Le Matin d'Algérie

Ennahda décrié : marche à Tunis et débrayage à Sidi Bouzid

Alors que les femmes tunisiennes marchent aujourd’hui, lundi, sur l’Assemblée nationale constituante pour dénoncer un article de loi vivant à remettre en cause l’égalité des sexes, la centrale syndicale UGTT (Union générale des travailleurs générale) a appelé à une grève générale demain, mardi à Sidi Bouzid.

Les lieux emblématiques de la « Révolution du Jasmin » l’avenue Bourguiba à Tunis et le village de Sidi Bouzid d’où est partie l’étincelle, renouent avec la protesta citoyenne. Alors qu’un vaste mouvement de femmes tunisiennes s’apprête à marcher demain, lundi, sur le siège de l’Assemblée nationale constituante (ANC) pour exiger le retrait d’un projet de loi portant atteinte à l’égalité des sexes consacrée par la constitution tunisienne, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) appelle à une grève générale ce mardi dans la région de Sidi Bouzid (centre-ouest), a annoncé dimanche à l’AFP un responsable local de la puissante centrale syndicale.

« Nous avons décidé une grève générale à Sidi Bouzid pour réclamer la libération des manifestants interpellés récemment et pour exiger le développement de cette région« , a indiqué le secrétaire général du bureau régional de l’UGTT à Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne.??Cette décision a été prise à l’unanimité après une réunion de quatre heures rassemblant les membres du bureau régional, a-t-il précisé. Elle intervient après les manifestations de jeudi dernier dénonçant la politique du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda de Rached Ghannouchi et exigeant entre autres le limogeage du gouverneur, du chef de la garde nationale et du procureur de la république..

L’appel à la grève a été lancé, croit-on savoir, par des formations politiques comme le Parti des travailleurs tunisiens (gauche radicale), avant d’être adopté par les syndicats.

Hier, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant un tribunal de Sidi Bouzid pour réclamer la libération des manifestants interpellés jeudi lors de violences dans cette ville. Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khaled Tarouche, huit personnes se trouvaient samedi en détention préventive après avoir cherché à entrer de force au siège du gouvernorat (préfecture) de Sidi Bouzid, devant lequel s’était immolé Mohammed Bouzizi le 17 décembre 2010.

LM/AFP

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