Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est dit prêt vendredi à « examiner une proposition réaliste » pour le déploiement d’une force panafricaine au Mali.
Dans une déclaration, les 15 pays membres du Conseil indiquent avoir « pris note » de la demande d’assistance adressée par Bamako à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour reconquérir le nord du pays contrôlé par des groupes islamistes. En réponse au souhait de la Cédéao d’avoir le soutien de l’ONU pour cette intervention, ils « se déclarent prêts à examiner une proposition réaliste et faisable de la part de la Cédéao qui réponde à la demande » du gouvernement malien.
Ce plan militaire, suggèrent-ils, devrait détailler « les objectifs, les moyens et les modalités du déploiement d’une force régionale au Mali« .
Pour l’instant, le gouvernement malien et la Cédéao ne se sont pas mis d’accord sur une proposition précise à présenter à l’ONU et la Cédéao vient de demander à Bamako de revoir sa copie. Le président par intérim Dioncounda Traoré ne veut pas d’un déploiement de troupes ouest-africaines dans la capitale et demande que ces troupes se contentent d’apporter un soutien logistique et aérien sans combattre.
Selon des sources diplomatiques, la Cédéao souhaite que les autorités maliennes acceptent le déploiement à Bamako d’un nombre minimum de militaires, notamment pour sécuriser les institutions de transition. Dans sa déclaration, le Conseil exprime aussi « sa profonde inquiétude devant les violations des droits de l’homme commises » par les islamistes dans le nord du pays et demande une nouvelle fois aux groupes rebelles maliens de se dissocier d’Al-Qaïda.
Les 15 pays « réaffirment leur profonde inquiétude devant la détérioration de la situation humanitaire et de sécurité dans le nord du Mali et l’implantation croissante d’éléments terroristes dont Al-Qaïda au Maghreb islamique » dans cette région.
Ils appellent une nouvelle fois les anciens putschistes maliens à « cesser immédiatement toute ingérence dans le travail » des autorités de transition à Bamako, sous peine de sanctions.
Ils encouragent enfin l’ONU à mettre au point une « stratégie intégrée » pour le Sahel, dont les grandes lignes devraient être présentées lors d’une réunion internationale dédiée à ce sujet le 26 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Le président malien veut dialoguer avec les narco-islamistes
Le président malien Dioncounda Traoré a appelé vendredi les groupes armés islamistes qui occupent le Nord du pays à la négociation, tout en demandant l’union sacrée autour de l’armée pour faire la guerre s’il n’y avait plus d’autre choix, dans un discours à la Nation.
« Puisque nous la préparons, nous ferons la guerre s’il ne nous reste plus d’autre choix (…) Mais nous réaffirmons ici que notre premier choix reste le dialogue et la négociation« , a dit le président malien, dans un discours solennel diffusé à la télévision nationale, à la veille du 52è anniversaire de l’indépendance du pays.
« Notre deuxième choix reste le dialogue et la négociation. Notre troisième choix demeure le dialogue et la négociation« , a-t-il insisté. « J’en appelle aux groupes armés qui opèrent dans le Nord de notre pays d’accepter de s’engager résolument dans la voie du dialogue et de la négociation de façon sincère et constructive« , a déclaré le président intérimaire, sans donner de noms précis de groupes.
Dans la foulée du coup d’Etat militaire du 22 mars qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré, tout le Nord du Mali était passé, en avril, sous le contrôle des islamistes armés de la branche maghrébine d’Al-Qaïda et des groupes Ansar Dine et Mujao. Décrivant la tragédie vécue par le Mali dont l’existence même est en jeu, il a déploré que l’expression de l’irrédentisme des Touareg ait fait la jonction avec le terrorisme transfrontalier et international dans le Nord-Mali, sur fond de narcotrafic florissant.
L’ancien président de l’Assemblée nationale, investi président par intérim en avril, a centré tout son discours sur la nécessaire libération des régions occupées, par la négociation ou par la force.
Disant avoir conscience d’être le président d’un pays en guerre, il a appelé la Nation à la nécessaire union sacrée autour de l’armée, assurant qu’elle avait besoin d’être rééquipée, réarmée moralement, remise en ordre de bataille et surtout réconciliée avec elle-même. Il a par ailleurs souhaité l’organisation prochaine d’un scrutin présidentiel, pour qu’un chef de l’Etat soit élu d’ici à un an.
AFP
