Le Matin d'Algérie

Al Qaïda déploie ses maquis de Tizi-Ouzou à Tébessa

Les deux attentats à la bombe commis à Tébessa et Tizi Ouzou contre les forces de sécurité ayant fait 2 militaires tués et 10 blessés dont 7 à Tizi Ouzou, préludent-ils à un déploiement de grande envergure d’Al Qaïda au moment où ses groupes terroristes opèrent en toute impunité au Nord Mali et investissent les frontières de l’Algérie…

L’attentat terroriste de Tébessa tuant deux soldats de l’ANP et blessant trois autres et celui de la foret e Mizrana à Tizi Ouzou faisant sept blessés par le contingent de l’armée en opération de ratissage, traduisent-ils un stratégie d’encerclement de l’Algérie par les groupes d’Al Qaïda au Maghreb islamique sur le « front intérieur » au moment où sur son « front extérieur« , à proximité des frontières sud et ouest du pays, les groupes terroristes de l’organisation terroriste signalent leur présence accrue par des attentats sanglants contre les forces de sécurité, à l’image de celui perpétré contre les gardes-frontières à Tlemcen, tuant quatre d’entre eux au début du mois en cours. A ces attentats meurtriers s’ajoutent la multiplication de faux barrages signalés notamment en Kabylie.

Al Qaïda au Maghreb islamique semble mener la pression dans les régions stratégiques des forces de l’ANP comme les villes de l’intérieur de l’est du pays comme Guelma et Tebessa où ses groupes n’ont pas faibli en dangerosité.

Forte de son implantation à l’échelle africaine, occupant le nord du Mali où, jusque-là, sans être inquiétée, elle sème la terreur parmi les population au nom de la chari’a, forte aussi par ses « émirs » algériens, anciens du GSPC aux commandes des groupes d’Ansar Eddine et même du Mujao, ses fractions du « front intérieur » ainsi adoubées, multiplient les attentats à la bombe et profitent de cette toile d’araignée que ses acolytes ont pu tisser, conserver, renforcer en Afrique subsaharienne.

Al Qaïda au Maghreb islamique semble tirer profit des hésitations, calculs politiciens, tergiversations des gouvernements africains sur l’envoi ou non de forces combinées au nord du Mali et aussi par l’absence totale des autorités du pays sur la scène politique et sécuritaire pour passer à des actions meurtrières d’envergure. Rappelons le président de la République a reçu, à ce titre, les groupes terroristes d’Ansar Eddine et du Mujao pour des négociations de sortie de crise au Nord Mali le mois de juin dernier, confortant ainsi les maquis d’Al Qaïda activant dans le pays. Plus récemment, lors d’une conférence de presse annonçant la date des élections communales, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, répondant aux questions de journalistes sur la situation sécuritaire, a déclaré ne pas connaître le nombre de terroristes dans les maquis d’Al Qaïda, ajoutant par ailleurs que les attentats perpétrés étaient en baisse et que la nuisance des maquis est « stabilisée » voire en « régression« . Pourtant, le même ministre de l’Intérieur avait déclaré précédemment qu’il n’était pas de ceux qui parlent de « terrorisme résiduel » affirmant que « tant qu’il en reste, il faut le combattre. »

Dans le même temps, plusieurs conférences de presse ont été organisées à Alger sur les résultats obtenus par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ; résultats jugés par le pouvoir de Bouteflika comme « satisfaisants« .

Les deux attentat de Tébessa et de Tizi Ouzou démentent ces propos et illustrent une fois de plus, depuis 1988 à ce jour, que les maquis du GIA, du GSPC et aujourd’hui, depuis 2006, d’Al Qaïda au Maghreb islamique n’a rien perdu de sa dangerosité.

R.N

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