C’est peut-être celle là, l’Algérie nouvelle : l’Algérie des travailleurs libres, celle qui refuse le « béni oui ouisme ». Cette Algérie là démontré sa force hier : une partie du pays était paralysée par la grève générale décidée à l’appel de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique. Plusieurs milliers de salariés ont répondu à l’appel, dans l’éducation nationale, la santé, enseignement supérieur, administration locale, finances…
Mais qui est cette coordination ? Créée il y a juste quelques mois, elle regroupe plusieurs syndicats autonomes ( CLA, SNPSP, SNPSSP, SNPDSM, SNVFAP, Snaps, Satef, SNTE, Unpef, Snapap, Cnes, Snapest, Snapsy etc) et s’oppose aux propositions salariales du gouvernement ne répondent aucunement aux attentes des fonctionnaires algériens. Hier, ce 15 janvier 2008, les syndicats libres ont, au-delà de la grève réussie, surtout brisé l’ordre établi : plus jamais la revendication syndicale n’obéira aux critères du pouvoir. Le syndicat du régime, l’UGTA était totalement absent hier. Ecrasé. Enterré. Désavoué aussi : la Centrale syndicale de Sidi Said n’est plus écoutée par personne. Le secrétaire général de l’UGTA Sidi Said était chargé de « réguler » le mécontentement social pour le compte du pouvoir. Il a pour cela décidé de deux initiatives qui avaient pour objectif de stériliser la colère des travailleurs : le fameux « pacte économique et social » signé avec le gouvernement et la «trêve» décidée à l’occasion de l’hospitalisation de Abdelaziz Bouteflika et qui n’a jamais été levée…
Hier, les travailleurs lui ont signifié qu’il radotait et que les temps avaient changé.
Le Matin
