Quand M. Abdelkader Benmaarouf le vieillissant et indétrônable président de la budgétivore Cour des comptes d’Alger a installé la chambre régionale de la Cour des comptes d’Oran en 1996, tout le monde a applaudi, ils s’attendaient à la venue d’une équipe de jeunes cadres compétents formés pour faire la chasse aux mauvais gestionnaires et aux fonctionnaires malhonnêtes.
Ils se sont trompés. Lourdement. Il y a affecté une équipe de proches, de vieux chevaux de retour, un commando de fonceurs, avec à leur tête un président agissant comme un chef de bande, affamé, organisé, décidé.
Une de leurs premières missions de contrôle a été l’administration de la wilaya d’Oran. Après quelques mois de supposées investigations, ils n’ont rien trouvé d’illégal, donné quelques bons points mais ils sont sortis enrichis avec pour chacun un logement, un lot, une voiture, et pour tous une grosse coopérative immobilière dans un quartier cossu de la ville (Seddikia).
Quelques mois après, le même wali qui a fait l’objet de contrôle par cette même cour des comptes d’Oran est pincé pour mauvaise gestion et emprisonné pour dix années après un contrôle rapide et positif effectué par les services de sécurité. M. Benmaarouf le grand président informé n’a pas bougé le petit doigt et a maintenu en poste ses protégés, son commando.
Ensuite ça a été la curée. Mission à la commune d’Oran, dans la commune de Bir El Djir, à l’EPLF, dans plusieurs agences immobilières. Communes côtières à l’approche de l’été. Uniquement là où il y a à manger et à boire ! Rien n’a jamais été trouvé, aucun centime volé n’a été retrouvé mais le commando s’enrichissait à vue d’œil : logements pour eux et pour leurs proches, lots de terrain à la pelle, coopératives immobilières, villas, cabanons pour passer l’été.
Cette insatiable Cour des comptes régionale d’Oran a aujourd’hui essaimé. Elle a fait des petits. M. Benmaarouf a ouvert d’autres chambres régionales, en promouvant les membres du commando d’Oran, à Tlemcen, à Béchar. Les autorités sur place n’ont qu’a bien se tenir et le contribuable se préparer à casquer.
Moralité de l’histoire : Dieu préserve notre pays des institutions de contrôle trouées !
Haouès Bounakhla
