Le pouvoir algérien s’apprête à célébrer à sa façon la journée du 24 février, journée anniversaire de l’Union générale des travailleurs algériens par Aissat Idir : par le gourdin et la matraque sur la tête des travailleurs.
C’est en tout cas ainsi qu’il compte accueillir les grévistes de la fonction publique qui prévoient une journée de protestation aujourd’hui et paralyser dès aujourd’hui l’administration publique. « Vous faites dans l’agitation infondée et vous prenez en otage les usagers des services publics et, plus grave encore, nos enfants dont l’innocence est instrumentée à des fins peu glorieuses », les avertit-il dans un communiqué diffusé hier. Autrement dit, cette protesta des bataillons de fonctionnaires revendiquant des salaires dignes ne serait rien d’autre qu’une agitation manipulée par les opposants au président Bouteflika. Belkhadem le dit clairement en soulignant que « cette agitation intervient au moment où le gouvernement, sous la direction du président de la République, déploie d’intenses efforts pour moderniser l’Etat, faire émerger une administration impartiale et performante au service du citoyen (et) promouvoir la culture du service public fondée sur l’exigence d’intégrité, d’efficacité, d’efficience et de compétence ».
Les mots ayant un sens chez les pouvoirs oppresseurs, le communiqué veut dire deux choses : le pouvoir a peur de ce mouvement social incontrôlable mené par une douzaine de syndicats ; il est prêt à l’écraser dans le sang.
C’est le spectacle d’un régime à bout de souffle. Et qui n’a pas compris que la société s’émancipe. Et que ces travailleurs qui protestent aujourd’hui ont saisi, au plus profond, le message d’Aissat Idir : ils se battent pour leur dignité.
M.B.
