Vendredi jour de prière, jour de colère pour les musulmans remontés contre le film anti-Coran produit et réalisé aux Etats-Unis.
A Alger, les islamistes, rejoints par quelques rares citoyens en colère, ont tenté de mobilisé la toile d’abord puis dans les mosquées pour organiser une marche. L’occasion était trop belle pour les islamistes afin de revenir sur le devant de la scène. Mais en vain. La mayonnaise n’a pas pris. Malgré les communiqués rassurants des autorités, depuis jeudi tous les corps de sécurité étaient en alerte. Craignant un éventuel débordement le ministère de l’Intérieur a déployé plusieurs escouades de policiers afin de parer toute montée de manifestation.
Comme à chaque mouvement de protestation, la stratégie est la même : le mouvement est étouffé dans l’œuf. Les nombreuses mais timides tentatives de marcher sont vite maîtrisées par les services de sécurité. Les quartiers emblématiques de l’islamisme ont tous été investis par des cohortes de policiers arnachés de boucliers et de matraques.
A El Biar, à l’issue de la prière de vendredi, quelques dizaines de personnes ont bien essayé d’organiser une marche en direction de l’ambassade des Etats-Unis. Rapidement les policiers interviennent. Sans plus tarder, manu militari, une vingtaine de manifestants sont embarqués dans des paniers à salade. à Bab El Oued où une petite centaine de jeunes excités a essayé de marcher, lançant des slogans antiaméricains, mais matraque à la main, les forces de sécurité ont contenu le mouvement à hauteur d’El Kettani. Même topo à Kouba, où l’ancien idéologue de l’ex-FIS, Ali Belhadj, s’est agité pour remonter la foule comme au bon vieux temps. Mais là encore, les services de police ont maitrisé la foule.
L’énigmatique film anti-Coran, les événements de Benghazi, le Caire ont mis le feu aux poudres en un temps éclair. Alger à l’instar des autres capitales des pays musulmans a donc bien tenté ce vendredi de se réveiller de ta torpeur pour crier son indignation contre les Américains, en vain. C’était compter sans l’énorme déploiement policier que le ministère de l’Intérieur a déployé.
Yacine K.
