Le Matin d'Algérie

50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie sous le signe d’El Qaïda…

C’est à la veille du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie que le groupe terroriste d’El Qaïda au Maghreb islamique est reçu à Alger comme partenaire favori de Bouteflika…

C’est à la veille du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie que Bouteflika reçoit les émissaires d’El Qaïda au Maghreb islamique pour une solution de paix «négociée» au Mali comme si l’Algérie était prémunie de la violence, du chaos semés par le groupe terroriste Ansar Eddine dès leur entrée dans Tombouctou et les autres villes du nord du pays. En acceptant cette offre de dialogue, les émissaires d’El Qaïda ne sont certainement pas venus pour céder quoique ce soit de leur idéologie, celle d’instaurer la chari’a. Composé de terroristes du GSPC pour avoir fait leur preuve dans les massacres de populations civiles en Algérie, El Qaïda au Maghreb islamique n’est pas sans savoir que la politique de concorde civile de Bouteflika qui entame ses sept années depuis sa promulgation, est en réalité une politique totalement bâtie sur l’impunité de l’islamisme politique et qu’elle constitue la matrice idéale qui permet ce genre de dialogue qui la met en position de force.

D’autant que, le contexte géopolitique du Maghreb conforte cette visite secrète d’éléments terroristes d’Ansar Eddine en Algérie qui subit un véritable maillage des groupes terroristes d’El Qaïda sur son territoire depuis 1991, à ses frontières et au cœur même de ses institutions. Au moment de cette rencontre secrète entre Bouteflika et le groupe terroriste affilié à El Qaïda au Maghreb islamique, la revue El Djaïch de l’ANP, dans son numéro de ce mois de juin, insiste dans son édito sur le fait que La liberté et l’indépendance de l’Algérie ne peuvent être assurées que par une armée forte et moderne reposant sur des forces armées développées. Faut-il y voir une quelconque relation entre la « traitrise » de Bouteflika en souillant le 50e anniversaire de l’indépendance en invitant à la table des discussions l’ennemi mortel de cette « liberté » et de « cette indépendance » qu’entend défendre l’armée ? Pour l’éditorialiste: « Aujourd’hui, alors que nous célébrons le 50e anniversaire du recouvrement de notre souveraineté nationale, il nous incombe de savoir que notre liberté et notre indépendance ne peuvent être assurées que par une armée forte et moderne reposant sur des forces armées développées»

La revue de l’ANP a estimé dans ce cadre que les forces armées « sont le bouclier protecteur de l’entité étatique et des constantes de la nation« , soulignant que leur (les forces armées) puissance « permettra à l’Etat d’avoir une position importante, d’être craint et respecté et d’être actif dans le concert des nations, leur faiblesse le relèguera à la traîne des nations et l’exposera aux convoitises extérieures, particulièrement lorsque ce pays compte de nombreuses richesses« . Elle a rappelé, à l’occasion, que l’Algérie « avait été, il y a de cela 182 années, la proie d’un colonialisme de peuplement qui n’aurait jamais pu l’être sans la faiblesse de l’Etat sur le plan militaire. » Autant dire que le chef suprême des Armées agit à contrario par rapport à ces déclarations de la revue El Djeïch. Dans le même moment, Bouteflika a suspendu toute aide militaire au gouvernement malien alors que la situation sécuritaire se dégrade depuis la prise du nord du pays par le groupe Ansar Eddine d’El Qaïda au Maghreb islamique, arguant le fait de la politique de non ingérence. Mais, en invitant à Alger ce groupe terroriste, ne cautionne-t-il pas à la fois la main mise d’El Qaïda sur le Mali et, par ricochet, ses groupes qui agissent en toute impunité en Algérie.

L’ex-Fis, comme Bouteflika, a adressé, ce lundi 25 juin, un message de félicitations à Mohamed Morsi, nouveau président égyptien, élu dimanche dernier avec 51,7% des voix lors du premier scrutin présidentiel démocratique en Égypte. Dans un communiqué, cosigné par Abassi Madani et Ali Benhadj, le parti islamiste algérien dissous, « note avec satisfaction l’atmosphère dans laquelle s’est déroulé le second tour de l’élection présidentielle et félicite le peuple égyptien. » Dans leur communiqué, Abassi Madani et Ali Benhadj adressent également un message aux Algériens. Selon eux, « l’heure de vérité » a sonné et l’ère des dictatures dans le monde arabe est révolue. « L’Algérie ne peut pas faire exception à la règle« , affirment?ils. « Il ne reste aux Algériens qu’à se préparer à provoquer le changement de manière pacifique et civilisée« , ajoutent?ils. C’est sans doute le discours caché de Bouteflika dans son message de félicitations au leader des Frères Musulmans élu.

La table du dialogue de Bouteflika est une table d’abdication pure et simple devant l’islamisme politique dont il a eu le soutien idéologique et politique dès son investiture. 50 ans après l’indépendance, l’Algérie paie les inconséquences de tels agissements qui favorisent le dialogue avec les assassins du peuple, les malfrats, les corrupteurs et les corrompus, et répriment les mouvements de résistances qui appellent à la fin d’un tel règne inique, de toutes les trahisons.

R.N

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