Le Matin d'Algérie

UGTA : Madjid Sidi Saïd a le vent en poupe

Invité à l’université d’été du Parti des travailleurs de Louisa Hanoune, le patron de la centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, s’est posé en sauveur d’une industrie algérienne moribonde.

A l’occasion, Sidi Saïd a annoncé l’abrogation d’un vieil article du non moins périmé code de travail fixant le SNMG (Salaire national minimum garanti). Il a fait une campagne estivale pour Abdelaziz Bouteflika qui, selon lui, a accepté sa plateforme de « réhabilitation » des entreprises algériennes… L’inamovible patron de la centrale syndicale qui ne vit plus que de ses cendres, a annoncé, hier, à l’université d’été du PT, avec fanfare, l’abrogation d’un article relique du code du travail si tant est que ce code du travail est encore valide, un petit article insignifiant, le 87 bis se rapportant au SNMG des pauvres travailleurs de son secteur moribond. Pour le patron de la Centrale vouée, enclume et marteau, à Abdelaziz Bouteflika, « ce n’est pas rien » n’en voulant pour preuves que le salaire de 65 000 travailleurs des corps communs qui va passer de 9 000 DA à 18 000 DA.

Il a lancé à qui voulait bien l’entendre et le croire sur paroles, que l’UGTA a formulé deux propositions au gouvernement qui concernent 142 mesures de réhabilitation de l’industrie algérienne et 174 autres propositions concernant le pouvoir d’achat. S’affichant en sauveur d’une industrie algérienne rasée, réduite à une pomme de reinette flétrie, il s’est fait l’homme messie d’une UGTA, bien que moribonde, qui a présenté une plateforme de  réhabilitation des entreprises algériennes tout simplement par le retour des « galeries« , « souk el fellah« . Bien évidemment, comme tel, ce « dossier » des archaïsmes d’une Algérie révolue, ne pouvait qu’être pris en charge par le premier magistrat du pays. Selon lui, plus de 800 entreprises ont été réhabilitées jusqu’ici, sans préciser contre qui et contre quoi?

Dans le même sillage, il a tenu à rappeler aux estivants du PT que sa centrale syndicale cousue main par le pouvoir en place s’opposera à l’idée du ministre de l’Industrie qui encourage les opérateurs ou les entreprises étatiques à aller investir à l’étranger. Et de claironner sur le ton des jours de campagne qu’il a consacrés aux mandatures d’Abdelaziz Bouteflika : « À l’heure où nous nous battons pour l’investissement direct en Algérie, on nous sort cette idée d’aller investir ailleurs avec l’argent des banques algériennes (…) Il faut remplacer le « made in là-bas » par le made in Algeria. Si nous avons réussi à sauvegarder notre politique nationale de l’ingérence, nous pouvons également sauvegarder notre économie.« 

Alors que les prochaines tripartites, comme le prochain gouvernement, comme la prochaine assemblée sont en mode silencieux, Madjid Sidi Saïd a appelé, ainsi, à un sursaut de l’industrie algérienne, garante, selon ce consommateur de lapalissades, de la stabilité du pays. C’est donc un Sidi Saïd qui, le vent en poupe, ajoute sa voix de « sauveur » de l’industrie algérienne à celle de Dahou Ould Kablia qui bat le rappel des troupes pour le « terrorisme résiduel« , à celle de Farouk Ksentini qui applaudit à l’amélioration substantielle des Droits de l’homme traqués, celle de Djamel Ould Abbas, garant de la bonne santé physique et mentale de l’Algérien, soumis à toutes tempêtes, réduit à une « poussière d’individus« , éreinté par l’usure physique et le travail au noir.

R.N

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