Le bras de force entre la jeunesse canadienne et les autorités du pays se poursuit. Dans la nuit, près de 400 personnes ont été interpellées dans une manifestation.
La colère gronde au Canada. Les étudiants québécois sont engagés depuis plus de trois mois dans une vive contestation d’une hausse des droits universitaires de 75%, et le gouvernement du Premier ministre provincial Jean Charest a fait adopter une loi réduisant la liberté de manifester, qualifiée de « loi matraque » par ses détracteurs. Un mouvement qui se traduit par des manifestations quasi-quotidiennes, qui donnent lieu à certains débordements.
Ainsi, dans la nuit de mercredi à jeudi à Montréal, quelque 400 personnes ont été interpellées à la suite d’une manifestation festive, déclarée d’emblée illégale par la police qui n’avait pas été prévenue du parcours. Réunis dans un square du centre-ville, les manifestants, qui étaient quelques milliers, avaient été prévenus par la police avant le début de la manifestation qu’elle était illégale, puisqu’ils n’avaient pas fourni à l’avance le parcours qu’ils emprunteraient, conformément à de nouvelles règles municipale et provinciale, très controversées.
Après avoir serpenté pacifiquement et en tapant sur des casseroles sur une dizaine de kilomètres dans les rues de la ville, la tête de la manifestation a été prise massivement en souricière par la police alors qu’elle se dirigeait vers un secteur trépidant de la vie nocturne à Montréal. Juste auparavant, quelques pierres ont été lancées en direction des policiers, ainsi que des feux de bengale, ce qui a « mis en jeu l’intégrité des policiers« , a déclaré un porte-parole de la police de Montréal, Daniel Lacoursière.
Risque de forte amende
C’était la trentième manifestation nocturne d’affilée organisée à Montréal au 101e jour de la grève étudiante, au lendemain d’une manifestation monstre qui a attiré de 100.000 à 250.000 personnes, selon les sources, à défaut d’estimation officielle.
Une loi « liberticide«
La grogne contre la loi 78 du Québec restreignant le droit de manifester -un droit fondamental au Canada- n’a cessé de s’amplifier depuis son adoption vendredi dernier, éclipsant le débat sur la hausse des droits de scolarité, à l’origine et au coeur du conflit étudiant. Dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal, des milliers de personnes ont répondu spontanément à un appel lancé sur le réseau social Facebook de frapper sur leurs casseroles en guise de protestation contre cette loi, produisant un joyeux tintamarre.
Paradoxalement, ces arrestations massives interviennent au moment où une lueur d’espoir semblait, mercredi, pointer en vue d’une véritable négociation entre le gouvernement et les syndicats étudiants pour régler cette crise avant le lancement des grands festivals de l’été à Montréal et le Grand Prix de Formule 1.
Avec AFP
