La maison de l’écrivaine suisse Isabelle Eberhard à Zmala, quartier populaire de Batna (Batna 500 km d’Alger en Algérie) est transformée en un dépotoir par des requins de l’immobilier qui veulent la démolir au lieu d’en faire un musée. Une honte. Un scandale.
Cette maison de Zmala, juste en face du Sidi Merzoug, (notre photo), Isabelle Eberhard y a habité dès son arrivée à Batna en 1889 après la mort de son père et le suicide de son frère. Qu’attendent les autorités pour réagir ? Pour rappel, il y a un musée Eberhardt en Suisse et un autre en Angleterre i
Le nom d’Isabelle Eberhardt, née le 17 février 1877 à Genève, morte le 21 octobre 1904 à Aïn-Sefra, Algérie, est lié à l’Algérie. L’écrivaine suisse d’origine russe et française de par son mariage, née d’une mère anarchiste exilée et d’un père inconnu, s’installe à Bône en 1897. Une fois là, Isabelle Eberhardt fuit les Européens, décide de vivre comme une musulmane et s’habille en homme bédouin. Sa mère morte, elle vivra plusieurs mois en nomade et rencontrera Slimane Ehnni, musulman de nationalité française, suspecté par les autorités françaises d’espionnage. Elle l’épouse en 1901 et obtient ainsi la nationalité française.
Elle est collaboratrice au journal Akhbar. Elle se trouve à Aïn-Sefra pour témoigner au journal des troubles près de la frontière marocaine. L’officier Lyautey apprécie sa compréhension de l’Afrique, mais l’oued se transforma en torrent furieux et la ville fut emportée. Slimane fut retrouvé vivant, mais Isabelle, affaiblie par le paludisme, n’avait pas pu fuir. Lyautey se préparait à lui confier une mission auprès des tribus locales.
Ses récits ont été publiés après sa mort et présentent la réalité quotidienne de la société algérienne au temps de la colonisation française. Ses carnets de voyage et ses journaliers rassemblent ses impressions de voyage nomade dans le Sahara.
