Le Matin d'Algérie

Moncef Marzouki offre l'asile en Tunisie à Bachar Al Assad

Le président tunisien Moncef Marzouki se propose d’accorder l’asile à son homologue syrien Bachar Al-Assad et à son entourage afin de faciliter une solution politique de la crise syrienne, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Cette proposition est contenue dans un entretien à paraître mercredi dans le journal tunisien La Presse, selon le patron du quotidien, Néjib Ouerghi. Elle a été confirmée à l’Associated Press par le porte-parole de la présidence tunisienne, Adnène Mancer.

« Elle s’inscrit dans le droit fil de la logique sur laquelle repose l’approche tunisienne de la crise syrienne« , explique M. Mancer qui insiste sur « le souhait de la Tunisie de voir la situation en Syrie s’orienter vers une solution pacifique« .

« Le blocage des issues devant le régime syrien ne manquera pas de conduire à un acharnement pour réprimer la révolte du peuple syrien frère et risque de faire encore des milliers de victimes« , met en garde le porte-parole. « Aussi, si le départ du président syrien Bachar Al-Assad vers n’importe quel autre pays, y compris la Tunisie, peut favoriser à une solution politique, la Tunisie est prête à y apporter son concours« , ajoute M. Mancer.

Hostile à toute intervention étrangère en Syrie qui, craint-il, risque de mener à une guerre civile, le président tunisien plaide pour un scénario semblable à celui du Yémen pour résoudre politiquement le problème syrien. Ce scénario s’inspire du plan conçu par la Ligue arabe qui préconise que le président syrien cède le pouvoir au vice-président pour engager une transition devant mener à des élections.

M. Marzouki se dit favorable à l’octroi d’une immunité judiciaire au président syrien pour lui éviter de connaître le même sort que le dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

A l’ouverture de la conférence internationale des « Amis du peuple syrien » organisée le 24 février dernier à Tunis, M. Marzouki, connu pour son militantisme en matière de défense des droits de l’Homme, avait évoqué l’éventualité que le président Assad trouve refuge à l’extérieur, en citant en exemple la Russie, principal allié du régime de Damas.

Malgré les vetos opposés au conseil de sécurité de l’ONU par la Russie et la Chine à deux résolutions condamnant le régime syrien, Tunis se dit confiant que Moscou et Pékin puissent jouer « un rôle important » pour une sortie de crise en Syrie.

C’est dans ce contexte que M. Marzouki va adresser incessamment deux messages aux dirigeants russes et chinois pour les exhorter à inciter le fils de Hafez Al-Assad à quitter le pouvoir et à mettre fin à l’effusion de sang en Syrie, a confié à l’AP le porte-parole de la présidence tunisienne.

Avec AP

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