Le Matin d'Algérie

L’Algérie condamne le coup de force au Mali

Eu égard à sa proximité et ses rapports de voisinage plutôt très bons avec le Mali, l’Algérie rejette le changement anticonstitutionnel décidé par les militaires au Mali.

L’Algérie condamne le recours à la force au Mali et rejette « fermement » le changement anticonstitutionnel, a affirmé jeudi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, M. Amar Belani, dans une déclaration. « L’Algérie suit avec une grande préoccupation la situation au Mali. De par notre position de principe et, conformément aux dispositions de l’acte constitutif de l’Union africaine, nous condamnons le recours à la force et rejetons fermement les changements anticonstitutionnels« , a souligné M. Belani.

« Nous estimons que toutes les questions internes au Mali doivent trouver leur règlement dans le cadre du fonctionnement normal des institutions légitimes de ce pays et dans le cadre du respect des règles constitutionnelles« , a-t-il ajouté, faisant noter que « l’Algérie proclame son ferme attachement au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans ce pays voisin« .

Risque d’enlisement militaire dans le nord

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a condamné jeudi le coup d’Etat militaire survenu au Mali, un de ses Etats membres, selon une déclaration rendue publique par ce bloc régional. La Commission de la Cedeao condamne tous les actes de conquête du pouvoir ou de se maintenir au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels au Mali, a indiqué le communiqué. « La Cedeao condamne fermement les actions erronées des mutins et avertit qu’elle ne tolérera pas tout recours à la violence« , a déclaré le bloc régional.

Cependant, une fois le temps des condamnations terminé, quelle attitude devant les auteurs du coup d’Etat, surtout que la région en a connu pas mal ces dernières années ? A l’exemple du Niger ou de la Mautanie qui ont tous les deux subi des pustchs. Les mises en garde et autres condamnations n’ont eu aucune influence sur les pouvoirs installés par la force dans ces pays du Sahel.

Mais au-delà, de grands risques d’aggravation de la situation dans le Mali sont palpables. Que cela soit sur le plan militaire ou humain. Les putschistes sont manifestement excédés par l’avancée des Touaregs du MNLA. Selon les dernières informations, ils veulent des armes pour affronter la rébellion touareg. La cristallisation de la violence armée pourrait conduire à des exactions sur des civils. Surtout que l’on sait que des dizaines de milliers de Touareg ont déjà fui le pays pour l’Algérie et la Mauritanie.

Yacine K/agences

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