Le Matin d'Algérie

La farce du 10 mai reconduit le FLN et consacre le FFS comme faire-valoir

Cinquante années après l’indépendance, une farce électorale impose le statu quo politique et donne un paysage surréaliste de l’Algérie : le FLN serait gagnant et frôlerait même la majorité absolue à l’Assemblée populaire nationale (APN) en obtenant 220 sièges sur les 462 à pourvoir aux élections législatives du 10 mai 2012 !

Après avoir trituré les chiffres de la participation, le pouvoir algérien compose donc une salade aigre-doux où il est dit que l’ex-parti unique resterait le premier parti d’un pays où la fronde est pourtant visible.

Toujours selon les résultats préliminaires annoncés vendredi par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, loin derrière le FLN, arrive le Rassemblement national démocratique (RND) avec 68 sièges, alors que l’Alliance de l’Algérie verte vient en troisième position en obtenant 48 sièges. Les autres formations politiques qui ont pris part à la mascarade, ont été « récompensés » par des strapontins. Ainsi, le Front des Forces socialistes (FFS) a décroché 21 sièges, le Parti des Travailleurs 20 sièges, les Indépendants 19 sièges, le Front national algérien (FNA) de Moussa Touati et le parti de la Justice et le développement (PJD) d’Abdellah Djaballah ont « reçu » respectivement 9 et 7 sièges ; même les petits partis ont eu leur part de miettes du grand gâteau : le Mouvement populaire algérien, présidé par Amara Benyounes, a obtenu 6 sièges, suivi d’El-Fadj El-Djadid de Tahar Benbaibeche (5 sièges), le Front du changement (4 sièges), le parti national pour la solidarité et le développement (PNSD) et le Rassemblement algérien avec 4 sièges chacun. Le Front national pour la justice sociale, Ahd 54, l’Union des Forces démocratiques et sociales (UFDS) et l’Alliance nationale démocratique (ANR) ont décroché 3 sièges chacun. Ils sont suivis du Front El-Moustakbal, le Mouvement national de l’Espérance (MNE), le Rassemblement national républicain (RNR), le Mouvement des citoyens libres (MCL), le Parti Ennour algérien, avec 2 sièges chacun.

Personne n’a été oublié par le distributeur de cadeaux, puisque le parti El-Karama, le parti du Renouveau algérien (PRA), le Mouvement El-Infitah, le Front national des indépendants pour la concorde et le Front national démocratique ont obtenu 1 siège chacun.

Le grand perdant semble être le Front des Forces socialistes (FFS) qui n’a reçu que 21 sièges en contrepartie de sa participation à la farce, et qui va devoir assumer, pendant cinq ans, le rôle de faire-valoir comme l’avait joué le RCD avant lui, à charge pour lui de trouver un Nourredine Ait-Hamouda pour amuser le public et afficher de temps à autre cette mauvaise humeur indispensable aux grandes comédies politiques.

Djalal M.

Quitter la version mobile