Le Matin d'Algérie

Combats armés près de l'aéroport de Damas et apparition de Stinger

Des affrontements armés ont éclaté près de l’aéroport militaire de l’ouest de la capitale, tandis qu’Alep était bombardée. Sur le plan diplomatique, Lakhdar Brahimi a donné son accord pour devenir le médiateur de l’Onu.

Cette nouvelle flambée de violence survient au lendemain d’une journée où 180 personnes, en majorité des civils, ont péri dans le pays, selon cette organisation. Par ailleurs, les corps de 65 personnes non identifiées ont été retrouvés à Qatana, à 20 kilomètres au sud-ouest de Damas, a indiqué l’OSDH sans donner plus de détails.

Damas n’est pas « nettoyée« 

Des combats ont éclaté entre les militaires et les combattants rebelles près de l’aéroport de Mazzé, dans l’ouest de la capitale, montrant l’incapacité du régime à en finir avec la rébellion dans la capitale malgré plusieurs communiqués annonçant que la ville avait été « nettoyée des terroristes« , terminologie utilisée par le pouvoir pour qualifier les dissidents armés. Selon le Conseil général de révolution syrienne (CGRS), des combats ont eu lieu également toute la nuit à la périphérie sud de Damas, où les rebelles sont très présents. « Le son du canon et des armes automatiques ne s’est pas arrêté et les hélicoptères ainsi que les chars ont bombardé de manière aveugle la région semant l’hystérie (parmi les habitants)« , a expliqué le CGRS.

Selon l’OSDH, des accrochages ont également eu lieu sur l’autoroute entre Damas et Deraa, dans le sud du pays, au cours desquels deux garçons ont été tués dans une embuscade. Plusieurs quartiers du sud ont été bombardés par l’armée tandis que des hélicoptères de combats bombardaient une zone champêtre près de Mazzé. Par ailleurs, l’armée a affirmé avoir repris al-Tal, dans la province de Damas, et l’opposition regroupée au sein du Conseil national syrien a qualifié cette localité de « secteur sinistré » après une semaine de bombardements.

Les rebelles seraient en possession de 14 lance-missiles Stinger

On savait qu’il y avait des bases d’entraînement secrètes en Turquie et que les insurgés sont armés et financés par le Qatar et l’Arabie saoudite. Une cellule de la CIA a installé une base secrète en juin dernier au sud de la Turquie, selon le Canard Enchaîné. Début de l’été, des officiers français de la DGSE, turcs et britanniques ont commencé à former les combattants de l’ASL. Et selon la chaîne saoudienne Al-Arabiya, l’Armée syrienne libre (ASL) seraient en possession de 14 lance-missiles Stinger. Une arme qui permet d’atteindre des hélicoptères et des avions de chasse à basse altitude en envoyant des missiles autonomes (téléguidés) après lancement. Cette arme américaine a déjà été utilisée par les Afghans contre les Russes. L’une des sources d’Al-Arabiya affirme que ces armes ont été données près de la frontière turque dans la zone d’Alexandrette. Cette même source dit que la Turquie et les Etats-Unis sont au courant de la livraison des ces armes. Elle affirme aussi que les Stinger sont « probablement » financés par l’Arabie saoudite mais que « l’origine [du financement]peut être différente« . Une autre source, un activiste syrien basé aux Etats-Unis, confirme mais sans donner de précisions sur le nombre d’armes délivrées. Selon CNN, reprise par le Canard Enchaîné, Barack Obama a autorisé la CIA de livrer des armes lourdes aux rebelles. Cela dit l’Administration américaine craignait que ces Stinger, efficaces contre les Mig 17 et Mig 23 russes qu’utilise encore l’armée syrienne, ne tombent entre les mains de groupes islamistes radicaux, comme ceux d’Al Qaida.

La bataille d’Alep se poursuit

Dans la ville septentrionale d’Alep, plusieurs quartiers rebelles étaient sous le feu de l’artillerie gouvernementale. Par ailleurs, cinq civils ont été tués dans un accrochage entre l’armée et les rebelles dans la province orientale de Deir ez-Zor ainsi que quatre soldats portant le bilan de la matinée de vendredi à 12 morts, selon l’OSDH. Plus de 23 000 personnes ont péri en Syrie en raison de la violence qui a suivi le soulèvement contre le régime commencé en mars 2011, selon l’OSDH. Les militants ont appelé vendredi à des manifestations sous le slogan « si l’Armée syrienne libre est unie, la victoire est assurée« .

Sur le plan diplomatique, Lakhdar Brahimi a donné son accord pour diriger une mission de médiateur au nom de l’ONU en Syrie. 

Sofiane Ayache/AFP

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