Le Matin d'Algérie

Bouteflika a-t-il honte du 5 juillet 1962

Bouteflika accueille le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, la 20eme commémoration de l’assassinat de Mohamed Boudiaf en invitant à sa table des négociations des terroristes d’Al Qaïda au Maghreb islamique…

Les silences du Président de la république interprétés par Bouguerra Soltani qui les classent en deux catégories : « ceux de bons auspices » et « ceux de mauvais augure » relèvent d’une autre catégorie que l’ancien locataire de la majorité présidentielle se garde de ne pas mentionner : le grand silence sur les préparatifs des festivités du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. D’ores et déjà, l’option du défilé militaire, de cette ANP issue de la glorieuse ALN, n’est pas retenue. Cette ANP qui a payé un lourd tribut dans la lutte anti-terroriste sous la réconciliation nationale qui en dément le bien-fondé est ainsi, historiquement, exclue de la symbolique du 1er Novembre et du 5 juillet, dates fondatrices de l’histoire contemporaine de l’Algérie.

C’est à la veille du cinquantenaire de l’indépendance que Bouteflika initie ses réformes, lance précipitamment le scrutin législatif miné de l’intérieur et s’assure une majorité de parade avec un FLN qui n’a aucune parenté avec le sigle signataire usurpateur de l’appel du 1er Novembre. Au drapeau national cousu par Madame Messali Hadj, Emma, qui revient presque par effraction dans le roman La parfumeuse de Mohamed Benchicou, le concepteur de la concorde civile, alors fringuant ministre des Affaires étrangères qui a jeté en prison un membre historique des « 22 »  et prononcé la condamnation à mort d’un moudjahid et chef des Patriotes, préfère les étendards d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Car, l’histoire le retiendra, c’est la veille du cinquantenaire de l’indépendance d’une Algérie qui n’est plus la sienne, que le souverain de la discorde nationale invite à une table de « négociations » les terroristes d’El Qaïda, choyés, congratulés par des poignées de main fermes, érigés en héros messianiques. C’est aussi et surtout, Ô parjure, au cœur de la 20ème commémoration de l’assassinat de Mohamed Boudiaf dont les bourreaux courent toujours sous la protection de Boumaârafi et de la réconciliation, de la « paix » traîtresse, que le souverain pontife d’Al Qaïda injurie sa mémoire.

Oui, Bouteflika a honte du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie car tout son règne des trois mandats n’a fait que la salir, la jeter au caniveau. Mais, que peut-il ? Son nom n’est pas référencé par la quasi-totalité des témoignages écrits d’officiers de l’ALN. Car, pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance, il faut exhiber les médailles de l’honneur.

Or, Bouteflika en a-t-il ?

R.N

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