Quel sera l’avenir de l’Algérie sur la scène internationale ?

L’Algérie actuellement est en plein syndrome hollandais. Le syndrome hollandais est apparu en 1970 et fait référence aux difficultés rencontrées par l’économie hollandaise suite à l’exploitation, dans les années soixante, des réserves de gaz naturel du gisement de Slochteren.

L’augmentation des exportations produit un excédent commercial. Cet excédent se traduit par une appréciation du taux de change. Importer des biens devient alors plus avantageux que de les produire localement. Il peut alors s’ensuivre une moindre incitation à produire localement dans le secteur secondaire et agricole, ce qui peut produire une réduction de la production nationale et donc une plus forte dépendance aux importations, un accroissement du chômage et la généralisation de la corruption (gain facile). Cela peut concerner également d’autre ressources naturelles comme cela a été le cas de l’Espagne avec la découverte de l’or en Amérique latine qui aussitôt épuisé a conduit l’Espagne à une récession de plus de deux siècles.

Gaspillage des ressources

La majorité de la dépense publique, alimentant la majorité des programmes d’investissement provient de la rente des hydrocarbures. Malgré le pré-programme 1999/2003 (7 milliards de dollars US), le programme 2004/2009, dont le montant est passé successivement de 55 en 2004, à 100 fin 2005, à 140 fin 2006 et à 200 milliards de dollars US fin 2009, (aucun bilan à ce jour) et le nouveau programme 2010/2014 de 286 milliards de dollars dont 130 sont des restes à réaliser du programme 2004/2009 les résultats sont mitigés. toujours 98% d’exportation provenant des hydrocarbures et important 70/75% des besoins des ménages et des besoins des entreprises publiques et privées.. L’on se contente à travers la télévision algérienne qui n’a aucun impact de relater les réalisations physiques à dominance d’infrastructures (70% de ces dépenses) sans se préoccuper des couts et des impacts réels. Le rapport élaboré à la demande du gouvernement algérien sur le bilan du programme de soutien à la relance économique 2004/2009 par la Banque mondiale, sous la direction de Théodore O. Ahlers, ex-directeur du département Maghreb-Moyen-Orient le confirme. Le rapport souligne que malgré les dépenses publiques qui sont passées de 62 % du PIB moyenne 2008, contre 34 % fin 1999, du fait de l’inefficacité des institutions, ce dernier n’a pas réussi à inverser les tendances profondes de la crise économique que connaît l’Algérie, assistant à un gaspillage des ressources financières et à un renforcement de la dynamique rentière. Le constat est que chaque projet a fait l’objet de six réévaluations en moyenne avec des retards de 6,5 ans. La Banque mondiale doute que ce programme, qui n’a pas de cohérence, avec des affectations budgétaires spécifiquessans objectifs précis sur les impacts économiques et sociaux, puisse pérenniser la croissance, de promouvoir un développement fiable à moyen et long termes, avec le risque d’un gaspillage croissant, faute d’une bonne gouvernance et d’un secteur privé algérien concurrentiel dont l’émergence est freinée par de multiples contraintes d’environnement (bureaucratie), système socio-éducatif et financier inadaptés et l’inexistence d’un marché du foncier libre.

Manne pétrolière et paupérisation

Devant ce bilan mitigé des réformes établi d’ailleurs tant par les organismes officiels qu’internationaux, il s’avère qu’il y a urgence du redressement socio-économique de l’Algérie. En effet, face à une population de plus de 36 millions d’habitants fin 2010, (allant vers les 50 millions dans quelques années) et une population active dépassant les 10 millions, avec une demande additionnelle d’emplois annuelle de 400.000 unités, malgré des réserves de change qui dépassent les 188 milliards de dollars US, un stock de la dette extérieure inférieur à 4 milliards de dollars US, et un stock de la dette intérieure intérieur à 1 milliard de dollars, nous assistons à une croissance du PIB mitigé non proportionnel aux dépenses monétaires montrant la mauvaise gestion, la corruption généralisée et la mauvaise allocation des ressources financières. Les taux de croissance, de chômage et d’inflation officiels sont des taux artificiels que voile la rente des hydrocarbures où nous assistons à une redistribution passive de revenus pour une paix sociale éphémère. Nous assistons donc à une nette détérioration du pouvoir d’achat de la majorité de la population où 70% vivent avec un revenu inférieur à 30.000 dinars par mois consacrant plus de 70% de ce modeste revenu aux produits de première nécessité qui connaissent une inflation galopante. Cette situation de l’Algérie de 2012, avec une nette concentration du revenu au profit de couches rentières au détriment des producteurs de valeur ajoutée directement (la sphère économique) ou indirectement (l’Education, la Santé), malgré des sommes colossales de transferts sociaux (10 % du PIB) mal ciblés et mal gérés, trouve son essence dans le fait que les deux piliers du développement du XXIème siècle, face aux enjeux de la mondialisation, à savoir la bonne gouvernance (mauvaise gestion généralisée et corruption socialisée) et la valorisation du savoir sont subordonnés aux intérêts rentiers. Cela explique la démobilisation de la population algérienne face à ce paradoxe de l’aisance financière et d’une relative régression économique et sociale : un Etat riche mais une population de plus en plus pauvre.

Il s’agit d’éviter les graves dérives et dangers de l’économie prédatrice et mafieuse, de perpétuer des comportements rentiers périmés, afin qu’entre 2018/2020, l’Algérie puisse doubler le produit intérieur brut, soit 380 milliards de dollars à prix constants 2012, avec une diminution des sections rentes si elle veut éviter de graves dérives sociales et politiques. Les luttes intestines actuelles, comme par exemple ce qui se passe au parti FLN et dans d’autres partis dont la plupart sont des appendices de l’ancien parti Etat/FLN, ne sont que de la poudre aux yeux qui ne s’attaquent pas à l’essentiel mais traduisent des rivalités plutôt personnelles pour le partage de la rente. Or, les réformes impliquent donc une société où domine un Etat de droit, où c’est la norme du droit qui devrait reprendre sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté. Le passage de l’Etat de « soutien » à l’Etat de droit est de mon point de vue un pari politique majeur car il implique tout simplement un nouveau contrat social et politique entre la nation et l’Etat. En fait, cela implique que le pouvoir bienfaisant ou de bienfaisance inauguré comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle, afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la soumission politique et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. Or, le bilan socio économique après 50 années d’indépendance politique, montre clairement un paradoxe : une aisance financière, du moins à court terme, grâce à des facteurs exogènes et non d’une bonne gouvernance et des inquiétudes pour l’avenir de l’Algérie. Se pose cette question fondamentale aux yeux des citoyens désabusés par tant de promesses non tenues : les élections du 10 mai 2012 permettront-elles réellement de dépasser ce syndrome hollandais qui traduit l’impasse de l’Algérie ?

Professeur Abderrahmane Mebtoul, expert International économiste

9 commentaires

  1. Merci pour l'article , mais je ne crois pas que les élection de 10 mai 2012 permettront réellement de dépasser ce syndrome parce que ce des élections comme les autre qui passé ou bien plus pire ; une loi qui oblige de mettre des quotas aux femmes ? où va-t-on avec cette loi ? quel scrutin ?
    en principe les partie sont libres de choisir leur candidat soit femme ou homme et par quota
    Le pouvoir passe toutes les loi avec un décret présidentielle, alors quelle élection nous parle-t-on ?
    ils sont tous des marionnettes. Malgré tout vive l'algerie et merde au pouvoir

  2. Arrêtez svp d etre tente de vouloir tromper votre peuple par rapporter les "analyses" des étrangers ! Quand les etrangers disent:"… assistant à un gaspillage des ressources financières et à un renforcement de la dynamique rentière…." les Algériens qui connaissent vraiment la nature mais surtout l origine du pouvoir d alger ne dira jamais "… gaspillage des resources financieres…" car au fait il s agit des détournements des ressources financieres de la nation entiere dans les poches de prives proche du pouvoir ou des pretes-noms…ou associes national ou etrangers…les finances sont toujours la c est c est juste qu elles ont changes de mains – de l etat vers des poches prives- c est l unique raison de la dictature, de la fermeture de l audio-visuals..des journaux…et manque de libertes… comtroler le juridique pour ne pas a avoir de poursuites judiciaires et mettre main basse sur le legislatif pour ne pas a avoir rendre des comptes aux representants du peuple – vrai proprietaire des richesses du pays- ….c est imposer l obscurite pour pouvoir voler, detourne et piller sans que personne ne puisse lever le petit doigt. La prochaine fois utilisez les nora qui conviennent. Car pour le peuple, ils ont decide de lui consacre par exemple 3 milliards de dollard et a chaque fois qu ils augmente les ouvriers, ils feront contraint de soustraite par exemple 6 milliards de dollards donc 1 milliards de dollard de plus alors pour parer a ce deficit de leur budget, pour pouvoir recuprer ce petit milliard de dollard de la poche des travailleurs, il procede par "un glissement du dinars…" et oups le milliard est dans leur poches, les travailleur reviennent a la case de depart et be avec les complicites DWA chefs des syndicats qui se beurre au passage…pour mettre un terme a tout cela il faudrai ouvrir de grandes breches- des baies- dans le domaine des medias meme s il faudrai les ouvrira l etrangers et attaquer ce pouvoir de mafieux et de voleurs et pilleurs dans des enquetes de vols de detournement, des contrats ayant pour objets de voler le pays…etc…l ennemi numero UN de ce pouvoir c'est le journaliste.

  3. L'Algérie n'a plus d'avenir depuis 1999. Elle patauge, grâce à la dinde qui se gonfle le torse et fait la méchante.

  4. 650 milliards de dollars parti dans l'air dépenser une somme colossale pour appauvrir 35 millions d'Algériens franchement c'est n'est pas donné a n'importe qui il faut vraiment avoir le cerveau d'albert einstein pour arriver a un résultat pareil et la seule chose dont le peuple algérien a en tiré profit c'est la misère le chomage la corruption le suicide et j'en passe…. c'est les trois mandats de monsieur Boutef qui a su comment mettre l'algérie a genoux en bradant les richesse des générations futur malheur a toi.

  5. Produire en Algérie? ça ne va pas chez vous?
    Et les backchichs, les tchipa,les pots de vins ,les mesures d'accompagnement,les caisses noires, hein? Y pensez-vous ?Tous les chômeurs que cela produirait?..

  6. La prochaine fois utilisez les mots qui conviennent, car pour le peuple, ils ont decide de lui consacre par exemple 5 milliards de dollars de masse saliariale et a chaque fois qu il augmente les salaires des ouvriers, ils ssront contraint de soustraire par exemple 6 milliards de dollards de la rente petroliere donc ils auront 1 milliards de dollard de plus a soustraire aux differents clan qui se partage la rente, alors pour parer a ce déficit de leur budget, pour pouvoir recuprer ce petit milliar de dollard de la poche des travailleurs, ils procederont par "un glissement du dinars…" – devaluation du dinars- et oups le milliard est dans leur poches, les travailleurs reviennent a la case de depart et ce avec les complicites actives des chefs des syndicats qui se beurre au passage…pour mettre un terme a tout cela il faudrai ouvrir de grandes breches- des baies- dans le domaine des medias meme s il faudrait les ouvrira a l'étranger et attaquer ce pouvoir de mafieux et de voleurs et pilleurs dans des enquetes de vols de détournement, des contrats ayant pour objets de voler le pays…etc…l ennemi numéro un de ce pouvoir et de tout les pouvoirs quelque soit son origine ou sa nature et même son pays, c'est le journaliste.

  7. À ce niveau on dépend de la philosophie américaine, une philosophie que je respecte, le pragmatisme soutient qu'une proposition est vraie si elle rapporte des conséquences vraies. Faudra pouvoir leurs prouver tout simplement que cela peut marcher autrement! Ils suivront la démarche du peuple ! Pour eux le gouvernement actuel est légitime car une proposition a été faite au peuple, le peuple l’avait accepté, Un peuple algérien meurtrit et traumatiser par la guerre civile des années 1990 avait adopté le BouTEFLIGA ! Autrement dit démarche réussi.
    Faudra réussir le pari du boycott de la mascarade du 10 mai 2012 et des grèves générales indéterminées pour ne pas rompre la communication ! Avec nos bourreaux.

    Une proposition très pragmatique que les Américains apprécieront

  8. Parlons d'abord de l'avenir de l'Algérie en Algérie même!

Les commentaires sont fermés.

Quitter la version mobile