Le Matin d'Algérie

La cour des comptes lance un appel : qui connaît Benchicou ?

M. H. Abdelghaffar le nouveau président de la chambre d’Oran de la Cour des comptes est hors de lui.

Son prédécesseur A. Mohamed est parti en retraite riche comme Crésus sans jamais être inquiété et lui à peine a-t-il commencé à étendre ses tentacules, placé son épouse en qualité de directrice de la chambre de Tlemcen, un ami proche au niveau de la cour de Béchar, pris des contact avec ses clients, mis dans la poche les grands chefs voraces d’Alger qui rassasiés ne bronchent plus, et alors qu’il commençait enfin à chauffer le moteur de la moissonneuse pour enfin à se mettre au niveau des Grands d’Oran qui ont tous des pieds à terre à Alicante ou Marbella et qui jouent avec l’euro que déjà les empêcheurs de tourner en rond sortent du bois, beuglent.

M. H. Abdelghaffar a mis sa somnolente institution en état d’alerte. Entouré de ses collaborateurs les plus fidèles, il tient réunion sur réunion. On l’entend hurler jusqu’au proche front de mer. Première chose, il a pris la décision d’ouvrir une enquête. Sérieuse. Pas une enquête de contrôle bidon telle que le stipule les textes portant mission de la cour des comptes. Non, une véritable enquête pour essayer de débusquer la taupe. Cette taupe qui renseigne le Matindz sur toutes les affaires louches qui se passent chez lui. Les soupçons se portent déjà sur quelques pestiférés et crève-la-faim qui veulent toujours jouer les messieurs propres, les pères la vertu. Il va les surveiller. Il va les broyer !

Seconde chose, il demande à ses collaborateurs de trouver quelqu’un qui connaît personnellement Mohamed Benchicou, le directeur du Matindz. Voir s’il est intéressé par un terrain à Oran, Béchar ou Tlemcen. Lui aussi s’il faut l’arroser, on l’arrosera. En effet les turbulences crées par Le Matindz tombent très mal. Au mauvais moment. Les conditions pour s’enrichir n’ont jamais été aussi favorables dans le pays ; personne ne bouge, tout le monde s’en fous, on dribble, on feinte en s’occupant des vendeurs à la sauvette pour détourner l’attention. C’est l’été 1962 qui se répète. Et voilà que cette satanée taupe, ce Benchicou de malheur, veulent tout remettre à terre ! C’est sûr, après tout ce bruit, on va être obligé de reporter toutes les transactions en cours, les ventes et achats de terrains, le voyage en Espagne, obligé aussi d’augmenter l’arrosage de ses supérieurs d’Alger qui vont certainement ruer dans les brancards avec cette mise à nu ! Peut-être même comme le disent les rumeurs qui circulent déjà va-t-il servir de bouc émissaire. 

Haouas Bounakhla

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