Le ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, a affirmé mercredi que son département n’accordera rien de plus aux revendications des gardes communaux. A la veille de la présentation à l’Apn du plan d’action du gouvernement Sellal, il avait déclaré que ce corps sécuritaire n’aura pas le statut de police municipale.
Rien ne va plus de nouveau entre les gardes communaux et leur tutelle, le département de Dahou Ould Kablia. S’estimant lésés dans dans leurs revendications qui, pour l’essentiel, n’ont pas été satisfaites, malgré plusieurs rencontres entre leur coordination nationale et le département d’Ould Kablia, les gardes communaux viennent de décliner une invitation à autre rencontre qui devait avoir lieu ce mercredi 26 septembre. Lundi dernier, à la veille de la présentation du plan d’action du gouvernement Sellal devant l’Apn, Dahou Oiuld Kablia avait affirmé que les corps communaux n’auraient pas le statut de police municipale, expliquant cette décision par le fait que l’heure n’était plus à « la réflexion ».
Une déclaration qui risque de mettre le feu aux poudres. D’ores et déjà, une réunion extraordinaire des représentants des gardes communaux est en préparation et devrait se tenir dans les prochains jours en vue d’étudier les voies et moyens pour faire aboutir leurs revendications. Mais la dernière déclaration de Dahou Ould Kablia refusant catégoriquement aux gardes communaux le statut de police municipale, après leur avoir concédé quelques « maigres acquis » selon les représentants de ce corps de sécurité, ne présage rien de bon dans les pourparlers qui sont au poids mort. D’autant que, ce mercredi, Dahou Ould Kablia affirme qu’il est hors de question d’accorder quoi que ce soit de plus aux gardes communaux: « Nous avons défendu plus qu’il ne le faut les droits des gardes communaux et nous continuons de le faire (…) mais il semble, a-t-il ajouté, que les gardes communaux « sont partagés entre la rue et le dialogue« , a souligné Ould Kablia dans une déclaration à la presse, en marge d’une séance à l’assemblée populaire nationale (APN) consacrée au débat du plan d’action du gouvernement. Des propos menaçant qui s’ajoutent à toutes les répressions dont ont été victimes les gardes communaux l’été dernier dans leur tentative de marcher à deux reprises vers El Mouradia afin de remettre leur plateforme de revendications au chef de l’Etat qui n’a pas réagi à leur détresse.
Après la décision prise par la coordination du corps sécuritaire de mettre fin à la protesta et de quitter leur camp de fortune sur les terrains vagues de Boufarik où les manifestants étaient restés mobilisés, le ministère de l’Intérieur a adopté à l’issue d’une réunion ayant regroupé les deux parties, une série de mesures en faveur des revendications des gardes communaux relatives à l’augmentation des salaires, la revalorisation du régime indemnitaire avec possibilité de cumul de la pension de retraite avec d’autres revenus. Au terme de cette réunion, il a été convenu de poursuivre les contacts par des rencontres périodiques pour l’évaluation de la mise en œuvre des mesures. Le conseil de coordination des gardes communaux avait alors estimé que ces réponses étaient insuffisantes mais qu’ils étaient néanmoins décidés à privilégier le dialogue. Ce début septembre, une autre rencontre avec leur tutelle a fait l’objet d’une vaste consultation de toutes les fédérations de wilayas à propos de ces « maigres acquis » afin de mieux orienter leurs actions à venir.
Alors que parmi les slogans du plan d’action du gouvernement est « l’écoute du citoyen« , les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur et des collectivités locales viennent les contredire et les rendre à leur nature démagogique et répressive.
LM/APS
