Le pourrissement de l’Etat algérien, otage d’une coterie grabataire qui ne veut pas quitter le pouvoir, a débordé sur…le 50è anniversaire de l’indépendance.
Selon El-Watan, la ministre de la Culture, Khalida Toumi a jeté un pavé dans la mare en pointant du doigt des pratiques de siphonnage par certains opérateurs privés liés à des institutions de l’Etat. Invitée l’émission radiophonique «Opinion Conviction» de la Chaîne III, le samedi 23 juin 2012, dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, Khalida Toumi avait mis en cause certains opérateurs dilapidant le budget de l’Etat. » J’ai dit : le danger, c’est la tentative de certains opérateurs privés de siphonner le budget de l’Etat. Sous prétexte que ces opérateurs aient des liens privilégiés et particuliers avec certaines institutions (de l’Etat). C’est une vérité. Quand vous apprenez que l’argent public va être utilisé pour payer une chanteuse (Elissa) qu’on ramène de l’étranger. Je n’ai rien contre cela. Et cela, à neuf millions et demi de dinars. Je sais que la Banque d’Algérie ne donnera jamais le quitus. On va payer comment ? Cela veut dire qu’on va utiliser «chkara» (les sacs). Et ça, c’est un organisme public qui fait cela. Comment voulez-vous développer l’industrie culturelle. Ce n’est qu’un exemple. Des boîtes privées qui ont entendu qu’il y avait le 50e anniversaire de l’indépendance en Algérie. Et qui louent le matériel et qui s’arrangent pour étrangler les secteurs ne savant pas ce que c’est. Et pour multiplier les prix à 200% et à 300%. Vous allez me dire que c’est la règle de l’offre et la demande. Cela fonctionne quand les choses sont nettes, précises et transparentes. Pas quand tout le monde court derrière le siphonnage de l’argent public. Ce n’est pas parce qu’on est un office public d’APC (Annaba) qu’on se met à gérer et à ‘’rendre fou’’ le marché. Ce que je dis pour l’APC de Annaba est valable pour d’autres APC. Vous le savez !…» «Un argent fou est en train de circuler dans des réseaux pas clairs, pas nets, un phénomène nouveau qui remonte à trois ou quatre ans», a ajouté la ministre tout en considérant, toutefois, que «la situation n’est pas désespérée».
Pour la ministre, cette «dérive» est de nature à annihiler tout ce que l’Etat s’est appliqué à faire pour asseoir une industrie culturelle et assurer un «minimum garanti de service public» dans le domaine de la culture. «La construction d’une industrie culturelle n’est pas synonyme de ‘’syphonnage’’ dans les poches de partenaires privés», a-t-elle martelé. Relativisant par la suite ses propos, elle a salué la «majorité des (opérateurs) privés» partenaires de son département qui, a-t-elle dit, «acceptent les règles du jeu».
Le maire d’Annaba, lui, mis en cause par la ministre, a réagi. «Nous n’avons pas de contrat direct avec la chanteuse Elissa Khoury pour la payer avec la chkara comme le prétend la ministre de la Culture. Notre interlocuteur est une agence événementielle algérienne», a précisé hier le docteur Abdallah Nabil Bensaïd, président de l’APC de Annaba (FLN), qui se dit étonné des propos de Khalida Toumi concernant son initiative. Poursuivant sa plaidoirie, le P/APC abonde : «Le paiement du cachet de la chanteuse ‘‘étrangère’’ s’effectue par un chèque barré de 9,5 millions de dinars dans le compte bancaire de l’agence. En revanche, nous avons 15 000 billets à vendre à raison de 1000 DA la place, soit 15 millions de dinars de recette.»
Les festivités ne font que commencer…
Quant aux martyrs…
L.M.
(Source : El-Watan)
