Depuis les législatives du 10 mai, un secteur connaît un regain d’activités tout azimut tandis que l’économie, la santé, l’éducation, le gouvernement, l’Etat, vivent et survivent à des pénuries chroniques. Ce secteur-là est même producteur de ces carences endémiques. Lequel? Dahou Ould Kablia en connait les secrets…
Les « pénuries » d’eau, d’électricité, de médailles olympiques, de projets économiques fiables, de gouvernement, de ses ministres intérimaires, de présence du chef de l’Etat, de l’Etat lui-même, de pseudo-repentis de la concorde civile, ces « pénuries-là » font partie du quotidien algérien et font même réagir, à l’échauffourée, quelques ministres encore en activité quand ils ne peuvent se dérober aux émeutes.
Il y a, depuis les législatives du 10 mai dernier, un secteur stratégique qui ne connaît point de pénurie, qui bourgeonne, connaît une ère d’abondance à faire pâlir d’envie nos voisins, nos amis comme nos ennemis.
Ce secteur-là, en plein boom de croissance inégalée jusque-là, c’est lequel, en fait ? Certainement pas celui des hydrocarbures, devenu propriété du pouvoir, le noyau dur autour duquel gravitent les clans à couteaux tirés, dans une sorte d’aimantation ou de jeux de ping-pong. La loi de finance reste toujours aveugle et sourde à l’embellie du baril.
Ce secteur-là, ce n’est point une agriculture qui, cinquante après le départ du colon, ne produit plus de blé. Les experts internationaux n’excluent le risque d’une famine qui frappe d’ailleurs, comme Al Qaïda au Maghreb islamique et les criquets, aux frontières vaporeuses du pays.
Ce n’est pas également ce secteur-là de la santé. Les hôpitaux sont des mouroirs, les rues envahies d’immondices et le métro d’Alger sera bientôt envahi par les rats qui, proliférant, présentent un risque imminent du retour de l’épidémie de la peste. Les bouches d’égout sont bouchées, les immondices s’accumulent sur les trottoirs, les entrées d’immeubles, près des cliniques, des écoles, dans les marchés, dans l’esprit même de ceux et celles qui vivent l’ordure au quotidien.
Mais quel est donc ce « secteur-là » qui éclot, fleurit, bourgeonne. Pardi ! Ce secteur-ci, c’est la fournée de partis politiques qui prolifèrent comme ces rats, s’amoncèlent comme ces immondices, s’agglutinent comme ces essaims de criquets.
De ces partis « Khobzistes« , Dahou Ould Kablia en crée dix à la douzaine. Il vient d’en livrer une autre fournée en un tour de four. Tant pis, si la cuisson est hâtive. Des partis « briochés« , « améliorés« , « ronds« , « fluets« , « gros de mie« , « farinés« , « au régime« , « fougas« , « scoubidou« , « noir« , ou « galette molle« , « baguette exotique« … C’est selon les commandes et les gourmandises du grand parti, pétri à l’ancienne, par les mains gantées de la « famille révolutionnaire« . Plus d’une centaine de partis liliputiens seront ainsi près à la cuisson d’ici les communales. Il y a pour le pouvoir qui ne manque pas de pénurie dans la production à la chaîne de partis « politiques » en attendant du moins qu’ils le deviennent, du pain sur la planche.
R.N
