L’Assemblée nationale élue en mai dernier planchera après l’ouverture ce lundi de sa session d’automne sur la révision de la Constitution promise par le président Abdelaziz Bouteflika et sur quatre projets de loi.
Rentrée parlementaire lundi. Et le soir, annonce du débarquement d’Ahmed Ouyahia et la nomination d’un nouveau Premier ministre : Abdelmalek Sellal. Entrée politique en cadence.
« La nouvelle Constitution ainsi que les amendements qui y seront introduits sera l’un des projets qui susciteront l’intérêt des députés« , a déclaré le président de l’Assemblée nationale Mohamed Larbi Ould Khelifa à l’ouverture de la session d’automne de la chambre basse du Parlement. Le ton est donné, après plus de trois mois de vacances pour les députés.
Le président Bouteflika avait promis des réformes politiques dont une révision de la Constitution dans un discours prononcé le 15 avril 2011 dans la foulée du Printemps arabe qui a renversé plusieurs chefs d’Etats au pouvoir depuis des décennies. C’était la parade trouvée par le pouvoir pour donner l’illusion qu’une véritable ouverture démocratique était aussi de saison en Algérie. La commission Bensalah avait écouté et recueilli les avis de plusieurs personnalités nationales. Puis plus rien jusqu’à l’élection législatives du 10 mai dernier. Ensuite ? Encore l’immobilisme pendant trois mois avec un pays sans gouvernement jusqu’à mardi soir et la désignation d’Abdelmalek Sellal.
Hier lundi, les députés ont regagné le palais Zighout Youcef. Outre la révision de la Constitution, ils examineront aussi le projet de loi de finances pour 2013, le projet de loi portant règlement budgétaire pour 2010, le projet de loi organisant la profession d’avocat et celui modifiant et complétant la loi relative aux hydrocarbures, selon M. Ould Khelifa.
La nouvelle Assemblée, élue le 10 mai, est dominée par le Front de libération national (FLN), dont le président d’honneur n’est autre que Bouteflika, avec 208 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique du Premier ministre Ahmed Ouyahia (68 sièges). Majoritaire, à l’issue d’un scrutin équivoque, le FLN de Belkhadem et Bouteflika décidera encore une fois de ce que sera la loi fondamentale du pays. Pensé par le cercle présidentiel, il est manifeste que la Constitution versus Bouteflika sera à la sauce de l’ancien parti unique.
Le groupe parlementaire FFS qui détient 27 sièges sur les 462 que compte l’actuelle assemblée, a réitéré lundi son appel à « l’ouverture d’un dialogue véritable et sérieux » avec toutes les forces politiques. Les parlementaires du Front des forces socialistes ont aussi précisé que l’ouverture de ce dialogue sera « un prélude à une période de transition qui ouvrira grand le champ politique et médiatique et qui sera sanctionnée par l’élection d’une assemblée constituante souveraine qui jettera les fondements d’une nouvelle république à travers une Constitution qui consacrera la souveraineté du peuple et la suprématie de la loi« .
Que signifie cet appel à une nouvelle Constitution quand on sait que l’actuel parlement va justement jouer le rôle d’assemblée constituante comme le souhaitait le président ? Le FFS serait-il déjà hors jeu ou prépare-t-il le coup d’après ?
Yacine K./AFP
