort que celui qui a été le sien jusqu’à maintenant. Au-delà des impératifs de développement économique du pays pour le transformer en véritable pays émergent, notre plan de relance économique a été doté d’une enveloppe budgétaire de plus de 150 milliards USD et se donne comme priorités la formation de nos cadres, la création d’emploi pour les jeunes et l’amélioration de la situation sociale de tous les Algériens. Il s’agit pour nous de tourner définitivement les pages sombres de la tragédie nationale que nous venons de vivre et d’œuvrer pour le parachèvement de la politique de réconciliation nationale, dont les résultats positifs doivent être approfondis et consolidés.

L’Algérie a offert au monde le célèbre footballeur Zineddine Zidane. En tant qu’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, dites-nous ce qui est en train de se faire part les autorités algériennes pour le développement du sport et de l’éducation de la jeunesse ?

Peut-être parce que j’ai commencé ma carrière gouvernementale comme ministre de la Jeunesse et des Sports, je ne me suis jamais éloigné des préoccupations et des attentes de cette jeunesse, même quand j’ai quitté cet important secteur pour prendre en charge d’autres dossiers.

Bien sûr, l’Algérie tout entière est fière de compter parmi ses enfants une star du football mondial de la dimension de Zineddine Zidane. Mais elle compte aussi d’autres sportifs aussi illustres tels Morceli, Boulmerka, Benida Merrah, Hamani, Souakri et bien d’autres que je ne peux citer tous.

Il est notoire que vous vous consacrez entièrement au travail, mais arrivez-vous, Monsieur le Président, à trouver deux jours pour vous consacrer à vos occupations favorites. Le Président algérien a-t-il des hobbies ?

Vous savez, les responsabilités qui sont celles d’un Chef d’Etat laissent très peu de temps à des loisirs, surtout dans les années que nous venons de traverser. Lorsque j’en ai la possibilité, je trouve une évasion dans la lecture, ou en me laissant bercer par la musique classique internationale ou par la musique andalouse. De manière plus générale, je m’intéresse beaucoup aux questions culturelles et je suis heureux lorsqu’il m’est possible de visiter une exposition de peinture, ou de produits artisanaux ou encore le Salon du livre. Ce sont des moments privilégiés qui, malheureusement, ne sont pas aussi nombreux que je le voudrais.

Les forteresses, les mosquées, les ruines romaines, les montagnes et le désert sont les images à travers lesquelles les Russes reconnaissent l’Algérie. Où recommanderiez-vous, Monsieur le Président, de se rendre aux Russes qui cherchent à faire connaissance avec votre pays ?

En été, les touristes peuvent choisir entre des plages qui s’étalent sur une côte de 1.200 km sur la mer Méditerranée et des montagnes qui s’élèvent dans différentes régions du Nord. Durant les autres saisons, ils peuvent se rendre au Sahara qui est le plus beau désert du monde.

Terre de rencontres de différentes civilisations au cours de l’histoire, l’Algérie possède des richesses touristiques inestimables. Pour une plus grande valorisation de ce potentiel, des efforts importants sont aujourd’hui déployés avec une participation de plus en plus grande d’entreprises privées algériennes et étrangères.

Les touristes russes seront donc toujours les bienvenus en Algérie où ils trouveront, à toute période de l’année, une terre et un peuple connus pour la chaleur de leur hospitalité et un climat agréable.

Le plat traditionnel est le couscous, viennent ensuite la chakhchoukha — des pâtes feuilletées coupées en petits morceaux, le tout assaisonné de sauce rouge accompagnée de viandes et de pois chiches — ainsi que le bourek — une farce de viande, d’oignon et d’herbes hachés, sur laquelle on casse un œuf, le tout enveloppé dans une feuille de pâte séchée qu’on fait frire à l’huile et qu’on mange généralement avec une soupe. Dans les fêtes, on offre un méchoui, c’est-à-dire un mouton entier rôti à la broche. A quels plats de la cuisine nationale donne sa préférence le Président Bouteflika ? A quels plats recommanderiez-vous de goûter aux invités de votre pays ?

Les différentes régions d’Algérie ont donné à la cuisine algérienne une assez grande variété. Vous avez cité le plat national qu’est le couscous et d’autres plats aux goûts variés. Ces plats traditionnels confèrent à la cuisine algérienne un attrait exceptionnel. Nous les recommandons tous à nos invités. Pour ma part, je n’ai pas de préférence particulière, mais je suis toujours très heureux d’encourager mes invités à faire honneur à la cuisine algérienne dans toute sa variété.

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes sont victimes dans le monde d’affrontements interethniques et interreligieux. En Algérie, les terroristes sont toujours en action, parlez-nous un peu, s’il vous plaît, de votre politique de réconciliation nationale, qui est mise en œuvre avec succès en Algérie ?

Cette politique de réconciliation nationale résulte de la constatation que c’est la seule voie permettant de ramener la paix et la stabilité en Algérie.

Les objectifs de cette politique sont définis dans la Charte de réconciliation nationale massivement approuvée par le peuple algérien. La Charte prévoit la réintégration dans la société de ceux qui ont pu être égarés et qui se sont fourvoyés dans l’action terroriste, moyennant des conditions assurant la sécurité de ces égarés et écartant ceux qui ont pu commettre des meurtres ou des viols ou des destructions.

Le peuple a ainsi fait preuve d’une grande clémence à l’égard des personne égarées ou abusées par une fausse interprétation de notre religion, l’islam, qui est une religion de paix et de tolérance.

Le bilan de l’application de la Charte est en cours et pour l’instant il reflète un succès très satisfaisant.

Vous vous êtes rendu plus d’une fois en Russie. Vous êtes un fervent admirateur de la littérature russe et aimez citer des classiques russes, comme Dostoïevski, Tolstoï et Tchékhov. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans notre pays ? Quelles sont les impressions les plus vives que vous en avez gardé ?

Ce qui frappe le plus dans la Russie, celle d’hier comme celle d’aujourd’hui, c’est que c’est un immense pays dont le peuple, à sa mesure, est courageux, intelligent et doté d’un sens du sacrifice rarement égalé ; qualités qu’il a eues à démontrer tout au long de son histoire riche et tumultueuse.

Puisque vous me parlez de la littérature russe, notamment celle de son âge d’or, le XIXe siècle, il va sans dire qu’elle constitue l’un des apports les plus considérables du génie russe à la culture universelle. Elle permet de connaître la Russie et ce qu’on appelle l’âme russe.

Bien sûr, je garde des impressions et des souvenirs indélébiles de mes précédents voyages en Russie. Comment oublier la mégapole Moscou où les techniques modernes se sont donné rendez-vous, avec son métro, ses instituts et sa Cité des étoiles, mais qui est en même temps restée si jalouse de l’identité russe avec ses églises et ses monastères, sa place Rouge et son Kremlin ? Comment oublier Saint-Petersbourg, l’harmonie de ses avenues, sa Perspective Nevski et son musée de l’Ermitage, cet écrin splendide de tant de chefs-d’œuvre de l’art universel, sans oublier Tsarskoe Selo, le village où a grandi l’un de ceux qui ont porté la poésie et la langue russe à leurs plus hauts sommets, Alexandre Pouchkine avec qui, en tant qu’Africain, je m’honore de partager quelques racines ?

Une question typiquement traditionnelle par laquelle nous clôturons notre programme “la formule du pouvoir” : quelle définition donnez-vous du pouvoir ? Qu’est-ce que le pouvoir et quel en est le goût ?

Puisque nous nous plaçons sur un plan politique, le pouvoir, selon moi, est la faculté de prendre des décisions concernant les problèmes qui découlent de la politique interne ou externe d’un pays. Je ne parle bien sûr que de ce que l’on pourrait appeler le “pouvoir suprême”, qui s’appuie lui-même sur toute une échelle de pouvoirs à des degrés divers. Je ne prétends pas qu’il s’agisse là d’une définition parfaite, mais c’est tout ce que je peux en dire dans la limite de mes connaissances et de mon expérience.

Le pouvoir implique des responsabilités très lourdes quelquefois, mais dont l’achèvement est l’une des sources les plus importantes de satisfaction. Par contre, et cela a été dit et redit, la solitude est probablement la caractéristique la plus évidente du pouvoir.

12 commentaires

  1. Le pouvoir reste ce à quoi d’aucun semble prendre gout autrement qu’à un couscous ou une tchekhtchoukha, et qui permet de se jouer de tout le monde en donnant des coups de pied et de boule sans coup férir, comme Zidane, sans avoir à trop courir comme Boulmerka, et sans penser à tous les jeunes algériens qui n’ont d’autre mandat à courir que derrière une corde pour se pendre, un maquis pour s’exploser, ou une barque pour se noyer. Le pouvoir, c’est ce que précisément, les algériens qui meurent n’ont pas, parce que d’aucuns se le sont réservé ad vitam aeternam…

  2. Il n’y a pas meilleure formule de s’adresser aux generaux en soulignant tres bien que c’est EUX le "pouvoir Supreme" en Algerie. Tout est clair, et il ne reste plus rien a lire entre les lignes dans ce paragraphe: "le pouvoir, selon moi, est la faculté de prendre des décisions concernant les problèmes qui découlent de la politique interne ou externe d’un pays. Je ne parle bien sûr que de ce que l’on pourrait appeler le “pouvoir suprême”, qui s’appuie lui-même sur toute une échelle de pouvoirs à des degrés divers."

  3. Ce n’est pas triste tout ça, se retrouver à guetter un vieil de 70 ans dans ses déclarations, au passage on oublie de faire le bilan de son double quinquennat; enfin comment ne pas revenir sur cette presse algérienne comme le journal le quotidien d’oran qui préfère s’attaquer à ceux qui s’opposent au non respect de la constitution arguant que ces derniers n’ont pas d’arguments si ce n’est une opposition à Fakhamatou mais dois je rappeler à nos amis du journal le quotidien d’oran que cette tache incombe à ceux qui veulent s’attaquer à la constitution actuelle de nous présenter leurs arguments car au fond les partisans du respect de la constitution ne sont pas demandeurs mais juste inquiets que chaque matin cette meme constitution est attaquée et bafouée sans que ce meme jouranl ne s inquiète du non respect de la dite constitution car ces derniers ont vite oublié que la constitution de 1996 est toujours en vigueur….

  4. Je ne vais pas commenter mais franchement une interview accordée à itar-Tass au lieu de «Kommersant» a toutes les chances de passer inaperçue. Que dire de tchéktchouka, des 150 milliards USD pour les jeunes, de Zidane «produit par l’Algérie» et ainsi de suite? Pour flatter l’orgueil d’un russe, surtout s’il est un nostalgique de feu l’URSS (chez TASS il doit y en avoir des quantités), dites-lui que vous connaissez 1.Pouchkine et leur littérature (Chirac s’est autoproclamé un spécialiste en la matière et même «pouchkiniste»), 2.Gagarine et le cosmos, 3. Le maréchal Joukov et sa victoire sur les allemands et 4.St-Pétersbourg, leur «venise du nord». Pour finir: Le poète russe Alexandre Pouchkine fût (et reste) vraiment un véritable génie, Dostoevsky l’appelait «le premier homme russe» au vu de son apport à langue russe. Le grand-père de Pouchkine, par sa mère, était un esclave africain d’Ethiopie nommé Hannibal offert au tzar réformateur Piotr Velikiy (Pierre le Grand), le bâtisseur de la Russie moderne et de la ville impériale de St-Pétersbourg. Suite à l’oeuvre de Pouchkine sur son grand-père «L’arap de Pierre le Grand» le peuple appelle communément Hannibal l’«arap de Piotr» (arap = noir ou parfois même maure).

  5. Et si on le questionnait sur les droits de l’homme, la liberté d’expression et les inégalités sociales!!! Qu’en est il de la mane pétrolière et de sa distribution? du taux de chômage, du suicide des jeunes et de l’évasion des cerveaux et du peuple tout court? Ne parlez pas de couscous s’il vous plait Mossieu!!!c’est notre misère ce plât, alors que vous vous offrez du caviar du détroit de Béreing sur une poterie de chez nous. Remarque; notre Président est questionné par Tass, l’équivalent de l’APS chez nous…Tout va bien de Tlemcen à St Petersbourg. Que vive la révolution bolchévique et la révolution algérienne!!!!

  6. Malgré mon opposition a sa politique depuis qu’il est a la gouvernance,
    je dois dire que c’est un bon parleur cultivé…
    malheureusement ça n’a rien apporter a nôtre pays a part le paiement de sa dette extérieur..
    hélas…je pense que pour notre président son poste est MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRE…qu’il n’aurait jamais du quitter..mais pour autant être président…..je pense que c’est pas le sien

  7. Certes Zidane, de par son géniteur est algérien. C’est un grand du foot et tout ce qu’on veut.Mais est-ce que Zizou posséde le moindre papier qui justifie de sa nationalité ? Des personnes au fait de cette situation avaient affirmé que le célèbre joueur n’avait jamais postulé pour l’obtention d’un quelquonce document algérien (Passeport, Carte d’Indentité, carte du consulat algérien, etc…). Par voie de conséquence, ce renoncement ne fait pas de lui un algérien, mais une personne qui a toujours montré "sa préférence Nationale française". Qu’on arrête de nous encenser par rapport de l’algérianité de Zine Eddine et de la gloire qu’il nous amène. Le recevoir en grande pompe à El Mouradia était un effet de mode, un point c’est tout, d’autant plus que grâce au salon d’honneur, il a été dispensé d’exiber son passeport français.

  8. Et fakhamatouhhou qu’à fait son système des hommes et des femmes d’Algérie de la génération de Zidane ? Zidane a eu la chance de naître et de vivre en France où la démocratie, la Laïcité existent. Un pays où les sciences comptent, pas les experts des Zawiya, B’khour, Roqya et les autres superstitions. Quelle gloire tires tu de Zidane ?toi qui hait les berbères et que tu condamnes à jamais écrire et étudier leur langue ? Ahh le Couscous, mais toi Fakhamatouhhou, 3arabaka el islam non !! Il fallait arabiser aussi le couscous et glorifier ses origines et son goût venu du hidjaz. Les questions posées sont un vent de fraicheur pour toi, une excellente caresse dans le sens du poil. Esclave du pouvoir comme tu es, tu savoures qu’on dise de toi l’homme des dossiers, des réalisations. Peut être bien que tu les crois puisque tu prétends mériter un Nobel de la Paix. C’est facile pour toi d’oublier le massacre des kabyles et des gendarmes tueurs jamais inquiétés jusqu’à ce jour. Ta réconciliation honteuse, injuste et destructrice.

  9. Bonjour,

    Le cameleon parle de beau parleur, d’accord mais CULTIVE je demande à voir !!! Le mot d’ailleurs, mes excuses d’en profiter, le qualificatif CAMELEON lui va à merveilles: Il était socialo à l’époque de boumédienne, amateur de BMW et des soirées arrosées à Club des PINS, aujourd’hui amateur de zaouia et de marabouts dont il ne reste par ailleurs que quelques épaves (l’islamisme étant passé par là, comme les HUNS et les BENI helal), je pourrais continuer mais à quoi bon? Pour dire simplement: en terme de CULTURE on l’aurait vu à l’oeuvre: Musique andalouse, et classique: il aime écouter, dit il: Il aurait dû partager avec le peuple grace à des salles de concerts, des échanges culturels…même cela il n’a pas su, pu mais surtout voulu: S’il était CULTIVE, croyez, il l’aurait montré dans son comportement et ses REALISATIONS. Parler de culture, c’est bien, mais se comporter en hommes CULTIVE c’est vraiement Autre chose. C’est un parleur, hableur, mais sans aucune volonté de médire: CREUX, comme la plupart de sa génération et des clans qui l’ont produit: le FLN et L’aln de l’extérieur. La malédiction !! dont la FIN est inévitable. le plus tôt sera le mieux.

    Cordiales salutations.

    Mouloud.

  10. Que Med Dib ne t’entende pas.Que Aissa El Djermouni, Ahmed Wahbi, cheikh El hasnaoui, Taos Amrouche, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri et Assia Djebbar ne t’entendent pas.Que Mozart, Verdi, Bethoven, Victor Hugo, Anatole France, Zola et Dostoiveski ne t’entendent pas.Tes propos mr bouteflika sont une insulte à l’art, au talent et au savoir.N’est ce pas sous ton mandat qu’on a refuse un poste à Med Dib sous pretexte qu’il n’avait de diplome?

  11. Plein de journaux pour ceux qui changent de couleur de peau, de vestes et qui résistent à toutes les situations en baisant la main de celui qui est debout. Ici c’est un espace, j’ose espérer, pour ceux qui pensent ; qu’une marionnette, Un détourneur de biens de l’état, Un voleur, [quand il a remplacé Mohamed Seddik Benyahia, le vrai ministre, le vrai Moudjahid (llahh Irahmou)] quelqu’un qui jure devant tout le monde de respecter la constitution puis de la trahir. Qui envoie l’armée pour tirer sur des citoyens soifs de liberté et de justice. Qui libère des bourreaux sanguinaires des prisons en leur assurant des avantages que les citoyens normaux envient, etc…; ne peut être ni ministre, ni président. Dans des pays respectables, il sera jugé pour vol, abus de pouvoir, crime contre l’Humanité et sera pendu ou mis au bûcher puisque la condamnation à mort est toujours valide chez nous, hein !!!

  12. Incorrigible aicha, je vous envie. Au fait, etes vous réellement une femme? C’est qu’avec ces sacrés pseudo on ne sait plus où donner de la tete. Mille excuses pour cette indiscrétion pourtant nécessaire.Nécessaire, dans la mesure où si jamais je devais m’adresser à vous, je le ferai tout en sachant si je m’adresse à un femme ou à un homme. La manière ne peut pas etre la meme.

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