Le Matin d'Algérie

Ghlamallah : cirage de pompes au président et secousses telluriques

Les fondations de la Grande Mosquée d’Alger commencent à sortir de la terre de Mohammadia. Abdellah Ghlamallah nous fait le topo.

Mais qui a dit que rien ne bouge, que c’est le statu quo ? Pour faire croire que les choses bougent, le ministre des Affaires religieuses a visité jeudi le chantier de la future Grande mosquée d’Alger. En chef de chantier intérimaire, il voulait constater l’avancée des travaux. Mais pas seulement, puisque le ministre avance des réponses qui dépassent largement ses prérogatives. D’abord la résistance aux secousses telluriques. Doctement, le ministre des Affaires religieuses affirme à l’APS que « Même si un séisme de 9 sur l’échelle de Richter survenait, la construction ne subirait le choc que d’un niveau 3 sur la même échelle, grâce à un système parasismique. Ce système réduit la puissance du séisme de 70% ». Nous voilà rassurés, la mosquée de Bouteflika tiendra le choc, pour les quartiers alentour qu’importe ! L’essentiel est que cet édifice censé être la troisième plus grande mosquée du monde reste debout, même au milieu d’une capitale réduite en décombres.

Le ministre Ghlamalah ne badine pas sur le choix judicieux du terrain. A quelques encablures du célèbre le Monument « Houbel » construit par Chadli, sera édifié par Bouteflika la Grande Mosquée d’Alger. Tout un symbole. « Des personnes qui ne sont pas habilitées s’expriment sur le choix du terrain alors que nous avons fait appel à des spécialistes issus de pays à forte activité sismique, notamment du Japon et des Etats-Unis (Los Angeles), qui ont tous conclu que la qualité du sol est tout à fait appropriée et sa résistance formidable », argumente notre ministre devenu chef de chantier pour les besoins de la cause.

Dans le cirage des pompes, le ministre s’est montré très fort jeudi. Dans une déclaration d’amour à Bouteflika, le ministre des Affaires religieuses a que « la Grande mosquée d’Alger est le symbole, voulu par le président de la République, du recouvrement de la souveraineté et l’indépendance nationales ». Comment bon Dieu, une mosquée peut-elle contribuer au recouvrement de l’indépendance ? Le ministre ne nous l’a pas expliqué. A moins que pour Ghlamalah l’orgueil national se mesure à la hauteur du minaret de la mosquée du président.

L’autre déclaration du ministre est celle concernant le coût déjà faramineux de cet édifice. Bouabdellah Ghlamallah a affirmé que le coût et les délais seront inchangés. La Mosquée sera livrée en 2015, juste une année après la prochaine présidentielle.

« Le coût du projet est définitif, nous n’ajouterons aucun centime. Pour les délais de réalisation, l’opération de coulage d’aujourd’hui (jeudi) démontre que les délais sont respectés », observe le ministre des Waqfs.

Enfin, énième déclaration concernant les travailleurs chinois, présent en milliers. Nous avions ici même relevé l’arrivée de 10 000 Chinois (*) pour les besoins de ce chantier (déclaration du PDG d’Air Algérie). Le ministre nous console : « Plus de 120 travailleurs et techniciens algériens sont engagés dans les travaux et ce qui nous intéresse, c’est qu’en plus de la réalisation de ce projet, ces jeunes algériens acquièrent une formation et un savoir-faire ».

Hamid A.

(*) Lire : 10 000 Chinois pour construire la Grande Mosquée d’Alger

Quitter la version mobile