Accusé d’avoir négocié le contenu du rapport sur le déroulement des législatives du 10 mai 2012 avec les autorités algériennes, le chef de la mission européenne d’observation du scrutin, Salafranca Sánchez-Neyra, n’a pas caché sa colère, ce dimanche, lors d’une conférence de presse à Alger.
Dans une conférence de presse à l’Hôtel Sofitel, il n’a pas caché sa colère de se voir ainsi soupçonné de deal avec les autorités algériennes : « Je rejette entièrement les accusations selon lesquelles j’ai négocié le contenu du rapport avec les autorités algérienne (…) Ceux qui m’accusent de complaisance, me connaissent mal. Je ne suis pas à ma première mission. J’en ai fait plusieurs dans des pays comme le Liban (2005 et 2009), le Mexique (2006) et le Pérou (2011). Des missions que j’ai remplies déjà vis-à-vis de ma conscience« , a-t-il précisé, en réponse à la question d’un journaliste sur la crédibilité du rapport de sa mission d’observation.
M. José Ignacio Salafranca, qui a remis jeudi dernier le rapport final aux autorités algérienne, estime ainsi que rien ne justifie les accusations de «légèreté» formulées par certains partis politiques. Rappelons qu’après l’annonce des résultats donnant le parti au pouvoir majoritaire au parlement, suivi du RND, les formations dites de « l’alliance verte » ont crié à une fraude massive, accusant les observateurs internationaux de servir de trompe l’œil à cette « mascarade« . D’autres formations politiques en lice, pourtant proches du pouvoir ont également crié à une « imposture » électorale.
Le chef observateur de la mission européenne est ainsi contraint non seulement à justifier ses compétences d’observateur international lors d’un tel scrutin « joué d’avance » mais aussi le bon déroulement de ce dernier par ses aspects techniques. Il a estimé que, globalement, les élections se sont bien déroulées du point de vue de « la bonne organisation logistique« . Détaillant quelques points du rapport, le missionnaire est sorti de ses prérogatives d’observateur en apportant sa propre appréciation sur l’amont du déroulement du scrutin législatif en estimant que l’augmentation du nombre de partis politiques et des listes indépendantes par rapport aux scrutins précédents, a permis, d’après la mission, d’élargir l’offre politique. Le terme de « fraude » n’a pas été prononcé lors de cette conférence de presse et c’est sur ce point précis que l’observateur international a eu mal à imposer des conclusions « ficelées » d’un rapport soupçonné de « complaisance » vis à vis des autorités algériennes.
Pour le chef de la Mission, les « irrégularités » résident dans l’affichage des résultats. En effet, La Mission reproche aux autorités, le ministère de l’Intérieur en tête, de n’avoir pas publié les résultats détaillés. Cette non-publication a faibli, d’après le chef de la mission, la transparence de ce processus électoral. Questionné sur la présence ou pas de sa mission lors des élections locales du 29 novembre prochain, M. José Ignacio Salafranca précise que l’UE n’a pas vocation à être présente dans des élections à caractère local. « Nous n’avons pas l’habitude d’assurer l’observation du déroulement des élections locales. » Il a cependant laissé entendre que « tout dépend de la volonté des autorités algériennes.«
Le chef de la mission des observateurs de l’Union européenne (UE) aux élections législatives du 10 mai en Algérie, Ignacio Sanchez Salafranca, a remis officiellement jeudi dernier son rapport final sur le scrutin aux autorités algériennes. Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci qui a reçu le responsable européen, actuellement à Alger, « a assuré son interlocuteur que le rapport et les recommandations qui y sont formulées feront l’objet d’un examen attentif de la part des autorités algériennes compétentes« , a fait savoir le département de Medelci.
R.N
