Alors que plusieurs dossiers de corruption ont été révélés par la presse, la Cour des comptes garde une bien étrange distance et ne semble pas réagir. Cette institution de contrôle des finances publiques est aux abonnés absents depuis des lustres. Son dernier rapport remonte à 1997. A quoi sert-elle alors ?
Depuis plusieurs mois, le syndicat des magistrats de la Cour des comptes, cette Cour des comptes algérienne qui n’a jamais mis en accusation ne serait-ce qu’un P/APC, un comptable communal, ni récupéré ne serait-ce qu’un centime de denier public détourné, cette Cour des comptes qui n’a jamais rendu public le moindre rapport, qui n’a jamais fait la moindre suggestion pour améliorer la gestion financière, qui se plaignait publiquement et régulièrement du manque de moyens pour assurer convenablement sa mission, de l’inadaptation des textes qui régissent l’institution, se tait, on ne l’entend plus, on ne la voit plus.
Que se passe-t-il ? Est-elle devenue muette et invisible ! Est-ce que toutes ces revendications ont été satisfaites ? Est-ce que les textes ont été revus pour donner plus d’efficacité à l’institution ? Est-ce qu’ils assurent actuellement convenablement leur mission ?
Revenons aux textes. Ceux qui régissent la Cour des comptes algérienne sont les mêmes que ceux qui organisent la Cour des comptes française. L’ordonnance n° 95-20 du 17 juillet 1995 relative à la Cour de comptes promulguée par Zeroual a été calquée sur la loi française, par ces mêmes magistrats qui s’agitent. La Cour des comptes algérienne est une institution constitutionnelle, indépendante. Elle n’a aucune tutelle. Elle dispose d’une compétence universelle de contrôle sur tous les fonds publics. Si elle le voulait, l’institution fonctionnera de la même manière de son homologue d’outre méditerranée. Le blocage n’a jamais été un problème de textes mais d’application, d’hommes sur le terrain surtout d’appétit.
Le syndicat ne faisait en réalité que de l’agitation. Il lançait des messages. Quels messages et à qui ? Aux grands manitous. On les avait oubliés pendant la grande distribution. Ils n’avaient reçu aucune augmentation de salaire. On vient de se souvenir d’eux. On vient de les arroser. Ils ont bénéficié d’une augmentation, comme tous les autres me dites-vous ? Oui, plus que tous les autres, une augmentation gigantesque, colossale, avec un effet rétroactif, à une date qui frise la date de naissance de Mathusalem. Ils ont engrangé des millions de dinars de rappel pour chacun, oui pour chacun ! Ils font leurs comptes pour le moment !
Abdelhak Hamidi
